NOTRE DRAME ! ?

incendie-notre-dame-
© chridriss – 15/04/2019

 

    Bonjour à toutes et tous,

   Je travaille on ne peut plus près de Notre-Dame, et ce lundi 15 avril 2019, j’étais aux premières loges pour constater avec stupéfaction l’incendie de la cathédrale (photo ci-dessus).

   Pourquoi viens-je vous parler de cela ? Je ne sais pas vraiment…

   Je reconnais et je comprends que c’est un événement considérable, par sa symbolique religieuse, économique (une vitrine de la France avec 13 millions de visiteurs / an), historique (unité nationale et outil du pouvoir) et patrimoniale.

  Et je ne suis pas insensible (j’ai un cœur !) et je suis passionné par l’architecture, les arts…

  Pourtant,  je pourrais être indifférent à cet événement car :

  • Il n’y a pas eu de victime humaine,
  • Je ne suis pas en osmose avec la religion catholique (ni les autres d’ailleurs !),
  • Je suis conscient de l’impermanence des choses et j’en prône le détachement,
  • J’ai appris à prendre de la distance, à relativiser…

   Et puis, le traitement médiatique, le business de l’ émotion, la récupération politique, les polémiques inter-minables, les théories complotistes vont encore m’exaspérer au plus haut point…

    Voici un excellent résumé :

Capture réflexion Philippe Battaglia

 

  Néanmoins, je peux me poser quelques questions :

  • Pourquoi la cathédrale a-t-elle été spécifiquement fermée de manière exceptionnelle plus tôt ce jour-là ? Pourquoi l’alarme a sonné mais n’a pas inquiété ?
  • Pourquoi le gouvernement a-t-il été si prompt à déclarer – telle une conclusion définitive – que cet incendie est accidentel ? Pourquoi un tel empressement à reconstruire ? (J.O. dans 5 ans !)
  • Pourquoi n’ai-je pas senti l’odeur typique du bois brûlé et suffoqué avec tant de fumée ?

  Bref, au-delà des doutes légitimes, des innombrables fakes news, des irrévérences envers cette référence absolue du christianisme et de l’aura emblématique de la France, des débats inutiles, de l’interventionnisme présidentiel, ce qui me choque profondément, c’est le paradoxe entre les sommes d’argent faramineuse promises par des donateurs fortunées (ou pas) pour reconstruire ce monument et l’indifférence, le mépris au quotidien de ces mêmes personnes envers la misère humaine.

 

Capture tweet sdt Franprix

 

Le symbole a plus de valeur que l’humain.

 

Emotion collective

 

   En effet, on parle quasi d’un milliard d’euros ! Imaginons ce que l’on pourrait faire avec cet argent quant au logement social, à l’aide aux plus démunis… Oui mais ça n’a rien à voir me direz-vous. Ce n’est pas mon point de vue. On pourrait financer à la fois le patrimoine ET sauver l’humain, non ?

 

Capture V. HUgo remercie..

 

    Le comble, c’est que tout est fait pour défiscaliser au maximum ces dons c’est-à-dire que c’est « tout bénef » pour les riches ; c’est encore de « l’optimisation fiscale » donc de l’argent (sale ?) qui ne profitera pas à la collectivité. En fait, c’est comme si de facto sans notre consentement, nous financions tous avec nos impôts la reconstruction de cet édifice ! Je considère donc que j’ai déjà contribué.

 

Capture canadair paradis fiscaux

 

    Comment ne pas être scandalisé ?

    N’est-ce pas encore jeter de l’huile sur le feu – si je puis dire – de l’injustice sociale, relayée, entre autres, par les gilets jaunes ? Le gouvernement continue malgré tout sa politique d’austérité :  diminuer drastiquement le pouvoir d’achat, pénaliser le citoyen lambda et rogner les subventions accordées aux associations d’aide aux précaires, aux sans-abris…

   De nombreuses municipalités font des dons (la Mairie de Paris a débloqué 50 millions !) alors qu’elles prétendent être exsangues quand il est question d’agir contre la pauvreté, le handicap, etc.

  Il a fallu une polémique utile pour que la famille Pinault daigne renoncer à la réduction d’impôt sur son don ; ces ultras capitalistes n’exploitent personne ? Se sont-ils enrichis honnêtement ? Un champion du monde de l’évasion fiscale (on parle de 2.5 milliards d’euros !) qui va passer pour un héros !

  Et le Vatican ? À part commenter ?

  Savez-vous que l’état est son propre assureur des établissements religieux dont il est le propriétaire ? Là, encore, ce sont nos impôts…

  Le patrimoine français, dans l’ensemble, serait mal entretenu (quand il n’est pas laissé à l’abandon), mal sécurisé ; il n’y a pas (assez) d’argent pour préserver l’Histoire. Cet incendie de Notre-Dame aura au moins servi à s’en apercevoir…

 Reconstruire, oui mais pas n’importe quoi et n’importe comment ! J’ai pourtant l’impression que ça part dans tous sens…

  Pourquoi n’y a-t-il pas d’argent ni pour les pauvres, ni pour sauver la planète ?

 

Capture ours banquise ND

 

     Bien sûr, on peut être ému par cet incendie… Mais gardons raison et relativisons. Quid des simples citoyens qui ont perdu leurs enfants quand leur maison a brûlé ?

    Bien sûr, on peut se réjouir de voir un peuple uni, soudée, solidaire, dans le partage… Une fois passé l’émotion de l’immédiat, de l’instantanéité, que restera-t-il ?

   Permettez-moi de citer une phrase, tirée d’un tweet de Sabrina Ali Benali ; « Puissent les flammes de l’histoire ne pas laisser se consumer celles des hommes… ».

   Bonne journée.

   Chriss BRL

 

Le 18/04/2019 – © chridriss
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IM-MONDE !

     Hello,

    Je viens de visionner cette vidéo. Je la poste ici car il me semble qu’elle résume bien le monde dans lequel nous vivons. Enfin, je veux dire le côté immonde de ce monde !

    Ne la regardez pas si vous êtes émotionnellement fragile, si la dépression vous guette, si vous êtes déjà au bord du suicide… Vous risqueriez pour le moins de vomir, d’avoir une crise d’angoisse majeure ou pire, de commettre l’irréparable !

 

 

    Heureusement, je vous rassure : la vie est belle !

    Tout n’est pas perdu ! Beaucoup d’êtres humains œuvrent à un monde meilleur !

    Restons positif et optimiste !

    Chriss BRL

 

 

Le 10/04/2019 – © chridriss

 

 

 

 

HOMMAGE À MARIELLE FRANCO.

    Bonjour à toutes et tous !

    En ce début d’année 2019, alors que Jair Bolsonaro a pris récemment ses fonctions de Président du Brésil, j’aimerai avoir une pensée en mémoire de Marielle Franco, lâchement assassinée par la police brésilienne, en raison de son militantisme pour les droits des femmes, des noir.e.s, des lesbiennes, des pauvres… (tout est toujours plus ou moins lié).

Parce que sa lutte est loin, très loin d’être finie,

Parce qu’en tant qu’homme, blanc, hétéro…, il est plus que temps d’avoir enfin conscience de nos privilèges,

Parce que l’on peut agir même si l’on n’est pas directement concerné.e.s (par exemple, à commencer simplement par dénoncer ce crime),

Parce que l’on doit tous œuvrer à l’équité,

Parce que je soutiens les causes où il est questions d’injustices, de non-respect des droits humains,

Parce que le Brésil est mon pays de cœur…

   Saudade

   Chriss BRL

 

 

 

Le 15/03/2019 – © chridriss

HOMMAGE À CLARISSA JEAN-PHILIPPE.

    Bonjour à toutes et tous !

    Je n’ai pas pour habitude de participer aux commémorations (c’est glauque et je ne vois pas où est l’intérêt : pas besoin de cela pour ne pas oublier), ni d’encenser la police (surtout avec les violences actuelles). Cependant, j’ai envie et besoin de faire une exception.

   Peut-être parce que parfois, il est nécessaire et intelligent de déroger à « mes grands principes » anticonformistes et donc par là-même, présentement, je rends hommage à toutes les victimes – sans exception – d’attentat ici et ailleurs.

  Peut-être aussi parce que je me dois de vous montrer que la compréhension et la tolérance, que j’attends d’autrui, est aussi mienne ; ce qui n’est pas antinomique avec le fait de condamner fermement les actes des assassins terroristes.

   Bref, je passe tous les jours sur l’avenue Pierre Brossolette où Clarissa Jean-Philippe a trouvé la mort. Ce jour-là, d’ailleurs, j’ai emprunté cette route 2 heures avant le drame…

   Il est curieux de constater que les deux lieux de commémoration, en face-à-face de part et d’autre de la D905 séparant Montrouge de Malakoff, sont toute l’année si différents : côté Montrouge, c’est un simple poteau avec une plaque très solennelle, dépourvu de fleurs (sauf le jour des commémorations et les jours suivants) et autres symboles alors que côté Malakoff, c’est fleuri et garni de diverses marques d’affections et de souvenirs (portrait de l’artiste de rue C215…). C’est sûrement dû à la configuration des lieux. Pas la peine d’y voir une quelconque querelle de commune et encore moins une théorie du complot : je fais juste un constat !

 

Repose en paix.

   Chriss

 

Le 08/01/2019 – © chridriss

CASS’HEURTS…

    Vendredi matin (7 décembre), j’ai emmené mon loulou à la maternelle : on traverse tranquillement la « Résidence des Poètes » – enfin, la cité H.L.M. où nous habitons – et nous voilà dans la rue où se trouve l’entrée des petits de son école publique élémentaire. C’est comme ça quasi tous les jours. Pouvoir accompagner son enfant à l’école, ce n’est jamais une contrainte même si c’est parfois compliqué (horaires de travail, distance…), ça doit être simplement un bon moment de vie partagé.

    Mais cette fois-ci, ce n’était pas un jour comme les autres…

    En effet, en sortant de la maternelle, alors que je m’apprêtais à faire le chemin inverse afin de récupérer ma voiture, garée en bas de mon immeuble, pour aller au travail, quelle ne fut pas ma surprise de tomber nez à nez avec une bande d’une trentaine de jeunes, tout de noir vêtu, encagoulés pour la plupart ! Ils poussaient des bacs à ordures, notamment ceux de la maison de retraite sise juste de l’autre côté de la rue, et commençaient à envoyer tout ce qui leur tombaient sous la main en direction du lycée technique en face !

    Je ne pus m’empêcher de penser « Quelle bande de cons ! C’est complètement stupide le vandalisme, d’autant plus que le lycée a été entièrement rénové, il y a peu ». J’ai même failli les interpeller pour leur demander à quoi cela leur servait de faire ça. Au moment où j’allais m’adresser à l’un d’eux, j’entendis un « Caillassez ! caillassez ! » ; je pris conscience, en une fraction de seconde, que j’étais seul face à une foule déchaînée alors je continuais ma route, abasourdi par cette violence. Courageux mais pas téméraire. Ou juste prudent.

   J’appris dans la matinée par le groupe Facebook de l’école que la route fut barrée toute la journée. L’entrée de la maternelle fut détournée par l’entrée principale de l’école. Un long détour.

   Heureusement, mon loulou n’a rien vu. Je ne suis pas rentré dans les détails pour lui expliquer le pourquoi du nouvel itinéraire. Quel exemple ces ados donnent-ils aux tout petits ! ? Quelle éducation ont-ils eu ? Mon grand, 17 ans, lycéen, est tellement loin de cette jeunesse… Il ne pense qu’à obtenir son BAC et faire son sport.

 

 

Vu sur mon quartier de mon balcon – © chridriss

    Après le we tourmenté que l’on sait, ce lundi matin, j’emmène mon loulou à la maternelle. Arrivé à l’angle de la rue Maison de retraite/Lycée technique/Maternelle, je constate que des poubelles ont été brûlées. Le personnel de nettoiement de la voirie est plus qu’à pied d’œuvre. L’accès à la maternelle se fait à nouveau par l’entrée principale à l’autre bout de la rue, où 5-6 voitures de police s’agglutinent. Quelle démesure ! Les incendiaires sont déjà loin ou bien cachés…

     Mon fils, lui, s’amusent de voir une balayeuse et des voitures de Police ; ne manque qu’un véhicule de pompier pour que l’excitation soit à son comble ! Tout ça n’est sûrement qu’un jeu pour lui…

    Je ne travaille pas ce jour. Dans la matinée, à l’instant où j’écris cet article, des jeunes jouent au chat et à la souris avec la police dans mon quartier.

    Je m’interroge : pourquoi cassent-ils ?

    Bien sûr, ce ne sont pas des gilets jaunes excédés au point de craquer à force de ne pas être entendus par nos gouvernants, encore moins des « ultras » droite et gauche confondus, ni même des pillards (il n’y a rien à voler). Sont-ils eux-mêmes des lycéens ? Alors ?! Est-ce juste pour se faire remarquer, se défouler ? Est-ce un signe des temps comme un miroir de la société ? Est-ce… juste tout bêtement de la connerie ?

    Je n’ai pas de réponse. En revanche, je sais que je n’aimerais pas être parent de ces enfants-là. Je prône la non-violence et je serais vraiment très mal si mes enfants s’adonnaient à ce type de comportement.

    Évidemment, on pourrait comprendre « les casseurs » voire les excuser par le fait que la réelle violence est celle exercée par les très riches sur les pauvres, par les excès et le non-sens du capitalisme et du libéralisme, par la domination et le racisme d’état des blancs sur les racisés, comme une réponse à l’oppression d’une certaine police sur ces derniers et sur les manifestants (jeunes, ouvriers, retraités, etc.), comme une réponse à l’iniquité, à l’autoritarisme étatique… On peut mélanger tout cela car il s’agit bien d’une lutte des classes commune à tous les défavorisés, à tous les exclus, à tous ceux qui sont en bas de l’échelle sociale, au bas de la pyramide.

    Mais cela légitime-t-il pour autant la violence des casseurs ? Pourquoi tant de haine ?

  La violence pour la violence ne fait qu’envenimer une situation déjà délétère. L’escalade sans fin dictée par la loi du Talion comme elle existe dans le conflit israélo-palestinien en est l’exemple le plus parlant. Oui mais… On fait quoi quand le peuple n’est pas entendu, quand la rue crie famine, quand le citoyen demande justice ?

    Manifester gentiment en chantant sur les boulevards n’apporte aucune réponse aux frustrations, aux demandes du peuple.

    Empêcher la libre circulation des individus, provoquer la faillite des commerçants de proximité, perturber les cours au lycée…ne peut qu’engendrer le mécontentement et nuire au mouvement justifié « des gilets jaunes ».

    En revanche, permettre les transports gratuits (péage, train…) satisfait tout le monde.

   Il est temps de parler de démocratie participative, de considérer que la politique ne doit plus être un métier…

   Je ne cautionne aucune violence mais je dois admettre qu’à un moment donné, la radicalité semble être la seule solution pour un changement.

    À part la révolution des œillets au Portugal, je n’ai pas connaissance qu’un mouvement pacifiste ait réussi à changer de paradigme sociétal. Ne parlez pas de Gandhi, de M.L. King ou de N. Mandela ! Certes, ils ont impulsé un autre possible mais quid 10 ans, 20 ans, 30 ans après ? L’Inde n’a jamais été aussi violente ; les noirs en Afrique ou ailleurs sont toujours dominés…

   Bref, il est bientôt l’heure que je me casse à l’école pour le retour à la maison de mon loulou…

    Chriss FV

 

                                            Le 10/12/2018 –  © chridriss

EN JAUNE ET CONTRE TOUT ! SANS MOI !?

 

     Hello ! 

   On connait tous les bérets verts, les bérets bleus… Et l’écharpe rouge du journaliste, la chemise blanche du philosophe (enfin, ce qu’ils prétendent être). Mais ça n’est pas le sujet.

   Il n’y a pas si longtemps, on a eu les bonnets rouges, et maintenant, les gilets jaunes…avec 50 nuances de jaune ! Bah, oui, ça va du jaune vif au jaune pâle… Et puis, on trouve aussi des fans de Caliméro (version Bisounours grincheux), des cocus (soyez pas aigris, de toute façon, madame ne reviendra pas), des adeptes du Pastis (la cirrhose, euh, pardon, l’apéro, c’est sacré), des supporters de foot (p…de cartons jaunes !), des lanceurs d’œufs (je ne vous explique pas pourquoi, hein), des …   

  Et ceux, qui me dérangent le plus, trop nombreux, avec la peste veste brune sous le gilet… Quant aux casseurs, en cagoule noire, ont-ils déjà construit, créé quelques choses pour l’intérêt commun ?

   Bref, c’est quoi le dress-code pour la suite ? Un slip sur la tête ? Ah ben, non, il y aurait divergences entre culotte, string, caleçon, boxer… 😂 J’imagine l’embarras des médias et des politiques avec cet accoutrement…

   Vivement la prochaine fashion week ! 😂


   Sérieusement, que l’on m’explique ces paradoxes :

  • Des personnes dépensent de l’argent qu’elles n’ont pas pour consommer du carburant qu’elles dénoncent (à juste titre) trop cher !
  • Des personnes bloquent l’accès des magasins où il n’y aura bientôt plus rien quand elles auront besoin de faire leurs courses !
  • Des personnes mettent en péril des entreprises, qui sont peut-être, directement ou pas, leur propre employeur !

   L’art de se tirer une balle dans le pied !

   C’est à peu près du niveau de ceux qui brûlent les voitures de leurs voisins, voire de leur famille, dans les cités.

   Les moutons se dévorent entre eux au lieu de s’unir contre le loup (c’est une image, je n’ai rien contre l’animal).

   De quel droit, des personnes empêchent la libre circulation de personnes qui n’ont le choix que d’aller travailler (sous peine de licenciement), que de conduire leur(s) enfant(s) à l’école, d’aller à un rdv médical… ? Il ne faut pas se tromper de cible ! Ce ne sont pas ces personnes, ni les étrangers ou prétendus tels, ni les migrants qui sont responsables de vos (nos) problèmes, ce sont les politiciens de tout bord, actuels et passés (et futurs) avec leur politique libérale.

   Continuez à bloquer le pays, le gouvernement ne réagira pas car c’est déjà – et ce sera toujours – vous et moi les perdants.

   Au lieu de se faire la guéguerre entre citoyens, il serait plus judicieux de faire la paix pour exercer une politique du citoyen pour le citoyen et ne plus en faire un métier aux revenus indécents.

   Au lieu de se faire la guéguerre entre citoyens, il serait plus judicieux de faire la paix pour demander ensemble une réelle répartition des richesses, une vraie lutte contre l’exil fiscal, une politique où l’éducation, la santé ne seraient plus une marchandise.

   Attention car dans « guéguerre », il y a guerre !  Jaune est le souffre…

   Sinon, voici un texte, posté sur Facebook publiquement, qui résume mon point de vue (je ne suis ni communiste, ni syndicaliste, je précise au cas où ; juste un père de famille, fonctionnaire hospitalier à quelques années de la retraite) :

Capture JT Giacomo FB

    Faites gaffe les gens, ne choppez pas une hépatite, on ne distinguera plus votre gilet jaune, on vous prendra pour des poussins…

    Bonne journée.

      Chriss FV

 

                                            Le 20/11/2018, © chridriss                                               

Ô BRÉSIL, MON BRÉSIL…

Hello !

   Si vous cherchez un peu dans mes différents blogs (surtout celui-là), vous verrez et comprendrez pourquoi le Brésil a laissé une empreinte indélébile dans ma vie. Je ne vais pas vous conter de nouveau l’histoire ici mais je crois que cette capture d’écran de mon texte, postée dernièrement sur Facebook et Twitter, la résume assez bien.

Capture FB -- Twitter Brésil

Néanmoins, je vous fais un p’tit topo vite fait…

  Ma rencontre avec ce pays gigantesque – géographiquement et humainement – remonte à peu près à une douzaine d’années. L’amour m’y avait conduit… Ai-je été aveuglé ? Ai-je perdu tout sens critique ? NON ! Tout ce que j’y ai vécu, vu, entendu, partagé a élevé mon âme et mon esprit. J’y ai même réalisé des rêves d’enfance… Ainsi soit-il (n’y voyez point de religion dans cet locution).

   Une seconde, une minute…peut changer une vie alors deux mois…

   Pourquoi ce pays a influencé ma destinée ? Parce que j’y ai rencontré des gens avec une vision de la vie si différente de celle des Français à œillères : une manière de bouffer la vie tout en gourmandise et enthousiasme, un art de relativiser les problèmes, un sens de la fête… Vous pourrez objecter que mes pérégrinations africaines m’ont apporté cela ; oui mais non.  C’est indescriptible. Il faut vivre ce que j’ai ressenti pour le comprendre : tout le monde n’a pas la chance de connaitre des moments de grâce au cours de son existence… J’ai eu ce privilège.

Cependant, le Brésil n’est pas le pays des Bisounours…

  Tout n’était déjà pas idyllique à cette époque : en effet, la violence, le racisme, la pauvreté…étaient déjà (historiquement) très présents. Je ne l’ai pas directement constaté car il faut dire que je ne connais physiquement ni Rio de Janeiro, ni São Paulo (là où les extrêmes sont le plus visibles). Loin du tumulte des grandes villes, j’étais dans l’état de Paraíba (plus précisément à João Pessoa) et un peu dans le Pernambouc.

   Et puis, en tant que blanc, évoluant là-bas en touriste, certes dans un milieu racisé mais relativement aisé, vous connaissez la suite… Cela étant, je n’ai pas eu l’occasion de fréquenter les propriétaires de fazenda, ni les lieux branchés, ni les peoples… Non, je côtoyais de « vrais gens » du peuple.

   Loin des clichés idéalisés, le métissage, fort répandu, ne résout aucun problème. Le football, sport national, n’est pas pratiqué à chaque coin de rue. Quant aux personnes transsexuelles, je n’en ai vu aucune…

   Bref, je pourrais écrire des pages mais à quoi bon ? Je n’ai pas à convaincre, à justifier quoi que ce soit ; je relate juste brièvement une expérience de vie personnelle. Il ne faut surtout pas généraliser mon point de vue : le Brésil n’est pas la France mais 16 fois sa superficie ; on devrait dire les brésils, avec moult particularités entre les états !

J’étais loin de penser que l’extrême droite allant prendre le pouvoir…  

   Un p’tit peu d’histoire…

   De 1964 à 1985 se succèdent une alternance de régimes militaires et dictatoriaux (contrairement à l’Argentine et au Chili, le Brésil n’a jamais jugé son passé). En 1985, Tancredo Neves, est élu – enfin – le premier président civil mais meurt avant même de prendre ses fonctions ! Étonnant, non ! ?

   En 1989, les premières élections véritablement démocratiques propulsent au pouvoir Fernando Collor de Mello. Il démissionnera après des allégations de corruption ! Déjà !

   Son remplaçant, ex-vice-président, Fernando Henrique, va assurer l’intérim et sera élu à deux reprises. Il quittera la présidence en 2002 ; il aura permis de lancer le pays vers une dynamique sociale malgré un chômage en hausse et une détérioration des services publics. Son gouvernement, en coalition avec la droite, n’offrira pas au Brésil ce que son successeur Luiz Inácio Lula da Silva, à partir de 2003, permettra : une ouverture vers le Monde et l’émergence d’une classe moyenne grâce à l’augmentation du niveau de vie. Après 2 mandats, sa « disciple » Dilma Rousseff  prendra la tête du pays. Destituée, elle sera remplacée par Michel Temer.

   La violence s’est amplifiée – elle est toujours sous-jacente – la misère s’est accentuée, le déclin de la gauche est consumé, sous prétexte de (prétendues ?) corruptions… Décidemment, c’est un phénomène récurrent ! Les classes moyennes, qui ont bien profité de la gauche de Lula, ont perdu leur pouvoir d’achat, les citoyen.ne.s en marge (noir.e.s, pauvres, autochtones, etc.), survivent toujours, les riches veulent être encore plus riches : tout est propice au changement. Quel changement !!!

          Comment ce pays a pu mettre au pouvoir l’extrême droite ?

   Jair Bolsonaro représente avant tout l’image de l’homme brésilien : machiste et sexiste, le patriarcat dans toute sa splendeur. Dans une société, où les femmes (et les LGBT) commencent, à raison, à se rebeller, il incarne le conservatisme (la majorité de la population est pour la peine de mort et contre l’avortement).

   Évidemment, il a su se saisir d’une opportunité contextuelle (crise économique, morale et sécuritaire), appuyé par le pouvoir colossal des Évangélistes et des lobbies divers (agroalimentaires, entre autres) ; le tout épaulé par une pratique ultra maitrisée des réseaux sociaux (le Brésil est hyper connecté: il s’est servi de WhatsApp pour diffuser des mensonges, intox…).

    La propagande, l’endoctrinement, le sectarisme ont encore de beaux jours…

   Et, à l’instar de l’Italie et autres, il me semble que les citoyens ont la mémoire courte, la réflexion biaisée, le nombril plus important que le cœur…

   Mais bon, la faim justifie les moyens…

Capture citation brésilienne pour blog

  Quand j’entends certains de ses partisans dirent : on s’en fout qu’il soit raciste, homophobe, machiste, sexiste… ce qui compte c’est qu’il va nous débarrasser de la corruption (de la gauche), je ne suis pas étonné in fine qu’il soit élu.

   Parallèlement, je ne peux m’empêcher de penser aux électeurs de Macron (les retraités, par exemple) … Heureusement, la France n’est pas droitisée à ce point. Enfin, pas encore.

   Le FN et consort sont des amateurs quand on voit ces exemples parmi tant d’autres de l’inhumanité de ce type…

 

        Quelques conséquences…

 

Force et courage à vous.

      Saudade

         Chriss FV

1 « Pendant que les figures politiques traditionnelles jouaient des coudes pour se frayer une place à la télévision ou dans la rue, Bolsonaro a mis au point au fil des années tout un appareil, aussi perfectionné que discret, d’attaque et de propagande sur les réseaux. Il a adopté en particulier une stratégie pyramidale de diffusion, avec quelque 300 000 groupes WhatsApp animés par des militants régionaux et municipaux, mais aussi étrangers […] Les milieux d’affaires ont financé, à hauteur de quelque 12 millions de reais [2,8 millions d’euros], une grande campagne d’envois sur WhatsApp de centaines de millions de messages anti-PT [une pratique illégale car considérée comme du financement électoral déguisé]. Bolsonaro a transformé les électeurs en propagandistes : les victimes sont devenues des bourreaux ».

Souces : https://www.courrierinternational.com/article/seul-le-bresil-pouvait-accoucher-dun-bolsonaro utm_medium=Social&utm_source=Facebook&Echobox=1541177705&fbclid=IwAR2CeRU5pBJmSdOfH8VNmTzEPCqL-K2SwXucKREtM7Qims9v8ZNei5-afu0

 

Le 03/11/2018 – © chridriss