Des vœux ?

   Bon jour ! Oui, en 2 mots pour avoir et toujours garder pleine conscience que l’on souhaite sincèrement une bonne journée à son interlocuteur et que ce n’est pas qu’une formule de politesse de circonstance…

        Bref, bonjour à toutes et tous !

    En ce 1er de l’an, il est de bon ton de présenter ses vœux à autrui. Une tradition ? Une coutume ? Une superstition ? J’avoue : je n’ai pas vraiment eu envie de chercher dans l’historique de cette…habitude / routine. Une obligation ? Presque ! Si on ne le fait pas, on est considéré tel un hurluberlu, un asocial, un râleur invétéré, un aigri, un renfrogné…   (c’est valable aussi au féminin).

Je pourrai accepter – même pas peur – la déconsidération et l’opprobre mais bon, je ne vais pas commencer la première journée de l’année avec des ondes négatives et des jérémiades… Quoique !

    Alors, tout de go, parlons de  – il me semble que c’est la base – la santé ! Eh, bien, je ne peux m’empêcher d’en appeler aux vœux de janvier 2017 en ayant une pensée pour toutes les personnes malades durant l’année écoulée. On leur avait pourtant souhaité une bonne santé ! Du coup, j’hésite à vous la souhaiter bonne…

Tout le monde crache sur les riches mais c’est pourtant d’avoir (plus) de l’argent qui va bien avec la santé. C’est et sera toujours d’actualité : il vaut mieux « être riche en bonne santé que pauvre et malade »… En vérité, on souhaite à autrui de s’enrichir mais on aimerait bien que l’argent tombe d’abord dans nos propres poches… Non ?

La Paix ? (qui souhaiterait la guerre ?). Bah, commençons à la faire avec nous-même ! Ça se fera ensuite tout naturellement avec les autres.

L’Amour ? C’est un peu comme la paix, il faut d’abord s’aimer soi-même pour le partager. Donner et recevoir.

Le bonheur ? C’est juste un concept politique et philosophique comme la liberté, la fraternité, l’égalité… Parce que parler de liberté à un détenu  innocent mais coupable d’être noir, musulman.., de fraternité à un rom, à un migrant et d’égalité à une femme, ça ne fera pas rire les victimes de racisme, de sexisme…mais vous aurez peut-être conscience que de vivre en France (et ailleurs) et de ne pas être une femme, un.e  racisé.e, un.e  homo, un.e  trans…, ou d’être « d’origine… »…, devrait déjà concourir à vous considérer de facto heureux !

Le bonheur, c’est juste savoir regarder, écouter, la nature, les gens. Le bonheur, c’est se dire que cette pluie d’hiver démoralisante, c’est simplement de l’eau et que l’eau, c’est la vie. Le bonheur, c’est de voir vos enfants grandir. Le bonheur, ce sont des rires, des câlins, du don de soi.  Le bonheur, ce sont des petits moments de grâce, d’espoir. Le sentiment du bonheur doit être déjà en vous à l’instar de la paix et de l’amour, afin d’en donner. Souhaiter n’est qu’un mot, donner est une action.

    Concomitamment aux souhaits, le premier jour de l’année, c’est la mise en place des résolutions prises le 31 décembre au soir. Pour certains, c’est pratique d’avoir une date symbolique pour commencer le sport, arrêter de fumer, manger sainement…mais vous savez bien que vous avez peu de chance de réussir ! Pourquoi ? Parce que tout changement demande une préparation mentale, une réflexion et ne peut pas se faire à l’arrache. Bon, j’dis ça, j’dis rien. Bon courage quand même ! Et comme m’a dit, tôt ce matin, mon pote biker, philosophe du jour de l’an : « les résolutions, c’est pour la bonne conscience de ceux qui en ont pas ! » Méditons.

    Bref, pour 2018 (la continuité de 2017), que la vie vous rende ce que vous lui avez donné en 2017 ! Tant pis pour vous et pour moi si c’était de la merde… Bonne chance !

        Chriss

       Ps : si c’est pour faire partie d’un copier-coller de vos vœux de votre carnet d’adresse, je préfère que vous m’oubliez…     Sinon, je ne refuse pas que l’on me souhaite que du bon !

 

Le 01/01/2018 – © chridriss

 

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Depardieu, l’innocent…

     Capture Innocent Depardieu

 

    Voilà, je viens de terminer la lecture d’Innocent de Gérard Depardieu1 ! Oui, vous avez bien lu : Gérard Depardieu ! Qui ? Quoi ! Ce beauf sexiste et raciste, ce goujat ventripotent, ce vulgaire australopithèque, ce gros-sied répugnant personnage, cet ami de chefs d’états peu fréquentables, ce soi-disant « monstre sacré du cinéma » ? ! Ne niez pas, j’ai lu ces qualificatifs dans vos pensées !

     Oui, il se disperse en pensées et géographiquement. Oui, il est adepte du dérapage (et le revendique). Oui, il côtoie des personnalités sujettes à interrogations. Mais il est loin d’être ce qu’on entend de lui régulièrement. Bien au contraire, il me semble que c’est un être humain intègre, authentique, intelligent, cultivé, avec des valeurs respectables…comme nous tous, d’ailleurs, n’est-ce pas ? Une chose est sûre : lui est lucide sur notre époque !

       C’est avant tout un ogre, un boulimique de la vie.

      Dans cet ouvrage, il revient sur l’amitié, son enfance, le cinéma, la politique, les gens, les religions…

    C’est peut-être parce que je suis autodidacte comme lui que j’ai une affection particulière pour Depardieu. Mais je n’ai pas eu son destin… Il ne m’a pas été permis de rencontrer des pointures artistiques – des artisans – Blier, Gabin, Audiard, Carmet… Bien qu’il soit nostalgique du cinéma d’antan, saviez-vous qu’il produit des cinéastes inconnus en France voire au bout du monde ? Qu’il joue gratuitement dans des films à petit budget ? Qu’il s’investit dans le cinéma d’auteur ?

      Depardieu aime l’Histoire et l’a étudiée. Pas celle des manuels scolaires. Celle que l’on cache, celle qui met à mal la République Française et ses Lumières ; celle dont on ne peut être fier. La politique, c’est le pouvoir donc l’absence d’honnêteté. « Le pouvoir, c’est ce qui tue l’innocence ». Il exècre l’injustice et l’hypocrisie. Seule solution : l’amour. Même si ça devient difficile car nous sommes « entourés d’ondes négatives ».

      Gérard est un terrien ; il aime parcourir la campagne, être au contact des gens « d’en bas » ; que ce soit en France, en Europe de l’Est, en Afrique… Découvrir la culture, l’agriculture…et tout ce que cela produit ! Il a un besoin insatiable de remplir son esprit comme son estomac ! Vagabonder. « Je viens sans bagage et j’apprends ».

      La Russie ? C’est d’abord une histoire d’âme et de littérature. Pas de politique(s). Très intéressant ce passage où on peut comprendre son amitié avec Poutine et son agacement vis-à-vis des Américains, qui, « toujours la Bible en main, ont organisé l’esclavage… ». « La réalité est dans l’ombre, la lumière est réservée aux apparences » ; ce qui est loin d’être le cas avec les Russes.   Il y a bien plus à dire sur eux que sur Poutine. Nos alliés l’ont été et le sont encore par intérêts. Les Français feraient bien de relativiser…

    Vous n’imaginez pas Depardieu faire du Yoga, vivre dans un temple Shaolin ? Et pourtant… Les religions ? Il les a bien étudiées et…il les souhaite « débarrassées de la politique » c’est-à-dire liées à l’essentiel – la spiritualité, la nature…

      Il nous parle aussi de Barbara et son don de soi, de l’énergie, de ses failles…

      Vivre au présent. À l’instinct. Comme une mauvaise herbe. Libre.

      Un innocent.

                  Chriss

                                                           Le 28/12/2017- © chridriss

 

1- Innocent, Gérard Depardieu, Cherche midi, 2015.

Johnny Hallyday n’est plus…

      Depuis ses débuts tonitruants jusqu’à sa disparition, Johnny Hallyday a su conquérir un large public divers et varié. Rares sont les personnes totalement indifférentes à son succès : sans être fan (je n’en suis pas un), vous et moi avons, en tête, plusieurs de ses nombreux tubes. En outre, il suffit d’allumer le feu la TV, de lire la presse, de faire un tour sur les réseaux sociaux pour constater qu’il a été, est, et restera à la fois objet de culte…mais aussi sujet à polémiques. Il n’est pas le seul artiste à déchaîner les passions me direz-vous mais là, depuis sa mort, c’est énorme ! (avec la voix de Lucchini). Ce billet n’a aucune prétention : juste manifester mon étonnement agacé quant à l’ampleur politico-médiatique et émotionnelle que sa vie et surtout son décès suscite.

 

    Oui, j’insiste « divers et varié » car je sais bien qu’il est habituel de sous-entendre qu’il s’agit principalement de personnes qualifiées de beauf, de réac… Des fans pathétiques. Des gens de la France d’en bas. Or, il n’en est rien (même s’il y en a) : au fil du temps, Johnny a laissé une empreinte indélébile dans les cœurs, les âmes et les esprits de TOUS les Français (et pas qu’eux !). Un être humain, un artiste fédérateur. Ce n’est pas parce que certaines personnes n’étaient pas présentes à l’hommage qu’elles n’en étaient pas moins affectées (vous voyez à qui je pense en écrivant cela).

    Certes, il a été le premier chanteur français1 à faire connaitre le Rock’n Roll et le reprendre dans la langue de Molière… Nonobstant, il a tout emprunté à Elvis (et consorts), qui, lui-même, s’est approprié la culture noire américaine. Mais s’il en fallait un, en France, qui partage cette musique, c’est lui !

    Certes, sa voix et ses interprétations étaient sans faille ; son charisme et son charme étaient séduisants. Peu d’autres artistes brillent tout autant. Mais s’il en fallait un, en France, qui surpasse tout le monde dans la constance, dans la longévité, c’est lui !

    Certes, il a semé des mots d’amours, des accords de guitare bien sentis, des mélodies entraînantes. Évidemment, ses paroliers (heureusement que Goldman et d’autres plus récemment sont arrivés…) sont loin derrière les proses de Brel, Brassens…et ses musiques sont parfois de la variété bodybuildée. Mais s’il en fallait un, en France, qui a su transcender ses auteurs, c’est lui !

    Certes, sa carrière fut longue et intense ; il a traversé le temps avec brio dans une continuité musicale (le Rock’n Roll) tout en sachant rebondir en adoptant les codes de chaque époque (les tendances capillaires et vestimentaires, notamment, sont un must !). Mais s’il en fallait un, en France, que la chance (d’aucuns penseront Dieu) a préservé d’un crash d’avion, d’une overdose… (combien sont partis trop tôt, trop jeunes ?!), c’est lui !

Il est arrivé chanteur abandonné ; il a vécu Rock’n Roll ; il est parti adulé.

     Du plus loin que je m’en souvienne, j’ai toujours pensé que la mort de Johnny Hallyday serait un événement considérable. Cependant, j’étais loin d’en imaginer l’ampleur. Que l’on soit fan ou pas, il faut reconnaître que cette ferveur populaire sur les Champs-Élysées et devant l’église de la Madeleine était impressionnante. Étant motard, descendre la célèbre avenue, aussi nombreux, cela devait être mémorable.

Mais…

    La foule dense a bravé le froid pour assister de près ou de loin – surtout de loin – aux obsèques de « l’idole des jeunes ». Bah, c’était un choix. Pas une obligation. Certains fans ont même passé la nuit devant La Madeleine et ont eu droit à une distribution de couverture. Que dire de tous les sans-abris dont c’est le lot quotidien ? Ne méritent-ils donc pas le même intérêt ? Absurdité.

   Le gouvernement interdit des manifestations, des rassemblements à cause de l’état d’urgence. Près d’un million de personnes se sont rassemblées et là, plus de problème de terrorisme ! Absurdité.

    La laïcité est un cheval de bataille de nos dirigeants. Le jour anniversaire de la loi de 1905 (la loi de séparation des Églises et de l’État fête ses 112 ans), la France entière regarde une cérémonie religieuse catholique à la télé. Et s’il avait été musulman ou athée ? Absurdité.

     On lui fait des honneurs nationaux. Oups ! Pardon, hommages populaires ! Nationaux, c’est pour Jean D’Ormesson (vieille droite réactionnaire) ! Absurdité.

   La chasse est ouverte contre les exilés fiscaux. Johnny en était un. Pourquoi ses détracteurs se sont acharnés sur cet exil le jour même de son décès ? Absurdité.

 

« La monstrueuse mobilisation politico-médiatique autour des décès du chanteur et de l’écrivain confine à l’écœurement. Plus d’un « commentateur » a cru y voir le rassemblement national autour de deux symboles d’une France en recherche de valeurs. Vraiment ? Course à l’audimat et au clic, opportunisme politique, démagogie populiste : on a surtout vu le visage hideux d’une société de la com’ où tout se mélange et où tout se vaut, et où la mort est devenue une marchandise, commerciale et politique, sur laquelle se jettent les rapaces de tous ordres. »

Julien Salingue in NPA.

 

    À travers le personnage de Johnny, c’est surtout le souvenir fantasmé d’une France des années 60 que les gens aimaient. Et dont il faut faire le deuil pour passer à autre chose.

    Il ne me semble pas avoir vu les autres « vieilles canailles ». J’aurai bien aimé entendre un discours d’Eddy Mitchell dans l’église commençant par « Mes biens chers frères, mes biens chères sœurs… » et Dutronc de conclure par « l’opportuniste »…à l’attention des politiques.

   Jean-Philippe Smet est mort et c’est d’abord un drame pour ses amis et sa famille. Qu’il repose en paix.

          Chriss

1 – d’origine belge. Mais la France a l’habitude de s’approprier et de franciser l’origine étrangère quand ça l’arrange ; et la dénigrer quand ça, la dérange…

 

                                           Le 20/12/207 – © chridriss

Blackface : un blanc parle aux blanc.he.s…(et pas que…).

   Avertissement. Je tiens à préciser que j’ai rédigé cet article plutôt à l’attention des blanc.he.s. car, d’une part, je n’ai aucune légitimité à parler pour et à la place des noir.e.s (ou tout autre personnes dont la couleur de peau diffère de la mienne – ce qui ne les exclut pour autant, bien au contraire) et d’autre part, parce que je me heurte trop souvent, face à mes homonymes leucodermes, au refus d’entendre, de comprendre, d’admettre ce que je tente de leur expliquer quant au racisme institutionnalisé, au privilège blanc1…. Mon propos découle de mes recherches sur les problématiques raciales en lien direct avec les concerné.e.s.

Je ne cherche que la vérité, la justice. Et remettre, par là-même, quelques pendules à l’heure…

Par ailleurs, je rappelle, pour mes connaissances (ou pas), que le fait d’avoir des enfants métis, des ami.e.s  noir.e.s,…ne me (nous) préserve pas d’être raciste (le racisme n’est pas une opinion mais un délit).

 

   En général, j’écris sur l’actualité un certain temps après les faits car réagir à chaud et donc dans la précipitation ne (me) permet pas d’avoir assez de recul pour bien analyser une situation (et ça m’évite – en principe – d’écrire des conneries). Cette fois, je vais faire exception à ma règle. Facile, c’est un sujet que je suis depuis quelques années : j’attendais juste le moment opportun pour en parler. Qu’est-ce donc ? La Blackface ! En effet, je profite que le joueur de foot Antoine Griezmann ait posté une photo sur Twitter, déguisé en basketteur des années 1980, pour rendre hommage (selon lui) aux Harlem Globetrotters. Si cela n’était que ça, c’eut été réussi ! Mais il s’est entièrement maquillé en noir avec perruque afro et le voilà dans la posture typique de cet acte raciste. Oui, c’est un acte raciste.

 

 

Capture Antoine G Blackface Tweeter

Capture Antoine G Blackface Tweeter

   

    Voilà, j’ai dit le mot qui fâchent la majorité de mes congénères blanc.he.s ! Pourquoi ? Parce que, selon eux/elles, ce n’est qu’un déguisement, une distraction (c’est pour rire) ; d’autant plus qu’il n’avait pas, a priori, de mauvaises intentions. C’est donc insignifiant, anecdotique. Pas de quoi polémiquer ! Cependant, c’est bien mal connaitre l’origine de la Blackface…

    En effet, cette pratique fait référence à l’esclavage des noir.e.s2. Au XIXe siècle, aux Etats-Unis, des blancs se grimaient ainsi lors de spectacles soi-disant comiques afin de caricaturer de manière discriminante, méchante, ridicule, les personnes noires (en les faisant passer pour ignorants, paresseux, voleurs et menteurs) devant un parterre exclusif de blanc.he.s hilares. Bien que le terme soit importé des USA, la pratique existe aussi et encore actuellement en Europe (France, Belgique, Pays-Bas…) à titre individuel mais aussi dans une dimension collective lors de fêtes traditionnelles.

 

Capture affiche Nuit des Noirs Dunkerque 2018

Capture affiche Nuit des Noirs Dunkerque 2018

 

   Indépendamment de l’aspect historique, il est utile de préciser qu’il n’est pas juste question de se déguiser. Cet acte est raciste car son auteur.e se maquille/se peint le corps en noir (en y ajoutant presque toujours des stéréotypes : postiche crépu, dessin de lèvres charnues…) ; or, la couleur de peau n’est pas un déguisement, on ne peut la changer. Comprenez bien qu’un.e noir.e qui se grimerait (j’écris au conditionnel car personne ou presque ne le fait) n’aurait pas du tout la même symbolique : a contrario, cela ne serait pas lié à l’oppression des blancs (violence, discrimination à l’embauche, au logement…).

   Peut-être aussi que les noir.e.s existent par eux.elles-même sans avoir besoin de se déguiser ?

    La Blackface fait partie d’un ensemble de pratiques et de discours négrophobes, que ce soit à titre personnel ou institutionnel. Elle porte atteinte à l’individualité et à la collectivité noires, en déshumanisant, infantilisant ces personnes. On peut aussi faire un parallèle avec les sketchs de Michel Leeb. Peut-être est-il temps de combattre l’ignorance (c’est l’excuse, le prétexte qui revient dans les conversations) par l’éducation (scolaire) ?

    Vous objecterez que des noir.e.s ne voient pas non-plus où est le problème : certes mais je ne répondrai pas à leur place. Je sais juste que les concerné.e.s n’ont pas toujours conscience d’être victime.

   Si je me permets de réagir sur ce sujet, c’est parce que les blanc.he.s, en majorité, ne sont toujours pas prêt.e.s à entendre les revendications des noir.e.s (et autres racisé.e.s). De plus, je ne veux pas / plus être caution et partie prenante d’un système et d’une pensée raciste. Néanmoins, ne cherchez pas à me mettre dans la case des antiracistes, des gauchistes…, bien que mes idées puissent s’apparenter parfois à leur discours, je n’entre dans aucune case ! Je n’ai pas de parti pris et ne cherche à plaire à personne.

       Chriss

  

1 – Mes articles en lien avec ce thème :  ici, ici et .

2 – Dans la bouche de la plupart des blancs, dire « noir » semble leur faire peur comme si ça mettait une distance. Ils disent donc « black » car ils pensent que c’est créer une proximité et que c’est cool. Ils pensent que « noir », c’est un gros mot. Ils se trompent bien sûr. À noter également, que « noir » ne prend pas de majuscule à l’instar de blanc.

    

     Le 20/12/2017 – © chridriss 

Internet : des services, des sévices et des vices…

Il y a quelques années, j’ai commis un article relativement critique concernant les réseaux sociaux, notamment Facebook (j’en use encore et toujours malgré tout). J’y exposais mon ressenti à charge – certes, tout n’est pas négatif – concernant cette quasi offense à la Vie que peut être l’échange virtuel.

    En effet, cette forme de communication est – je dirais presque par nature – caution à malentendus et déconvenues, quiproquos et imbroglios. Ces incidents, parfois très fâcheux, se limitent la plupart du temps, in fine, à de simples désagréments, à des contrariétés passagères ou à de banales déceptions. Cependant, tout cela reste secondaire : on peut passer outre et ne pas s’en offusquer. Mais ces derniers temps, les conversations et autres interactions se sont envenimées jusqu’à prendre une tournure ô combien dramatique car criminelle : menaces de morts et de viols, suicides… (eh, non, je ne parle même pas du Darknet). Je suis choqué et donc obligé d’aborder ce sujet de nouveau. Je ne suis pas le seul à faire cet état des lieux ; par conséquent, j’aimerais avoir votre ressenti. Est-ce propre au net ou est-ce pareil ou pire dans la « vraie » vie ? Influence mutuelle et mutualisée ? Symboles et symptômes d’une société dévaluée, dévalorisée, décérébrée, décadente ? Est-ce un constat générationnel  ?

    Il faut bien avouer que le net rend une multitude de services : forums d’entraide, documentation diverse et variée, divertissement (musique, films…), etc. C’est une source d’informations inépuisable, instantanément accessible, gratuite et mobile ! Saurait-on encore s’en passer ? Et la bureautique ? Une merveille ! Rappelez-vous les machines à écrire… De plus, grâce à des applications telles Messenger, Viber…, on garde un lien facilement, avec nos contacts « du bout du monde » (…ou pas !). Internet permet donc de se cultiver, de s’informer, de communiquer, de s’évader ; en somme, de se récréer. Mais la médaille a toujours un revers…

    Nonobstant ces avantages, ce temps passé à surfer est souvent synonyme de temps perdu : on s’égare de page en page ; on ouvre encore et toujours les applis même s’il ne s’y passe rien et que l’on n’y fait rien… Accoutumance. Fasciné par l’outil, il m’est arrivé de passer des journées entières devant un écran. On ne sait plus s’arrêter. Dépendance. Une addiction à l’évidente chronophagie. Et plus on passe de temps sur l’ordi, le smartphone, la tablette, moins on est disponible, à l’écoute. On s’enferme dans une bulle faute de temps libre. L’effet est d’autant plus pervers que l’on n’a pas plus de temps à consacrer à soi-même qu’à autrui ! Cette pratique m’a incité à changer mon approche du net, surtout des réseaux sociaux : me voilà cantonné depuis à n’être plus que sur Facebook (et pas n’importe comment ; et puis, j’avais abandonné l’écriture donc un like et quelques mots par ci par là me suffisent). Finis donc les commentaires de commentaires, les débats houleux et stériles ! Finies les prises de têtes ! Et vive le temps libre ! Sevrage. Évidemment, Google, pour mes recherches, reste toujours mon ami ! S’informer, se distraire, communiquer est fondamental dans la vie – même virtuellement si l’on est vigilant, discipliné, par rapport au temps passé et que l’on garde entrebâillée, la porte de sa bulle. Sinon, cela retentit, trop souvent négativement, dans le relationnel, au quotidien.

    Or, on se parle de plus en plus virtuellement et de moins en moins de visu et de manière spontanée. Pour bien se parler, il faut déjà se voir, se rapprocher (et parfois se toucher). Quid de la communication non verbale ? Les relations humaines réelles se détériorent, se dématérialisent, s’invibilisent ; d’autant plus que la politique sécuritaire a ajouté une dimension à tendance paranoïaque à la méfiance déjà exponentielle envers autrui. Un sentiment de peur démesuré et non justifié s’est donc installé (durablement ?). Chacun – que son activité sur le web soit chronophage ou pas – se replie alors dans son cercle de proximité : familial, amical, professionnel, religieux, sportif… donc communautaire1. Et même à l’intérieur d’un groupe, l’être humain s’isole dans son coin (d’écran) ; une nouvelle forme de solitude, liée à l’exclusivité des échanges virtuels (et autres activités : jeux en ligne, par exemple), est née au détriment d’une vraie vie socia(b)le. Il serait peut-être temps d’inverser cette tendance…

 

"Tout n'est pas bon dans l'humain"

Auteur.e inconnu.e. Photo © chridriss

             

      Communiquer avec autrui, libérer la parole, c’est formidable mais…

 

    Outre cet isolement individualiste de facto, force est de constater que le masque de l’écran autorise, dorénavrant à quiconque, de dire tout et n’importe quoi, dans la démesure, dans l’outrance, dans le mensonge, dans l’incivilité, dans l’agressivité ; systématiquement dans le jugement hâtif, méprisant et insultant, avec sa cohorte d’invectives ordurières. Pas d’argumentaire, pas de nuances, pas de compromis, pas de remise en question, pas d’objectivité. De plus en plus ouvertement, sans gêne et sans complexe : « je dis ce que je veux et je t’emm… ». Presque une norme. Quant à la bienveillance, l’empathie, la tolérance…, il parait que ce n’est que pour le monde des Bisounours…  Il est vrai que le virtuel privilégie le cash quand il est trash ; pas quand il est sincère et sans embrouille.

   Cette manière de se comporter me dérange, m’indispose mais ce qui me perturbe davantage – un cran au-dessus – c’est la propension croissante et assumée, de nombreux internautes, à être odieusement dans la violence érigée en système, à se vautrer copieusement dans la cruauté, à vomir insidieusement leur haine ciblée (racisme, sexisme…), sous couvert d’anonymat (personne ne l’est vraiment mais beaucoup le pensent. Enfin, ça, c’était avant : actuellement, les personnes osent publier sous leur vrai nom sans filtre, sans limite…).

    Au nom de la sacro-sainte liberté d’expression, on a déjà oublié le simple respect, la politesse ; maintenant, on se permet de déborder du cadre, de la loi… Ma tolérance a des limites. Pourtant, dans bien des domaines, je suis le premier à défendre la transgression, la désobéissance, l’interdit. J’accepte que l’on n’ait pas les mêmes opinions que moi, que nos rêves soient différents. J’accepte même ce que je traque chez moi : les fautes d’orthographe ! Je sais, je vais me répéter mais le nombre de fois où je lis « ta gueule, fils de pute » et autres joyeusetés du genre, juste parce que l’on pense différemment me laisse dubitatif. Heureusement, je n’ai jamais été insulté de la sorte mais les lire me touche presque autant que si j’en étais le destinataire. Peut-être parce que je suis incapable d’en être l’auteur.

    Au-delà de, et conjointement à, cette agressivité gratuite presque généralisée, je suis perplexe aussi quand je constate la multiplication des hoaxs, des fakes, des partages sans vérification de l’info et de la source, des citations sorties de leur contexte (et des images tronquées) … Cela m’exaspère tant cette pratique est fréquente. Et me désespère aussi, quand certains de mes contacts Facebook (des proches, des ami.e.s), au demeurant pourvus de nombreuses et belles qualités humaines, s’empressent de diffuser des pseudos infos, venant de sites extrémistes (surtout de droite), complotistes ou autres conneries. Ceux-là, même, se laissent aller à exprimer des propos très très limites sur les migrants, les étrangers (ou supposés), les Musulmans, etc. Ils savent que je ne suis pas d’accord avec leurs idées, leurs idéaux. Certes, ils en ont le droit et je ne vois pas l’intérêt de s’entourer de gens qui pensent comme soi ; cela n’aide pas à changer la société. J’ai pourtant partagé de bons moments, et pas que virtuels, avec eux, entre ami.e.s. Je suis mal à l’aise. Que faire ? J’ai le choix entre discuter (j’ai essayé), ignorer leurs propos (ce que je fais) ou les supprimer (ce que je n’arrive pas à faire). Bref. Si d’aucuns me lisent, ils feront peut-être le choix à ma place. À bon entendeur !

   Au-delà de ce désagrément personnel, le plus terrible du net, bien sûr, sont les conséquences graves de tous ces propos nauséabonds. Tous ces mots à maux virulents blessent, détruisent, anéantissent des vies. Des adolescent.e.s se suicident car victimes de harcèlements divers : moqueries récurrentes, chantage… Des femmes se font insulter et menacer de mort car elles osent dénoncer – c’est différent de la délation – leur agression sexuelle, les violences conjugales. Elles vivent donc encore plus dans la peur parce qu’elles ont osé s’exprimer.

 

          Des êtres humains ont perdu leur dignité, leur honneur. 

 

    Cet aspect du net me révolte : qu’ont à gagner, tous ces internautes, à être intolérants, violent, cruels ? Le droit à la différence est devenu le droit à la déférence ou à l’indifférence.  Les hommes machistes et sexistes n’ont-ils aucune mère, sœur, nièce, cousine, épouse…pour traiter la gente féminine avec autant de mépris, de lâcheté ? Est-ce que causer le mal-être, la peur chez autrui rend leurs auteurs heureux ?

    Pourquoi des personnes se permettent de juger leurs semblables, de les condamner sans preuve avec autant de haine ?

    Je ne comprends pas. Ce monde se déshumanise. L’empathie, la confiance, le pardon…sont des mots ; juste des mots : ils n’atteignent plus le cœur de mes semblables. Il subsiste malgré tout quelques exemples de bonne volonté, d’espoir alors « Vivons heureux en attendant la mort »2

        Chriss

Communautaire : n’est pas employé ici dans une acception péjorative. Une communauté est juste un groupe de personnes réunies par des intérêts communs. Le communautarisme, c’est autre chose…

2   Titre d’un ouvrage de Pierre Desproges

NB : je reviens sur Tweeter sur la pointe des pieds ; ou plutôt, devrais-je dire le bout des doigts des mains sur le clavier… Chriss FV

 

Préambule à mon retour à l’écrit

     Comme je le disais dans mon précédent article, à l’époque, je n’avais plus le temps d’écrire – guère plus pour autre chose – à cause de ma reprise d’études. Le minimum de temps libre était d’abord destiné à mes enfants, surtout à celui en bas âge (le grand, bah, il est grand !). Un choix normal ou un non choix, une évidence. Néanmoins, c’était peut-être un prétexte car cela faisait déjà un bail que je m’étais éloigné du texte : d’ailleurs sur ce blog, d’article en article, j’avais privilégié de plus en plus l’image (photos, illustrations, dessins…glanés sur le net) ; certes avec des mots dedans ou mes mots à côté mais en quantité négligeable. Concomitamment, j’avais aussi déserté mon blog photo. Bloguer est macrophage. Cependant, je publie sur Instagramdepuis peu : c’est rapide, sans prise de tête, sans grosse réflexion (enfin, pour un perfectionniste, j’entends). La photo ne m’a jamais vraiment quitté contrairement à l’écriture.

      Un an s’est écoulé et je n’ai pas pour autant repris l’écrit. Plus l’envie, plus le désir de poser mes mots… Fatigue.

     Et pour autrui ? Non-plus ! Je voulais créer une micro-entreprise en lien avec ma licence de Conseil en écriture-écrivain public, en parallèle de mon travail à l’hôpital (publique) mais je n’en ai pas le droit (la loi a changé pendant ma formation). Bah, oui, les fonctionnaires sont des fainéants et si, à tout hasard, ils veulent cumuler du temps de travail, c’est qu’ils ne sont pas fatigués ! Avec plus de travail et moins d’effectif, je ne vois pas comment on peut encore penser que les personnes au service du public soient des privilégiées. Nous ne sommes plus à l’âge d’or des employés municipaux décrits par les Chevaliers du fiel, des « Marie-Thérèse » des Inconnus, des « planqués » de la sécu et des Impôts, des « alcoolos » de la Poste et de la SNCF… (bon, il en reste encore quelques spécimens et beaucoup de clichés). Ouvrez vos yeux emplis de jalousie, vous verrez que les temps ont changé ! Sinon, postulez ! Ah, bah, non, on n’embauche plus ! J’ai suffisamment bossé dans le privé pour me permettre de défendre les fonctionnaires. Eux n’ont pas des Prud’hommes, d’allocations chômage… Oui, on peut être licencié même si cela porte un autre nom par une autre méthode… Bref, on en parle une prochaine fois ?! Du coup, cette contrariété, ce frein à mon projet, cet obstacle à mon ambition, n’a fait qu’amplifier la distance prise avec l’écriture. La rupture était consommée. Fatigue.

      Je n’écrivais donc plus que sous forme de commentaires, de posts, de statut sur Facebook et sur un forum spécialisé (moto). Rien de conséquent, d’important, en somme. Les réseaux sociaux ? Activité quasi nulle sur Twitter ; et Google + ? J’ai tout désactivé !  Je suis toujours abonné à moult blogs mais je ne les lis plus. Aucune interaction. Fatigue.

      J’ai toujours aimé écrire – une de mes passions – et cela transcendait mon quotidien. Quel étrange paradoxe : ne plus avoir cet amour et être frustré de ne plus l’avoir ! Dans une moindre mesure, il en est de même pour l’attrait à internet : j’aime satisfaire ma curiosité, soif d’apprendre, mais je suis saoulé d’y lire le pire de la bêtise humaine. Et la Tv, pas mieux ! Fatigue.

      J’ai pactisé avec la routine, l’apathie. J’ai tué l’enthousiasme. J’ai endormi mes sentiments face aux injustices ; je me suis lassé de la révolte, j’ai hiberné l’idée de révolution. Je (me) suis ramolli intellectuellement et psychiquement. Marre de tout. Fatigue. 

      Déprime ? Dépression ? NON. J’aime la vie. Je me lève tous les matins sans problème :  je ne suis pas amoureux de mon lit. La crise de la cinquantaine ? Pourquoi pas ! Sauf qu’il est surtout question que cela provoque une ruée vers la gente féminine, de préférence dans la vingtaine, alors que moi, j’ai été attiré par le rien, le néant, le « laisser-vivre et on verra bien » … Je vais bientôt avoir 53 ans.

       Heureusement, je pense que la vie s’exprime sous forme de cycle. Il me semble qu’il est revenu le temps de faire chauffer l’ordi à force de taper sur les caractères des touches (ou les touches de caractères ?).

       Pourquoi donc ce revirement de clavier ?

       Tout ce qui me tenaillait, me rongeait, m’anesthésiait, m’endormait, me vidait devait cesser. Il fallait que je me libère, m’ouvre, me réveille, me remplisse ; que je rebondisse, que je réagisse, que je râle, que je colère. Où trouver l’issue positive, si ce n’est dans l’écriture ? C’est thérapeutiquement une évidence. Ouf, j’éprouve à nouveau – et enfin – le besoin d’écrire comme souffle un vent rafraîchissant, un élan retrouvé, une renaissance. « Libéré, délivré… »

      Voilà. Je vais arrêter ici ce préambule à ma reprise de l’écriture. Et vous, ami.e.s blogueurs.euses et des mots, n’avez-vous jamais vécu ce genre de crise ?

 

       À bientôt !

            Chriss

 

1-Instagram : j’ai 2 comptes avec le pseudo chriss_fv : « de_mon_balcon » et « amazing_earth_by_chriss_fv »

Heureux !

  Dans cet article, je vous ai confié, chères lectrices et chers lecteurs, avoir pris une certaine distance avec le web. Ce que j’ai fait. Je me suis organisé de manière à être totalement présent pour mon loulou quand nous sommes ensemble. Un temps pour tout !

 Et, comme vous l’avez constaté, je n’ai rien écrit, ni publier sur ce blog depuis fort longtemps. Dans mon dernier article, je vous ai dit – en passant – dans le titre, que je n’avais plus le temps d’écrire !

  Or, je saisis le clavier, ce jour, car j’ai à nouveau le temps d’écrire ! Que s’est-il passé ? Pourquoi ?

  C’est simple : après le D.A.E.U. (l’équivalent du Bac) en 2014 et une V.A.P.P., j’ai repris des études, de septembre 2015 à mai 2016, dans le cadre de la formation continue, en vue de l’obtention de la licence professionnelle « Conseil en écriture professionnelle et privée ; écrivain public » (ça fera l’objet d’un article prochainement).

  Vous comprenez pourquoi, avec un enfant en bas âge, un autre qui passe le brevet, mes études, et ma dulcinée très occupée, je n’ai guère eu de temps à vous consacrez ! C’est beaucoup pour un cinquantenaire ! 😉

  Point de suspens, je vous le dis tout de go : je suis désormais licencié de la Sorbonne, avec une p’tite mention « Assez bien » !   📝 😊 💫🍃🌟📖📙📚

Je me devais de partager, avec vous, ma joie d’avoir obtenu ce diplôme universitaire.

Voici mon texte publié, à cet effet, sur Facebook :

  Je remercie, avec toute ma gratitude, ma considération, mon amitié, mon amour, toutes les personnes qui m’ont soutenu, m’ont aidé, m’ont encouragé…depuis mes premiers pas à l’université, en 2013-2014, où j’ai obtenu le bac, jusqu’à maintenant. Je me dois de vous associer à mon succès.

  Je remercie également, avec un savoureux plaisir-désir non dissimulé, les quelques personnes, qui m’ont dénigré, m’ont découragé, m’ont moqué, m’ont invectivé des « à ton âge, faire des études, c’est ridicule ! », « avec un bébé, c’est impossible »… Je leur dédie aussi ma réussite car vous m’avez donné encore plus « l’envie d’avoir envie » !

  Tout est possible ! Je vous invite, vous tou-te-s, à avoir des projets, des buts, des objectifs et vous réaliserez vos rêves.

Bref, la dernière phase ci-dessus, résume cet article. Vous ne pouvez retenir que ça : rêvez, bougez, vivez !

Bon, ça suffit, sois modeste ! Allez, je vous laisse vaquer à vos occupations.

Bonne journée et à bientôt !

Chriss