~~~~~~~~~~~~~~~~ AVIS AU LECTORAT !

"Trompette de la renommée… Vous êtes bien mal embouchée…"

Georges Brassens.

 

 

Jardin du Luxembourg  – Paris
© chridriss

 

Que vous soyez

Cul rieur-curieux

De mes écrits-cris,

De mes poèmes-aime ;

Aimant le verbe,

Verbiage ( ?) Sans âge ;

 

Sujets de mes…

Compliments d’objections,

Compléments d’abjections ; 

De mes lettres à l’être

Vire-tue-elle ;

 

Amateurs à matrices

De mes mots dits

Bleus à l’âme ;

Amoureux de ma (la) plume,

Muses ou/et poètes,

Museaux ou/et musettes

À idées ;

 

Actrice,

Impératrice,

Inspiratrice,

À tristesse,

Soupirante, aspirante,

Aspirateur réacteur

De détresse en feux,

Sous respirateur

Art-y fit ciel,

 

J’espère vous donner

Mon oxygène littéraire,

Dans l’air du temps,

Dans l’ire du vent ;

Un peu de moi,

Un peu d’espace,

Un peu d’amitié,

Un peu d’amour,

Un peu de plaisir,

Un peu de bonheur….

et de VIE ! 

 

Chriss

 Retrouvez aussi mes mots en Poèmes ici

Lettre amour à l’être amer… (1)

Avant-propos:

J’ai écrit cette nouvelle afin de participer à un concours  autour du thème "Amer"; suite à un problème informatique du récipiendaire (format ?), celle-ci n’a pas été retenue… Je la livre in fine sur mon blog puisqu’il n’y a plus d’exclusivité. Dois-je préciser que ce texte n’est que pure fiction ?

Bonne lecture !

Chriss ;)

                                                  ——————————————————————————

« Qui n’a pas d’enfant

n’a pas de lumière

dans les yeux. »

Proverbe Persan.

Ah, Mères !

Qu’êtes-vous sans vos tourments ?

Oh, Mères !

Qu’êtes-vous sans vos enfants ?

… … … …

                   Mon cher Philippe,

      Ainsi commence l’épique poème que m’inspira ta mère, après avoir déjeuné avec elle dimanche dernier : elle était à la fois si désemparée…et si enchantée de me voir ! Quel paradoxe !

  Elle, qui était confinée comme un meuble à la maison, voilà qu’elle se meut en tout sens, à courir ici et là ! Elle, qui ne connaît dorénavrant rien d’autre que cette amertume des jours trop longs et des nuits trop courtes ; elle, qui se lève chaque matin dès potron-minet et ne se couche qu’après minuit bien sonné – non sans avoir mis en ordre les affaires du benjamin de la fratrie. Ah…cette foutue adolescence !

 Quelle idée de t’avoir donné un p’tit frère dont tu es de 17 ans l’aîné ? Serais-ce ce fameux « accident » que prétextent de nombreux hommes pour fuir leur couple ? Ou bien l’enfant qui sauverait, dudit couple, d’une rupture pourtant inéluctable ? Ou, a contrario, est-ce tout simplement un non-choix, parce que le corps, l’esprit et l’amour de ta mère pour les enfants le réclamaient ? Qu’en penses-tu ?

 Ta mère, Chantal, chante différemment depuis que ton père a largué les amarres familiales pour voguer sur la mer des amours juvéniles…abandonnant, au passage – papa pas sage – ses quatre enfants. Certes, trois sont déjà adultes mais n’a-t-on pas toujours besoin de son papa ?

  Sais-tu que je n’ai jamais connu mon père biologique ? Il s’est volatilisé quand il a su que ma mère était enceinte. Ensuite, j’ai eu un père adoptif avec qui je ne me suis jamais entendu. Il est décédé il y a 10 ans. Nous n’avons quasiment rien partagé ensemble. Même à mon âge, j’ai toujours un manque et cette peur de l’abandon. Penses-y !

  Toi, tu n’as plus revu ton père depuis ce lendemain du 1er mai 2013 où il est parti au travail – littéralement un grand Pont – et n’est jamais rentré… Je sais qu’il a essayé de te contacter depuis et que tu as toujours refusé de lui parler. On ne peut être fâché indéfiniment. Quand bien même, tu seras toujours le fils de ton père !

  À 31 ans, tu es un bon p’tit fonctionnaire ; tu as un p’tit studio sympa, une petite copine… Ne vois-tu donc la Vie qu’en minuscule ? L’ambition est-elle héréditaire, le fruit de l’éducation ou est-ce une construction sociale ? Tes sœurs, alors très jeunes, ont compris ; elles, en voyant l’existence glauque de ta mère qu’elles choisiraient leur destinée, et ce, grâce à de longues études. Toi, l’aîné, je sais bien que tu n’as guère eu le choix… Tu devais suivre les pas de ton père…

                                                                                                    -+-

  Ton père ? ! La crise de la cinquantaine proche, que lui prétextaient les trop rares amies de ta maman, ne l’excuse en rien.

- Une fois passée l’effervescence de la nouveauté, il reviendra vers toi tout penaud. Le pardon, Chanchan ! Le pardon ! Tu verras, vous deux, ça sera même mieux qu’avant !

 disaient-elles, croyant lui remonter le moral.

  Ton père est bel et bien un salaud ! Un pauvre type ! Ce n’est pas un Homme majuscule… Je suis désolé de te le dire aussi franchement. J’étais pourtant son ami – il m’avait rendu un inestimable service – et j’admettais sa manière de voir la vie, ô combien si différente de la mienne, mais je n’accepte pas sa lâcheté. Comment a-t-il pu commettre cet acte odieux ? Comment !? 

  Certes, il n’était pas manipulateur, même pas violent, ni en mots, ni en gestes ; il n’y a jamais eu d’orage, même pas de tempêtes chez vous. N’est-ce pas ? Un quotidien sans surprise : lisse comme le lino usé de la cuisine que ta mère a tant frotté ; une routine confite dans le vin cuit, le digestif rituel quasi sacré du dimanche midi. Pour les préparer à la fadeur de la semaine suivante ?

  Sais-tu pourquoi, quand je venais déjeuner chez vous, je m’abstenais de tout commentaire sur la façon de vivre de ta famille ?

                    Comment dire… Ce service… Toujours ce service… 

   Tes parents se sont connus alors que ta mère n’avait que 16 ans ; lui avait tout juste la majorité. Elle ne savait rien de la vie et n’imaginait pas que la vie – sa vie – pouvait être faite de choix. Plus question d’aller au bac, il fallut plutôt passer par la Mairie car c’est toi qu’elle attendait… Puis, tes sœurs et ton frère. « Je devais juste les élever. C’était comme ça ! » m’a-t-elle confié. La fatalité !

  Nonobstant, après 9 mois sans Lui, Chantal a enfin pris conscience de son sinistre statut jusqu’alors de mère au foyer désignée volontaire, vierge de toute activité professionnelle, sans diplôme et formation. Elle avait joué toute sa vie ce rôle de ménagère, de nounou et bien sûr, elle respectait le devoir conjugal… Quel devoir ! ? La femme n’a-t-elle donc pas de droits ?

  Une femme parfaite aux yeux de ton père ! Elle était son nombre d’or mais aussi son ombre ; elle avait marché à côté de sa propre vie sans même sans apercevoir. Elle ne connaissait guère plus que les murs de votre appartement où ses voyages ne la menaient que de la cuisine à la chambre. La télévision était sa seule distraction car Monsieur ne voulait pas d’internet ni à la maison, ni ailleurs : le comble de la modernité chez vous résidait dans son vieux Nokia. Est-ce ce néant informatique qui t’a aussi freiné dans tes études ?

  Tes sœurs et toi n’avaient pas leur mot à dire – pas que votre père était un tyran – vous étiez juste disciplinés et si dociles. Tellement dociles que l’impertinence et la rébellion vous étaient totalement étrangères. N’as-tu jamais eu envie de dire à ton père qu’il aurait dû vous laisser un minimum de liberté ? À l’age de Paul, tu ne quittais la maison que pour aller au collège ; pas de visite d’amis – encore moins d’amies ; pas de cinéma, de Mac Do ; pas de scooter… Tu trouves cela normal et sain ?

  Et ta mère ? Elle restait cloîtrée à la maison à laver ; repasser ; faire la cuisine, le ménage…laver, repasser, faire la cuisine, le ménage… Tu penses vraiment que c’est ça la vie ?!

  Maintenant, ta mère travaille – femme de ménage dans un hôtel bon marché – et vient de commencer des études par correspondance : un Diplôme d’Accès aux Études Universitaires, une équivalence au BAC ; elle veut devenir… Non, je ne te le dis pas… C’est à toi de t’en enquérir !  

  Elle a enfin pris conscience, heureusement, qu’être femme, c’est aussi et surtout ne pas être dépendante et tributaire de son mari ; c’est décider par soi-même ! À 47 ans, il est enfin temps pour elle de vivre !

A suivre…

Chriss ;)

                                      © chridriss – Tous droits réservés. Avril 2014.

Tweet again… 8

 

" C’est parce qu’Ève reste qu’elle avale l’hanche des hommes…"

 

" Les voies du Seigneur sont impénétrables"; ça, c’était avant…"

 

" Demain est un autre jour mais "un jour sans fin" pour tant d’humains…"

 

" Le civisme ? La politesse ? Le respect ? ça,c’était avant…Maintenant,ce sont juste des mots utilisés à outrance mais en pratique…"

" Le respect est galvaudé, détourné, dénaturé… La politesse, la courtoisie, l’écoute, l’entraide… font partie du respect."

" On peut avoir eu une excellente éducation et être la pire des crapules et vice versa.

 

" Les vestes humaines sont réversibles…"

 

" Les fautes me sautent aux yeux; je n’y peux rien ! Ce n’est pas par hasard si je suis aussi "écrivain public…"

 

" Ce sont des mots qui lient les êtres humains…en claquant sur le clavier…en cliquant de blog en blog…"

 

 " Je" est aussi un autre… Je le pense donc je te suis…""

 

 

 

 

 

 

 

 

Chriss ;)

© chridriss

Ni pour, ni contre; bien au contraire…

 

         Quand la conversation s’éternise sur les réseaux sociaux, donc au bout de longs commentaires (surtout les miens) dans quelque échange*, où je relate, explique et argumente mon point de vue, mon ressenti, mon sentiment…inhérents aussi et surtout à mes multiples et riches expériences personnelles de la Vie, on est régulièrement amené à me dire : " Ne te justifie pas, ne t’excuse pas ! " ou " Je n’ai pas dit que…pourquoi tu m’accuses de… " ou " Tu exagères… " ou encore " Tu prends tout trop au sérieux ", etc.

Le pire, c’est que l’on est plutôt d’accord sur le fond ; seule la forme diffère et cela suffit à engendrer une problématique qui pourrait devenir conflictuelle.

   Je ne comprends pas ces phrases que l’on m’oppose à l’envi. Me justifier, m’excuser auprès de qui, de quoi ? Pourquoi ? Parce qu’il (me) semble que j’écrive sans mesure, sans restriction, sans savoir où et quand m’arrêter ; parce qu’il (me) semble que je puisse donner l’impression de vouloir avoir le dernier mot ; parce qu’il se pourrait que je pousse mon interlocuteur-trice dans ses retranchements (où je me perds aussi moi-même) ; parce que j’en arrive à défendre mon propos « bec et ongle », de manière exacerbée (je cherche la « p’tite bête »), sur un ton mordant, passablement ironique ou sarcastique ?

                Bah, on discute, c’est tout !

   Certes… Je digresse –  c’est un fait que je ne conteste point : ça peut partir dans tous les sens  – trop et ce n’est pas – non-plus – du « goût des autres »… Quand bien même,  rien ne m’empêche d’élargir le débat (qui est très rarement un réel débat) !

Tout débat semble vain sur la toile. Même un simple échange peut prendre une voie sans issue.

    Je ne fais que simplement m’exprimer (bon, je ne disconviens pas que mon laïus n’est pas toujours très clair et accessible et que la diplomatie et la pédagogie ne sont pas mon fort) ; du coup, j’en viens à me demander (et aussi à mon interlocuteur) si je dois me taire vu que mes propos semblent déranger voire pourquoi pas outrer, scandaliser… !? Bien sûr, il m’arrive d’être maladroit, ambiguë, paradoxal, énigmatique car je me fais souvent « l’avocat du diable » mais je suis et je reste pourtant poli, courtois ; cherchant à comprendre l’autre, parfois même à défaut de me comprendre moi-même… Bah, oui, on n’est pas à un paradoxe près…

    Non, je ne me sers pas de mon vécu (lié à mon âge certain) pour asséner des vérités et me mettre en avant (loin de là) ; non, mon but, c’est uniquement un partage mutuel qui peut éventuellement aider, ouvrir des portes. C’est aussi ce que je recherche chez autrui : l’échange vrai, sincère, libéré, ouvert, constructif…

  Pourquoi la communication virtuelle (si -trop ?- spontanée) tombe-t-elle quasi systématiquement sur les écueils de l’incompréhension, du malentendu, du quiproquo. ? On peut même recevoir, si on réplique, une volée d’insultes (de préférences avec des fautes d’orthographe) ; j’y ai échappé jusqu’à maintenant). L’insulte est très tendance de nos jours ; pour rien, gratuitement.  Pourquoi cette intransigeance, ce mur sans ouverture ? Pourquoi ce radicalisme de l’extrême ? (le "radicalisme" est différent de l'"extrémisme" : l’un est utile et constructif; l’autre : NON, c’est l’inverse !). 

    Contrairement à l’oralité, l’écrit -d’autant plus quand il est virtuel- ne bénéficie pas des intonations de la voix, des silences, du non-verbal… De fait, sans l’image et le son, l’interprétation des mots semble faussée, biaisée, dénaturée ; cela provoque et induit un comportement qui tend de plus en plus à un penchant persécutif, limite paranoïaque ; tendance hystérique…c’est-à-dire que j’ai le sentiment que la majorité des aficionados de l’échange internétal  sont sur la défensive, prête à en découdre ; qu’ils interprètent les mots d’autrui sans véritable réflexion, sans recul et répondent avec véhémence, avec virulence, avec agressivité. En fait, ils sont sur le net comme dans la « vraie » vie : impatients (dans le « tout, tout de suite », plutôt intolérants à la frustration.

    Aller vite, toujours plus vite. Je ne suis pas dans l’instantanéité comme le sont souvent les plus "jeunes"… Je prends le temps pour réagir… Je lis et relis ce que j’écris. Malgré cela, il m’arrive quand même de faire des bourdes ! « L’erreur est humaine » dit-on (de là à penser que l’humain est une erreur…). Ma communication n’est peut-être pas toujours adaptée : mes lecteur-trice-s ont de 17 à 75 ans alors je m’embrouille sûrement parfois…

    Par ailleurs, j’ai constaté que quel que soit le sujet, c’est toujours le même refrain : les gens raisonnent (enfin ceux qui le font) à chaud (il faut être très réactif sur le web : je me demande bien pourquoi) et par conséquent, réagissent promptement en étant radicalement POUR ou CONTRE ! C’est d’autant plus étrange que tous les sujets ne s’y prêtent pas ! Et pourtant…

   Il y a des « vrais » sujets de société où je suis pour ou contre bien sûr mais je préfère trouver du pour dans le contre et vice versa et ne pas nier en bloc les propos de mon interlocuteur-trice. La vie est faite de nuances.

   Pourquoi faudrait-il  toujours prendre parti ? Comme s’il fallait choisir son camps pour toujours et ne plus en bouger ! N’y a-t-il pas que « les imbéciles qui ne changent pas d’avis » ? Ne peut-on pas se tromper ? Rien n’est permanent, ni définitif.

Quid du juste milieu, de l’équilibre, de la modération, ça n’existe plus ?  On m’a dit que c’est une attitude molle, faible puisque l’on ne prend pas parti. Ah, bon ?! S’il n’y a pas de modération, de consensus, la société se déséquilibre, se délite et c’est ce qui se passe de plus en plus.

   Quelle est donc cette société prompte à condamner ; à juger sans cesse ; à voir le mal partout tout en critiquant le bien** sans relâche ?

     Chriss  ;)

*  oui, c’est volontairement au singulier.

** j’utilise le sens commun pour faire simple.

                                                                                                                    Le 06/08/2014 – © chridriss

Qu’on se le dise…

      

       Une grande partie des écrits de l’auteure de ce blog CONcerne la CONnerie humaine (l’expression est faible mais le CONstat est fort) ; surtout celle que les CONs génèrent à son travail. Pour CONtrer leur bêtise (je suis poli et diplomate…), elle leur CONsacre du temps en CONsignant CONsciencieusement, avec CONstance (non, ce n’est pas une collègue alliée, ni même une CONsoeur), leur CONservatisme, leur CONdescendance, leurs CONtradictions (entre autre)…

  Tous CONstipés des neurones – pour peu qu’ils en aient – ces types-là ! (oui, ce sont surtout des mâles !).

  À l’évidence, vous ne trouverez point de compassion dans ses écrits mais en quelque sorte, si j’ose dire, ça en deviendrait presque une passion pour les CONs… (sourire).

  Cette blogueuse blagueuse (oui, y’a d’l’humour) CONstitue, très justement, à charge des « dossiers » CONsistants. Nonobstant, elle aura beau CONspuer (en 1 mot ?) leur CONsternante stupidité voire sommer les CONs d’arrêter de l’être : ils resteront toujours (la CONnerie est-elle CONgénitale, CONsanguine ?) des CONs ! Que l’on soit radical ou CONsensuel, rien ne changera… Malheureusement…

  Ceci dit, je me délecte à la lecture de ses CONsidérations sur la CONdition misérable de l’homme.

  Vous me direz : « on est tous le con de quelqu’un » ; certes, mais là, vous verrez que ça frise des sommets ! Ce sont des CONs majuscule (non, ce n’est pas une insulte) ! Elle CONcentre autour d’elle dans son job un CONglomérat de CONs ! Tant c’est énoooorme (dit avec la verve luchinienne), qu’un jour, je lui ai demandé si ses récits étaient fictifs ou pas !

  De bons CONseils – aussi –, l’auteure se CONsole (peut-être)en lâchant sa plume acerbe et drôle, faisant fi d’éventuelles fâcheuses CONséquences… Hop ! CONgédiée car CONspiratrice ( ?) ! (j’ai ainsi demandé son accord avant publication car je ne voudrai pas que mon article lui CONfère un statut précaire en étant complice malgré moi ; d’autant plus que ses écrits ne sont pas spécialement provocateurs : le but n’est pas de se faire virer. Il ne faudrait pas qu’elle soit CONdamnée à quitter son entreprise.

   Cependant, je lui souhaite de ne pas CONsentir à « lâcher l’affaire » et à tenir bon mais aussi à ne pas CONsumer toute son énergie dans cette lutte car c’est peine perdue…

   Bref, que ce billet l’encourage et lui permette de continuer à écrire, car ça fait du bien et ça permet d’éviter de CONsulter un psy… Non, le travail, ce n’est pas la santé…

   Bonne découverte et bonne lecture !

                         Chriss ;)

                                                                                                         Le 31/07/2014 – © chridriss

" makwacha" : entre peinture ancestrale et action humanitaire.

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                                  Bonjour à tous !

 

          J’inaugure la nouvelle rubrique "Expo" sur mon blog avec cet article.

 

   Ce samedi 19 avril 2014, je suis allé avec une copine* (jusqu’alors "virtuelle" mais avec et après moult échanges écrits bien réels) à l’Exposition MAKWACHA à la Maison des Métallos (Paris20). Une première rencontre "dans la vraie vie" enrichissante (nous avons bien discuté) et emplie d’émotions positives.

   MAKWACHA est un village situé dans le Sud de la Province du Katanga en République Démocratique du Congo (RDC) où des femmes pratiquent l’art de la peinture murale sur l’extérieur de leurs maisons; appliquant des pigments naturels à base d’argile et de manioc à main nue ou à l’aide de pinceaux en crin d’animaux.

  Jusqu’alors, ces femmes perpétuaient une tradition en étant garante de l’héritage culturel et historique du village mais grâce au fond de dotation Artistes Africains pour le Développement (AAD), et sous le commissariat d’Hervé Di Rosa (fondateur du Musée International des Arts Modestes (MIAM), leur art est désormais accessible notamment au public français. 

  En parallèle, une action humanitaire a facilité l’accès à l’eau potable pour ce village en y creusant 3 puits. 

  Bien que ravis par cette découverte, nous avons eu quelques interrogations : en effet, comment concilier art et projet humanitaire ? Quels sont les intérêts de chaque partie ? Est-ce équitable et sincère ? 

  Ce questionnement devrait se faire à chaque fois qu’une association / ONG établit un partenariat avec l’Art afin de savoir si les intérêts sont bien communs et s’il existe un partage juste. Si ce n’est pas le cas, il me semble qu’il faille boycotter les coopérations douteuses.

   En ce qui concerne cette exposition, après quelques lectures sur le net, je ne sais si cette action est louable -vu l’aspect business des partenaires d’ ADD- mais je vous encourage à aller voir cette expo (jusqu’au 27 avril).

   Pour ces femmes et pour l’Art !

     Chriss ;)

 

 

* Merci Marielle pour ta compagnie si délicieusement précieuse !

 

 

                   Le 20/04/2014 – © chridriss

 

 

 

"La face cachée des mots" ou "La fesse cachot des mets" ?

"C’est parce qu’Ève reste qu’elle avale l’hanche des hommes…"

 

"Qui ne dit maux, qu’on sent au mâle".

 

"De mâle en pis" (proverbe de l’éleveur de bovin).

 

 

Chriss ;)

 

Le 18/04/2014 – © chridriss

Château-Rouge… (PART. 3 et fin)

        Un soir, alors que j’avais déposé des amis à la Gare du Nord, je passais par Château-Rouge afin de regagner le périph pour rentrer chez moi. Comme je n’étais pas pressé, je décidais d’y faire une rapide halte. C’est ce soir-là que je fis une belle rencontre bouleversante.

   En effet, dès que j’arrivais dans le quartier, je revis cette prostituée qui m’avait interpellé par sa tenue vestimentaire très banale et si peu sexy. Elle se tenait au même endroit et toujours habillée de la même manière. Contrairement aux autres femmes qui me glissaient un « On y va chéri ? » quand je passais devant elles ; celle-ci ne me demanda rien. Elle était discrète, à l’écart des autres. Je fis demi-tour et arrivé à sa hauteur, vu que je faisais presque du surplace, elle se décida enfin à me parler, en français avec un accent anglophone très prononcé. Elle semblait timide et assez jeune ; tout au moins, son visage reflétait une grâce juvénile où se dessinait autour de ses yeux légèrement maquillés une certaine fatigue. Je lui demandais d’où venait son accent ; elle me répondit qu’elle venait du Nigeria. Curieusement, elle ne paraissait pas prompt à me proposer une "passe". Peut-être parce que je n’avais pas l’attitude d’un client ? Peut-être parce qu’elle rechignait à se prostituer ? 

   Cependant, j’étais célibataire et bien seul affectivement et sexuellement à cette époque mais j’ai toujours su « gérer » ma libido. Je lui dis que j’allais faire un tour et que je repasserais peut-être la revoir. Elle me dit « Bye » avec une pointe de mélancolie dans le regard. Oui, de la mélancolie. Et de la lassitude.

   Ce soir-là et d’autres soirs – j’y suis retourné de nombreuses fois – j’eus l’occasion de discuter avec quelques-unes de ces femmes si décriées, si bafouées, si mal aimées (dans toutes les acceptions de l’expression). Bien sûr, à cause du lieu et des circonstances, ce n’était pas de grandes conversations mais je réussis à connaître un peu leur parcours (qui corroborait ce que j’avais entendu et lu auparavant). Elles semblaient assez résignées et fatalistes. La joie de vivre n’était pas visible dans leurs éclats de rire, bien que tonitruants. Je me souviens d’une Camerounaise en particulier qui m’avait parlé de ses enfants laissés « au pays » ; d’une Ghanéenne qui se moquait gentiment de mes longs cheveux car ce n’est pas bien pour un homme…mais aussi des regards réprobateurs d’hommes ; clients ou proxénètes que, visiblement, j’agaçais.

   Je me souviens de vous toutes qui avez échangé vos mots contre mon écoute ; qui avez donné du temps à un type qui vous en a fait perdre (pas de clients, pas d’argent pendant ce temps-là) ; qui avez osé braver les « souteneurs » (curieux mot !)qui nous observaient à distance ; qui avez fait confiance à un homme qui voyaient en vous d’abord des femmes avant de voir des prostituées… Pour tout cela, je vous en saurais toujours gré.

   Mais revenons à cette rencontre étonnante. J’étais donc retourné la voir après mon petit tour ce soir-là. Elle dut en conclure que j’étais in fine intéressé et me proposa une relation sexuelle tarifée. Elle avait un charme envoûtant et une grâce indéfinissable, que les autres prostituées n’avaient pas voire que beaucoup de femmes n’ont pas. Je dois avouer que j’étais ému et mal à l’aise. Bien que je n’avais pas l’intention d’accepter cette relation, je me sentais attiré par cette femme. Plus par ce qu’elle dégageait que par ses atours au demeurant très séduisants. J’étais intrigué.

   Rares sont les hommes qui confessent avoir des relations avec des prostituées : pas parce qu’ils ne veulent pas cautionner cet esclavagisme (mais ça peut aussi être un choix personnel)mais parce qu’ils auraient honte que leur famille, leurs collègues…, que la société le sache ! Je ne suis pas adepte de l’hypocrisie en général et je vous l’accorde, j’ai moi-aussi consommé la chair contre quelque argent à des périodes de ma vie où je n’avais pas les idées claires et éclairées. J’étais paumé et je ne me posais pas les bonnes questions sur la vie, sur ma vie. Cela ne m’excuse en rien. Depuis,  j’ai mûri et je trouve malsain et scandaleux de profiter de ces femmes, de toutes les femmes.

   J’avais envie de passer du temps avec V. Être juste en sa compagnie et discuter. Ce n’était évidemment pas possible de le faire là, dans la rue alors je lui signifiais que j’acceptais et nous montâmes dans ma voiture. Nous avons roulé jusqu’à une rue tranquille, assombrie par des arbres. Elle semblait effrayée, pas par moi mais par le fait d’être surpris par la police me dit-elle.

    Nous passâmes à l’arrière de la voiture. Je lui donnais la somme convenue. Elle commença à se dévêtir alors je lui dis que je voulais juste parler avec elle. Elle fut étonnée : ce ne devait pas être si souvent que quelqu’un paye pour faire causette ! Nous avons parlé pendant 20 minutes – un mélange d’anglais et de français – puis elle me demanda de la ramener à son angle de rue ; ce que je fis. Nous échangeâmes nos numéros de portable.

    De fait, nous nous appelions régulièrement et je passais la voir de temps en temps. Je lui donnais toujours la même somme pour  le même scénario. Elle me dit qu’elle aurait aimé refuser mais elle devait rembourser « sa dette » qui culminait à 14000 euros. Le prix de sa liberté !

    Selon elle, des personnes au Nigeria lui avaient proposé un travail en Europe ; ce qu’elle avait accepté. Mais une fois en Italie, on lui confisqua ses papiers et elle fût rapidement contrainte de se prostituer car ces personnes menaçaient sa famille en Afrique. Elle était en France depuis quelques mois quand je la rencontrais. Bien sûr, elle ne me raconta cela qu’après un certain temps de fréquentation.

    L’avant dernière fois que je la revis, elle me fit comprendre que je pouvais bien couché avec elle vu que je lui donnais toujours de l’argent sans le faire. Il s’était développé une certaine proximité entre nous : nous nous retrouvâmes à moitié nu dans la voiture ; elle était magnifique ! Mais je refusais d’aller plus loin ; elle n’insista pas. Nous restâmes ainsi un long moment blottis l’un contre l’autre. Juste de l’affection, de la douceur, de la tendresse partagée. Je comprenais surtout qu’elle le ferait par dépit, comme pour me "remercier" d’être une présence bienveillante. Je n’en tirais aucune gloire mais sur la route, en rentrant chez moi, je sus que j’avais bien agi. J’avais refusé une aventure sexuelle mais j’avais gagné une meilleure estime de moi. 

    Un jour, ou plutôt une nuit, j’émis l’hypothèse qu’elle s’arrêtât d’arpenter le trottoir et qu’elle se réfugiât chez moi. Elle me fit comprendre que c’était la pire des choses pour elle, sa famille…et pour moi ! Elle était prisonnière d’un système – dont personne ou presque se soucie. À 19 ans, quelle était sa destinée ? Elle m’assurait qu’elle ne prenait pas de drogue mais pour combien de temps ? Elle était forte mais si fragile. Elle rêvait de « prince charmant » qui paierait sa « dette » et l’emmènerait vers le paradis des gens « normaux ». Pour l’instant, elle sur-vivait en enfer.

    Je ne pouvais pas la voir le jour car elle dormait (travaillant toutes les nuits)et restait sous "surveillance".

   Le temps a passé. Nous avons continué à nous appeler mais je n’allais plus la voir : d’une part, je ne pouvais dépenser indéfiniment de l’argent ; d’autre part, je n’étais plus célibataire !

    C’était une relation humaine ambiguë : je n’étais pas un client, ni un pote, ni un ami, ni son boy-friend (pouvait-elle en avoir un ?)mais il existait un lien entre nous. 

    A l’instant où j’écris ces lignes, je n’ai plus de nouvelles depuis longtemps. Je me demande ce qu’elle devient. Je n’ai plus mis les pieds à Château-Rouge…ni les pneus de ma voiture !

           Chriss ;)

                                                                           Le  23/03/2014 – © chridriss