LETTRE AMOUR À L’ÊTRE AMER… (2)

    Sais-tu qu’elle fait du sport ; qu’elle a changé de coiffure, de tenues vestimentaires ; qu’elle va au cinéma seule ; qu’elle s’est même engagée dans une association féministe ? ! Non, tu ne sais pas car tu as mis ta famille à l’écart de ta vie ! Tu n’as plus de contact avec elle depuis que ton père a quitté le foyer car tu fais porter à ta mère le poids de la culpabilité : tu crois vraiment que c’est de sa faute que ton père est parti ? Comprends-tu qu’elle n’a pas eu la liberté d’aimer sans souffrir ? Qu’elle n’a jamais connu d’autres hommes que ton père ? Qu’elle n’a même pas osé rêver d’une autre vie ?

   Tu es vraiment ingrat et…macho ! C’est si facile de fuir, de faire fi de toute empathie, de ne pas chercher à comprendre ! Ta mère souffre de ton silence. Tes sœurs la soutiennent mais elles sont géographiquement loin d’elle. Pourquoi les as-tu également oubliées ? Je comprends que tu te protèges ; que tu veuilles avoir une vie tranquille avec ta copine mais est-ce une raison pour jouer à l’orphelin ?

   C’est parce que je te considère comme un fils que je te dis tout ça. C’est parce que je me sentirais toujours redevable vis-à-vis de ton imbécile de père que je t’écris ce que j’ai sur le cœur. J’espère que tu me pardonneras cette liberté d’expression dont j’abuse peut-être…et qui use mon clavier tant j’écris nuit et jour en ce moment ! Certes, pour l’écrivain que je suis, ce n’est pas étonnant !

   Si je t’écris ce jour, c’est aussi parce que je ne veux plus supporter ce secret qui me lie à ton père.

   Ce service dont je t’ai parlé à demi mot. C’est une période de ma vie où j’étais…


Amer…

…comme la bière,
Que je buvais…
Pourtant si douce…

Amer…

…comme les fiers
Délice des vanités…
Que je fumais…

 

Amer…

…comme les vers

De mes poèmes…

Que je pissais…

   Oui, à cette époque, j’étais amer face aux injustices de la vie – plutôt de ma misérable vie – et cela me conduisait à me détruire à petit feu. Je sombrais dans la dépression… Un soir de blues où j’avais trompé ma bière avec du « rhum arrangé » ; où j’avais le cerveau qui flottait dans le fumet d’une « herbe de Provence », je voulus enjamber le Pont des Arts, moi, l’artiste maudit… Ton père, qui revenait de son travail, se porta à mon secours et me ramena chez moi. Nous avions le même âge : 24 ans ; il venait assurément de me sauver la vie car la Seine n’aurait pas fait de cadeau à un type défoncé, de surcroît ne sachant pas nager ! Tu comprends pourquoi, toutes ces années, je ne lui disais mot quant à votre façon de vivre. Je ne peux dire « philosophie de vie » car non seulement, pour moi, il n’y avait pas plus de philosophie, que de vie chez vous durant toutes ces années familialement austères.

   Ah, quand je repense à tout ça…

A suivre…

Chriss 😉

                                      © chridriss – Tous droits réservés. Avril 2014.

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