Château-Rouge… (Part. 1)

   

        Quand je travaillais dans la presse (vers 1996), mon partenaire (et ami à l’époque) – pour le contexte, je précise (pour certaines personnes) un franco-gabonais plutôt noir * – et moi (leucoderme), avions établi notre QG, dans un petit bar – sans alcool mais avec du bon thé – à Château-Rouge. Pourquoi ce lieu ? Parce que notre travail était centré sur l’Afrique et la diaspora africaine ! Nous étions donc aux premières loges…bien que ce n’était pas un spectacle ! Juste de la vie !

   Nous voulions développer une représentation positive de l’Afrique dans les médias : sortir de la triste et notoire trilogie de l’époque « Famine-Sida-Guerre ». Nous avions de l’ambition, de la motivation…, de la déontologie, de l’éthique, du respect… C’était avant l’internet : nos moyens et réseaux n’étaient pas assez conséquents (serait-ce plus facile maintenant ?)et nos idées n’étaient pas assez reconnues et respectées ; nous avons, après 3 ans d’activité – en grande partie – échoué ! Personne ou presque ne voulait publier 2 inconnus et surtout des sujets non vendeurs (selon les rédactions) ! Je vous raconterais peut-être un jour comment la censure et une association soi-disant de soutien nous a piégé sur un reportage dans un foyer de travailleurs immigrés à Montreuil… Depuis, il y a eu une évolution dans les médias et la société mais cela reste marginal : l’Afrique est toujours spolié par les occidentaux (et les dirigeants africains corrompus par ces derniers) ; les africains sont toujours les boucs-émissaires des maux de la société française et autres stigmatisations… Le racisme, de nos jours, s’exprime même sans complexe, sans détour, sans masque !

    Le temps a passé « chacun son chemin, chacun sa route » avec mon ami. Nous sommes passés à autre chose, à une autre vie…

    Mais Château-Rouge n’a semble-t-il guère changé depuis…

   Alors que je n’y avais plus mis les pieds depuis fort longtemps, j’eus l’occasion d’y passer et d’y faire quelques emplettes, il y a 2 ans environ en journée. Puis, la curiosité aidant (un reste de principe journalistique), vu que j’avais séjourné dans ce quartier jusque tard, je décidais, avant de renter chez moi en banlieue, d’y voir ce qui s’y passe de nuit.

  Je garais donc ma voiture (une vieille Twingo); non sans avoir fait un tour des lieux tel un client lambda, puisque de nuit, la prostitution envahit ce quartier de Paris… J’arpentais les rues à pied… Tout semblait identique à la période où j’y allais quotidiennement pour le travail (surtout de jour) mais tout semblait si différent… Quelle déchéance majorée ai-je pu constater ! Quels sentiments d’injustice ai-je pu ressentir !

  Ici ou ailleurs, la prostitution de rue est toujours aussi glauque…mais il me semble qu’il existe une plus grande précarité  et insécurité qu’avant chez ces prostituées dites africaines, tout comme il y a une plus grande misère sexuelle et affective dans la société française (c’est un lien, pas une justification).

  La majorité des personnes, hormis les prostituées, qui déambulaient dans les rues, étaient des hommes noirs. Quelques individus blancs semblaient plus à la recherche de drogue que de sexe… Quoique !

 Les 2 activités sont bien sûr liées: de nos jours, les proxénètes sont bien souvent aussi des dealers ! Seuls les petits revendeurs restent a priori en dehors de la prostitution. Autrefois, c’était cloisonné ; chacun avait son domaine. Mais ça, c’était avant…et ce n’était pas mieux !

  Je ne voulais pas être considéré comme un client mais que venais-je donc faire ici, seul, en pleine nuit ? Le savais-je moi-même ? Je rentrais chez moi !

   À suivre…

    Chriss😉

* Les paroles et les regards que j’échangeais avec les riverains étaient différents que je sois seul ou avec lui. Seul, des hommes me demandaient si je cherchais quelque chose : en d’autre terme, de la drogue et les prostituées voyaient en moi un potentiel client. Accompagné par mon ami, je devenais presque invisible ; voire j’étais comme un des leurs. Je précise, si besoin, que mon ami n’a jamais été pour moi un alibi, un prétexte pour me permettre d’évoluer dans le « milieu » africain : nous travaillions ensemble et en étroite collaboration tout le temps.

                                               Le 12/01/2014 – © chridriss

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