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Covid’ de sens ?!

 Le 18 mars 2020, je publiais un article de prévention sur le Coronavirus Covid-19 sur mon site de défume. C’était mon devoir de soignant impliqué dans la santé publique. Je l’ai partagé sur différents supports et ça, c’était un acte civique citoyen. Normal !

Étant assez effrayé par cette pandémie, j’ai pratiqué moi-même, les « gestes barrières » avec assiduité voire excès de zèle. Évidemment, je le faisais pour mes patients en psy, mes collègues mais aussi pour ma famille. Normal !

Une semaine plus tard, je disparaissais des réseaux sociaux… Pas normal !

Et bim !

Vous savez pourquoi ? Vous savez quoi ? Personne n’est à l’abri de choper ce virus ! Personne ! Moi, non-plus ! Je n’ai même pas pu remercier le gentil donateur… On n’a pas eu l’honneur d’être présenté ! 😉   

Oui, le 24, j’étais fébrile et le 25 mars, j’ai été testé…aux Urgences (converties en Centre de dépistage) de l’hôpital où je bosse ! Le 26 au soir, on m’appelle : positif au Covid-19 ! Surpris mais pas vraiment. Mais bon, un bon coup de massue derrière la tête quand même… Cela dit, pendant les 2 jours suivants, plus de symptôme donc je me suis dit si c’est « juste ça », c’est peanuts ! Allez hop, on passe à autre chose…

Oui mais non, j’ai été malade, bien malade… Bon, j’ai surtout eu de la fièvre, de la fièvre…et de la fièvre (jusqu’à presque 40° !). Et quelques autres sympathiques désagréments… Perte de l’appétit : je confirme, le régime « Comme jeûne », ça marche ! (- 6kg), sûrement en lien avec une perte du goût et de l’odorat (heureusement réversible). C’est assez curieux de sentir des odeurs normalement, puis telles celles qui vous rappellent l’enfance – vous savez comme un vague souvenir lointain – elles s’évaporent comme elles sont venues. Ensuite, plus rien ! Quant au goût, c’était plus radical : du tout au rien ! Imaginez, grand buveur de café, je n’en ai pas bu une seule goutte pendant 3 jours ! Quel intérêt de boire de l’eau chaude ? 😉

Je suis privilégié : ça n’a duré que quelques jours cette perte totale. Un mal pour un bien : il faut perdre pour gagner, pour se rendre compte de ce qui est inestimable. Croyez-moi, dorénavant, je mesure davantage le plaisir de manger. Mon café est encore plus exceptionnel ! Je savoure pleinement la nourriture terrestre…  La qualité est la priorité ; la quantité doit être modérée : user mais ne pas abuser…

Il y a presque autant de formes de la maladie qu’il y a de malades. Certes, on trouve des symptômes typiques tel la fièvre et la toux, mais ce virus se manifeste (ou pas : patients asymptomatiques) de nombreuses autres manières (digestives, cutanées…). D’après certaines recherches, ce virus ciblerait d’abord le système neurologique (j’adhère assez à cette approche). Une chose est sûre : on ne choisit pas ; on subit. On prend ce qui vient.

La vie est une dure lutte…

Dans cet incident de parcours, j’avais un seul désavantage : un surpoids (que j’avais commencé à réduire) mais pas d’autres comorbidités. Cela me laissait une bonne marge d’espoir, d’autant plus que j’avais un atout de taille : plus de clope depuis 14 mois et surtout, a priori, exempté de conséquence de mon tabagisme passé (pas de bronchite chronique, pas de BPCO, pas d’emphysème, etc.). Bien qu’il semblerait que fumer aurait une incidence positive sur ce virus, il est clair que si vos poumons sont malades, vous êtes plus susceptibles d’être gravement touché en cas de Covid. D’ailleurs, dernièrement, on a pu être informé du fait que la nicotine – et non la fumée – aurait un effet « protecteur ». Ou pas ! Nonobstant, je suis convaincu que vapoter m’a aidé à ne pas avoir de problème pulmonaire. Et je suis loin d’être le seul à être interpellé par cela ! Lire le point sur cette hypothèse.

D’autre part, la génétique a peut-être eu un rôle favorable : mon grand-père maternel est encore de ce monde à bientôt 99 ans (début juin). Certes, il a d’intégré un E.H.P.A.D récemment et n’est plus trop en forme physiquement mais il vient encore de survivre à une énième infection pulmonaire (lui n’a jamais fumé). C’est possible que j’aie hérité en partie de sa constitution et que ça m’ait aidé. En tout cas, psychologiquement, ça me fait du bien de le penser.

Dans cette mésaventure, j’ai eu la chance d’avoir une collègue1 avec des connaissances pointues dans les médecines dites alternatives (notamment l’aromathérapie). Dès le début, j’ai donc fait des massages d’huiles essentielles (Tea Tree, Ravintsara, Lavande vraie) au niveau de la gorge, des poumons et dans le bas du dos ; elle m’a aussi conseillé de prendre de la vitamine C (j’ai pris 3 gr/jour) et du zinc. Évidemment, ce « traitement » n’empêche pas d’être contaminé par le virus mais ça aide à « booster » les défenses immunitaires. Autre considération : je n’ai pas lutté contre la fièvre ; j’ai laissé le mécanisme de défense faire son job. Bon, à plus de 39°5, je prenais quand même un gramme de Paracétamol. Ce n’est pas un traitement miracle mais je pense que ça m’a fait du bien. Je continue d’ailleurs à suivre cette « méthode ». Chacun peut s’en inspirer mais attention aux HE, il y a des précautions à prendre !

La peur n’évite pas le danger !

Le plus étonnant et le plus déstabilisant, pour moi, c’était cet état de flottement permanent pendant les 6 jours de fièvre en continue, une sensation étrange, innommable, indéfinissable. J’étais abasourdi ; je n’avais plus les repères habituels liés à une fièvre classique, aux courbatures… Une grippe mais pas du tout une grippe ! Encore moins une grippette ! Ô que non !

Pendant cet épisode, j’ai eu quelques chutes de tension et des vertiges. Je restais couché et faire quelques pas pour aller aux WC devenait un défi : c’était tout à la fois, Koh Lanta, la traversée de la forêt amazonienne, la Route du Rhum… L‘angoisse d’une possible détresse respiratoire accompagnait l’insomnie de mes nuits… Je me voyais en réanimation, branché, intubé : je n’ose imaginer le stress absolu des personnes qui y sont allées. Quant à celles qui en sont ressorties…dans un sac ! 😥

Du coup, j’ai eu la peur de ma vie : la peur de mourir ! Une vraie peur que je n’aie jamais ressentie dans d’autres circonstances périlleuses (accidents de moto, conduites à risque de ma jeunesse, etc.). Cette fois, j’ai aperçu le champ d’un possible où je ne voulais pas m’allonger… Le « Dormeur du Val », non-merci ! Ce ne pouvait être l’heure de partir, j’avais tant encore à faire, à voir, à entendre, à lire, à écrire…à aimer, à vivre !

Je vous invite à lire ce témoignage de Charlélie Couture, dans lequel je me suis assez reconnu. Je me réjouis qu’il en soit sorti mais je suis triste que Manu Dibango soit parti… Et tant d’autres, personnalités et anonymes… Quelle injustice !

Je ressens parfois le syndrôme de l’imposteur : pourquoi ai-je survécu alors que tant d’autres personnes sont décédées ? N’aimaient-elles pas la vie autant que moi ?! Et puis, je suis soignant mais en arrêt de travail, je suis inutile ; je faillis à ma mission… Quand je constate le travail de mes collègues en réanimation (dont je n’ai aucune de leurs compétences), je me sens petit, si petit…

Garder le silence…

D’autre part, j’ai « menti » pour préserver ma mère, ma sœur, mon fils ainé (ce n’est qu’après une douzaine de jours, en allant mieux, que je les ai informé). Je ne voulais pas qu’ils soient tourmentés. Un vrai cas de conscience. Je ne sais pas si c’était le bon choix mais je crois qu’ils ont compris que c’était pour leur bien.

Par mon silence, j’ai menti, aussi à vous, ami.e.s lectrices, lecteurs.

J’ai préféré n’embêter personne avec mon histoire et attendre d’être sur la voie de la guérison pour communiquer sur cette expérience. Je devais m’en sortir et dire qu’il ne faut pas sombrer dans le catastrophisme, dans la « psychose », dire que la majorité des cas ne sont pas fatals ; je devais attendre pour envoyer un message positif, optimiste. Il me fallait un dénouement heureux, pas un journal morbide !

Je ne voulais – et d’ailleurs, je n’étais pas en état – écrire sur ce que je vivais ; je n’aurais pas su apprécier les encouragements de circonstance et encore moins supporter les apitoiements.

Cet événement m’a permis de constater que, in fine, mon absence du web est passée inaperçue pour la majeure partie de mes contacts. Dois-je en déduire que je ne compte pour quasi personne ? Dois-je reprendre les interactions, commenter, liker… ? À quoi ça sert tout ça ? Publier cet article a-t-il un quelconque intérêt ?

Je dois avouer que je n’ai guère pris de nouvelles d’autrui, mais à ma décharge, comme je ne voulais pas en donner des miennes, ce silence m’a permis de ne pas ajouter du mensonge au mensonge.   

Cela dit, je sais aussi que d’aucuns ne se sont pas manifestés, animés par la pudeur qui est aussi mienne, mais que j’étais dans leurs pensées. Je les remercie chaleureusement.

Et j’ai conscience que d’autres personnes dans la confidence ont fait preuve d’une humanité, qui restera gravée à jamais dans ma mémoire. Ils et elle se reconnaitront.

Et bam !

Dieu merci, je n’ai pas eu besoin d’être hospitalisé notamment à cause de dyspnées. Oui, vous avez bien lu ; moi, celui qui est fâché avec les religions, j’ai cité Dieu. Certes, j’ai depuis longtemps fait un distinguo entre Dieu et la religiosité. Mais j’ai toujours cru qu’une entité supérieure chapeautait l’humanité. La beauté de la nature, par exemple, ne peut pas n’être que le fruit du hasard.

Bref, quand on se retrouve dans certaines situations critiques, Dieu se rappelle à nous ou on se rappelle à lui. Que l’on soit croyant ou pas, rares sont les personnes qui restent indifférentes. En tout cas, je ne suis pas devenu un dévot mais mon rapport à Dieu s’est renforcé. Des ami.e.s catholiques et musulmans ont prié pour moi : ça m’a aussi beaucoup aidé, j’en suis intimement convaincu. Je ne les remercierais jamais assez.

En tout cas, cette « expérience » m’a permis de réfléchir sur le sens de la vie. J’étais déjà dans une démarche spirituelle, à la suite d’une mise au point sur mon existence. Maintenant, je sais que j’avais choisi la bonne voie et surtout j’ai des réponses qui me confortent dans ce choix.

Et boum !

Quant à 20h, tous les soirs, j’entends les applaudissements de mes voisins, je ressens un mélange de sentiments contradictoires : je vous dis merci intérieurement mais je ne peux m’empêcher de penser « où étiez-vous lors des manifestations de défense de l’hôpital ? Où serez-vous après cette pandémie ? ». Les soignants ne sont pas des héros ; ils sont juste des travailleurs, qui veulent un réel outil de travail, avec des moyens financiers pour l’exercer et vivre décemment. Ce texte d’un blogueur Médiapart, Théo Portais, résume assez bien ma pensée. Il est curieux (ou pas) de constater que les métiers indispensables sont les moins considérés et les plus mal payés ! Un grand merci à toutes les personnes exposées mais aussi aux travailleurs de l’ombre.

Bien sûr que les élans de générosité, de solidarité, font chaud au cœur mais qu’en restera-t-il après ? Peut-on espérer que l’humain se soit réveillé de sa léthargie consumériste ? Va-t-il continuer à privilégier le commerce local, l’artisanal ? Va-t-il faire perdurer le lien intergénérationnel ?  Va-t-il plébisciter l’éveil des consciences ?

Et badaboum !

Il y a eu un avant ; on est encore dans le pendant et il y aura un après (on en est loin). En tout cas, ce n’est pas le 11 mai que le virus nous laissera tranquille…

Mais quand on sera déconfiné, libre de vaquer, sonnera l’heure des règlements de compte. Et je suppute qu’ils seront violents ! Les manifs des Gilets jaunes ne seront qu’un souvenir light du mécontentement d’avant la pandémie. Qui pourra oublier la pénurie de masques et autres matériels/matériaux indisponibles ? Qui pourra pardonner les mensonges, les promesses non tenues, des politiques ? Peu importe vos idées politiques, je vous invite à visionner cette vidéo.

Quelle hécatombe parmi nos anciens ! Quelle honte dans leur prise en charge avant, pendant et…une fois décédé !

Quel sera l’état d’esprit de ceux qui n’ont pas respecté le confinement et les précautions ? Ont-ils eu à un moment donné pris la mesure de leur stupidité ? Rappel sur le confinement 

Face au sacrifice de soignants, de travailleurs, de bénévoles divers et variés, comment pourra-t-on les remercier ? Une pétition pour un « Prix Nobel de médecine des personnels soignants », à suivre même s’il y a peu d’espoir qu’elle aboutisse.

Covid’ de sens ?!

Et voilà !

Je crois que j’ai fait le tour de mon Covid-19. Depuis les premiers symptômes, il s’est écoulé 22 jours. Suis-je rétabli ? Non, pas complètement mais, bien que possible contaminant, je vis à peu près normalement. Certes, je n’ai pas totalement retrouvé l’odorat et le goût me joue des tours. Par ailleurs, j’ai toujours cette sensation – bien moindre – mais permanente d’être dans un « certain flou » pas du tout artistique, une « lourdeur » légère persistante dans la tête, un peu comme un mélange de l’effet de la codéine avec un mal de tête résiduel. Bref, un truc inexplicable assez subtil. J’ai un autre symptôme moins connu mais reconnu : des engelures sur le dessus des mains et des démangeaisons sur tout le corps. La fatigue a laissé la place à un manque d’énergie. J’ai la tension bien plus basse qu’habituellement mais ça va. La goute au nez alterne avec le nez bouché et la toux s’exprime de temps en temps… Bref, pas de quoi se plaindre !

A priori, j’ai franchi le cap des possibles complications graves. Il faut à peu près 1 mois pour être guéri. Si tant est qu’on le soit un jour… Normalement, je suis immunisé (quoiqu’il y ait des cas de rechute…).

Je ne vais pas prolonger mon arrêt de travail (fini le 13) parce que j’aurais le sentiment d’abuser, de ne pas respecter mes collègues soignants au plus proche du Covid. Et puis, j’ai des congés, posés antérieurement, qui ont été maintenus par ma hiérarchie ; je reprends donc le travail le 21 avril (si la Médecine du travail me déclare apte).

Déjà ce jeudi après-midi, jour d’après la publication de cet article, je vais sortir après 3 semaines de confinement strict chez moi – bon j’ai la chance d’avoir un balcon – mais ça va être un truc de dingue…d’aller faire des courses !

Vous avez remarqué que je n’ai pas insulté le virus, que je ne parle pas en mal de lui ? Pourquoi ? Parce que je ne tuerais pas un chien en prétextant qu’il a la rage. Parce que ce morceau d’ARN est une conséquence du non-respect de l’homme envers le vivant animal, envers la nature, envers son homologue. Parce que je pense que l’on peut tirer beaucoup de leçons positives de cette épreuve.

Ce récit n’a qu’une vocation informative, un retour d’expérience. Mon cas n’est représentatif que de mon vécu : chacun son Covid. J’ai la chance d’avoir pu écrire ce texte et le partager. Je suis si heureux d’être vivant.

Je vous souhaite le meilleur. Protégez-vous. Aimez-vous et dites-le à ceux qui vous sont chers. La vie est belle.

Chriss Brl


1 Cette collègue a écrit un article sur le tabac et l’hypnose sur le site je-defume.info.


EDIT :

Mon texte a été édité ce dimanche car je me suis aperçu que j’ai doublé une partie en zappant le contenu de « Et bam ! ».
Je n’étais pas encore très frais quand j’ai publié cet article. 😉  

Tempus fugit

Pris par diverses activités, entre autres, mon site de défume, je n’ai pas vu passer l’année. D’ailleurs, j’ai l’impression qu’à partir de la cinquantaine, tout s’accélère… Heureusement, on a plus de temps libre quand on ne fume plus ! Libre pour faire autre chose que travailler ou travailler plus (quand on aime…). Libre pour être encore plus occupé. 😉 J’ai besoin d’être actif voire hyperactif… D’ailleurs, je sais que, si ma santé le permet, je serais un retraité débordé. De toute façon, soit on reste bien vivant avec une retraite active, soit c’est la dépression avec sa cohorte de maux nous précipitant dans la tombe avant l’heure… Le deal ne supporte aucun doute pour moi.

Bref, je n’ai pas écrit grand chose ici depuis l’incendie de Notre-Dame. Le pays s’est aussi embrasé cette année… Le peuple se consume ; renaitra-t-il de ses cendres ?

Attisé par un vent nouveau…

Début 2019, le mouvement des Gilets jaunes a pris de l’ampleur ; le noir anarcho-gauchiste-extrême-droitiste des black blocks promettait le chaos : oui, c’était évident, le gouvernement allait être renversé !

Ou pas ! De samedi en samedi, d’œil en œil perdu, les Gourmands de Justice, stigmatisés par les merdias, ont essuyé les foudres de la gouvernance et de ses Cerbères Repus de Sévices.

Nous approchons de la fin de l’année et peu de choses ont changé…en mieux ; bien au contraire, la rue est toujours jaune mais rejointe par le rouge syndicaliste ; les LBD et autres instruments du pouvoir continuent de malmener – c’est un euphémisme – avec assiduité, les manifestants. Tant de violences ! Il aurait été pourtant si simple, si judicieux que les policiers se rangent du côté de ceux qui dénoncent les injustices… Mais les Fans De l’Outrage sont tellement bien formatés, conditionnés qu’ils ne se rendent même pas compte qu’eux aussi sont victimes du système. Jusqu’à quand le chantage de leur hiérarchie va-t-il fonctionner ? Bah, jusqu’à ce que leur régime de retraite spécial garde sa spécificité. C’est chose faite. Circulez, y’a rien à voir… Univers-sale ?!

Voilà, ils ont échappé à ça. Mais les autres citoyens…

En marche !?

De nouveaux marcheurs ont fait leur apparition avec les transports en commun à l’arrêt. Tout le monde est « en marche », pas avec mais contre Emmanuel Macron. Étonnant, ce parti politique qui reprend les initiales du président !

Personne ne veut perdre ses acquis sociaux et c’est bien normal. Pourquoi jalouser les employés soi-disant privilégiés ? Au contraire, tout le monde devrait aspirer à avoir une assiette bien pleine. Le nivellement par le bas ne peut conduire qu’à la précarité généralisée. Comment peut-on être d’accord avec un système de retraite calqué sur le modèle américain dont on voit les désastreuses conséquences ? Plus de 200000 personnes de plus de 85 ans sont contraintes de retravailler faute d’une pension de retraite suffisante pour vivre. Pourquoi obliger les ainés à travailler plus longtemps alors qu’il y a tant de jeunes au chômage ? C’est absurde !

La France s’enlise peu à peu dans un blocage économique. Les dépôts de bilan titillent les petits commerçants.  Noël 2019 sonnera la victoire du peuple ou ne sera plus comme avant.

La fin des temps ?

Et quand bien même, le système de retraite serait préservé…

Le modèle économique, basé sur la croissance exponentielle, laisse voir un pillage des richesses de notre planète. La nature nous le rend bien. Nous avons construit des habitations et des commerces n’importe où, n’importe comment : inondations ! Les glaciers fondent, le permafrost est en mutation… Pas grave, ça ouvre de nouvelles voies pour le transport de notre consommation effrénée…

La pollution ? Pas grave, nous avons la parade de la fée électricité. Le nucléaire, c’est propre à court terme mais quand le parc est composé de centrales vétustes, obsolètes, que les déchets radioactifs s’entassent ça et là, on fait quoi ? Rien ! Que se passera-t-il quand on ne pourra plus produire de batterie car les terres rares seront épuisées ? Le vrai problème réside dans l’énergie. Même renouvelable, elle pollue, détruit l’écosystème. Il en est de même pour l’agriculture et l’élevage intensifs. Imaginons un monde sans énergie…

Un espoir ?!

Je regardais récemment un reportage à la tv sur l’Aveyron. J’ai été enthousiaste à l’idée de constater que c’est bien au niveau de l’individu quand il œuvre pour le collectif qu’un autre monde est possible. Quel plaisir de voir cet agriculteur bio, initiateur d’un café participatif, s’impliquer dans le vivre-ensemble (je n’aime pas cette expression mais elle est pratique) ! Oui, l’avenir est prometteur quand « le peuple d’en bas » prend les commandes de sa (la) vie sans rien attendre des politiciens, des économistes croissants, des marchands de mort… Quand on favorise le local, tout en étant ouvert au monde ; quand on privilégie le respect de la nature, quand on s’appuie sur les connaissances de nos aïeux, qui ne consommaient que ce qu’ils étaient capables de produire, quand on choisit le progrès sans ses vices…, on peut retrouver l’espoir et avoir une vie digne et heureuse.

D’ailleurs, c’est sur cette note positive que je vais vous souhaiter le meilleur pour votre 2020.

Chriss Brl

NOTRE DRAME ! ?

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© chridriss – 15/04/2019

 

    Bonjour à toutes et tous,

   Je travaille on ne peut plus près de Notre-Dame, et ce lundi 15 avril 2019, j’étais aux premières loges pour constater avec stupéfaction l’incendie de la cathédrale (photo ci-dessus).

   Pourquoi viens-je vous parler de cela ? Je ne sais pas vraiment…

   Je reconnais et je comprends que c’est un événement considérable, par sa symbolique religieuse, économique (une vitrine de la France avec 13 millions de visiteurs / an), historique (unité nationale et outil du pouvoir) et patrimoniale.

  Et je ne suis pas insensible (j’ai un cœur !) et je suis passionné par l’architecture, les arts…

  Pourtant,  je pourrais être indifférent à cet événement car :

  • Il n’y a pas eu de victime humaine,
  • Je ne suis pas en osmose avec la religion catholique (ni les autres d’ailleurs !),
  • Je suis conscient de l’impermanence des choses et j’en prône le détachement,
  • J’ai appris à prendre de la distance, à relativiser…

   Et puis, le traitement médiatique, le business de l’ émotion, la récupération politique, les polémiques inter-minables, les théories complotistes vont encore m’exaspérer au plus haut point…

    Voici un excellent résumé :

Capture réflexion Philippe Battaglia

 

  Néanmoins, je peux me poser quelques questions :

  • Pourquoi la cathédrale a-t-elle été spécifiquement fermée de manière exceptionnelle plus tôt ce jour-là ? Pourquoi l’alarme a sonné mais n’a pas inquiété ?
  • Pourquoi le gouvernement a-t-il été si prompt à déclarer – telle une conclusion définitive – que cet incendie est accidentel ? Pourquoi un tel empressement à reconstruire ? (J.O. dans 5 ans !)
  • Pourquoi n’ai-je pas senti l’odeur typique du bois brûlé et suffoqué avec tant de fumée ?

  Bref, au-delà des doutes légitimes, des innombrables fakes news, des irrévérences envers cette référence absolue du christianisme et de l’aura emblématique de la France, des débats inutiles, de l’interventionnisme présidentiel, ce qui me choque profondément, c’est le paradoxe entre les sommes d’argent faramineuse promises par des donateurs fortunées (ou pas) pour reconstruire ce monument et l’indifférence, le mépris au quotidien de ces mêmes personnes envers la misère humaine.

 

Capture tweet sdt Franprix

 

Le symbole a plus de valeur que l’humain.

 

Emotion collective

 

   En effet, on parle quasi d’un milliard d’euros ! Imaginons ce que l’on pourrait faire avec cet argent quant au logement social, à l’aide aux plus démunis… Oui mais ça n’a rien à voir me direz-vous. Ce n’est pas mon point de vue. On pourrait financer à la fois le patrimoine ET sauver l’humain, non ?

 

Capture V. HUgo remercie..

 

    Le comble, c’est que tout est fait pour défiscaliser au maximum ces dons c’est-à-dire que c’est « tout bénef » pour les riches ; c’est encore de « l’optimisation fiscale » donc de l’argent (sale ?) qui ne profitera pas à la collectivité. En fait, c’est comme si de facto sans notre consentement, nous financions tous avec nos impôts la reconstruction de cet édifice ! Je considère donc que j’ai déjà contribué.

 

Capture canadair paradis fiscaux

 

    Comment ne pas être scandalisé ?

    N’est-ce pas encore jeter de l’huile sur le feu – si je puis dire – de l’injustice sociale, relayée, entre autres, par les gilets jaunes ? Le gouvernement continue malgré tout sa politique d’austérité :  diminuer drastiquement le pouvoir d’achat, pénaliser le citoyen lambda et rogner les subventions accordées aux associations d’aide aux précaires, aux sans-abris…

   De nombreuses municipalités font des dons (la Mairie de Paris a débloqué 50 millions !) alors qu’elles prétendent être exsangues quand il est question d’agir contre la pauvreté, le handicap, etc.

  Il a fallu une polémique utile pour que la famille Pinault daigne renoncer à la réduction d’impôt sur son don ; ces ultras capitalistes n’exploitent personne ? Se sont-ils enrichis honnêtement ? Un champion du monde de l’évasion fiscale (on parle de 2.5 milliards d’euros !) qui va passer pour un héros !

  Et le Vatican ? À part commenter ?

  Savez-vous que l’état est son propre assureur des établissements religieux dont il est le propriétaire ? Là, encore, ce sont nos impôts…

  Le patrimoine français, dans l’ensemble, serait mal entretenu (quand il n’est pas laissé à l’abandon), mal sécurisé ; il n’y a pas (assez) d’argent pour préserver l’Histoire. Cet incendie de Notre-Dame aura au moins servi à s’en apercevoir…

 Reconstruire, oui mais pas n’importe quoi et n’importe comment ! J’ai pourtant l’impression que ça part dans tous sens…

  Pourquoi n’y a-t-il pas d’argent ni pour les pauvres, ni pour sauver la planète ?

 

Capture ours banquise ND

 

     Bien sûr, on peut être ému par cet incendie… Mais gardons raison et relativisons. Quid des simples citoyens qui ont perdu leurs enfants quand leur maison a brûlé ?

    Bien sûr, on peut se réjouir de voir un peuple uni, soudée, solidaire, dans le partage… Une fois passé l’émotion de l’immédiat, de l’instantanéité, que restera-t-il ?

   Permettez-moi de citer une phrase, tirée d’un tweet de Sabrina Ali Benali ; « Puissent les flammes de l’histoire ne pas laisser se consumer celles des hommes… ».

   Bonne journée.

   Chriss BRL

 

Le 18/04/2019 – © chridriss

IM-MONDE !

     Hello,

    Je viens de visionner cette vidéo. Je la poste ici car il me semble qu’elle résume bien le monde dans lequel nous vivons. Enfin, je veux dire le côté immonde de ce monde !

    Ne la regardez pas si vous êtes émotionnellement fragile, si la dépression vous guette, si vous êtes déjà au bord du suicide… Vous risqueriez pour le moins de vomir, d’avoir une crise d’angoisse majeure ou pire, de commettre l’irréparable !

 

 

    Heureusement, je vous rassure : la vie est belle !

    Tout n’est pas perdu ! Beaucoup d’êtres humains œuvrent à un monde meilleur !

    Restons positif et optimiste !

    Chriss BRL

 

 

Le 10/04/2019 – © chridriss

 

 

 

 

HOMMAGE À MARIELLE FRANCO.

    Bonjour à toutes et tous !

    En ce début d’année 2019, alors que Jair Bolsonaro a pris récemment ses fonctions de Président du Brésil, j’aimerai avoir une pensée en mémoire de Marielle Franco, lâchement assassinée par la police brésilienne, en raison de son militantisme pour les droits des femmes, des noir.e.s, des lesbiennes, des pauvres… (tout est toujours plus ou moins lié).

Parce que sa lutte est loin, très loin d’être finie,

Parce qu’en tant qu’homme, blanc, hétéro…, il est plus que temps d’avoir enfin conscience de nos privilèges,

Parce que l’on peut agir même si l’on n’est pas directement concerné.e.s (par exemple, à commencer simplement par dénoncer ce crime),

Parce que l’on doit tous œuvrer à l’équité,

Parce que je soutiens les causes où il est questions d’injustices, de non-respect des droits humains,

Parce que le Brésil est mon pays de cœur…

   Saudade

   Chriss BRL

 

 

 

Le 15/03/2019 – © chridriss

HOMMAGE À CLARISSA JEAN-PHILIPPE.

    Bonjour à toutes et tous !

    Je n’ai pas pour habitude de participer aux commémorations (c’est glauque et je ne vois pas où est l’intérêt : pas besoin de cela pour ne pas oublier), ni d’encenser la police (surtout avec les violences actuelles). Cependant, j’ai envie et besoin de faire une exception.

   Peut-être parce que parfois, il est nécessaire et intelligent de déroger à « mes grands principes » anticonformistes et donc par là-même, présentement, je rends hommage à toutes les victimes – sans exception – d’attentat ici et ailleurs.

  Peut-être aussi parce que je me dois de vous montrer que la compréhension et la tolérance, que j’attends d’autrui, est aussi mienne ; ce qui n’est pas antinomique avec le fait de condamner fermement les actes des assassins terroristes.

   Bref, je passe tous les jours sur l’avenue Pierre Brossolette où Clarissa Jean-Philippe a trouvé la mort. Ce jour-là, d’ailleurs, j’ai emprunté cette route 2 heures avant le drame…

   Il est curieux de constater que les deux lieux de commémoration, en face-à-face de part et d’autre de la D905 séparant Montrouge de Malakoff, sont toute l’année si différents : côté Montrouge, c’est un simple poteau avec une plaque très solennelle, dépourvu de fleurs (sauf le jour des commémorations et les jours suivants) et autres symboles alors que côté Malakoff, c’est fleuri et garni de diverses marques d’affections et de souvenirs (portrait de l’artiste de rue C215…). C’est sûrement dû à la configuration des lieux. Pas la peine d’y voir une quelconque querelle de commune et encore moins une théorie du complot : je fais juste un constat !

 

Repose en paix.

   Chriss

 

Le 08/01/2019 – © chridriss

CASS’HEURTS…

    Vendredi matin (7 décembre), j’ai emmené mon loulou à la maternelle : on traverse tranquillement la « Résidence des Poètes » – enfin, la cité H.L.M. où nous habitons – et nous voilà dans la rue où se trouve l’entrée des petits de son école publique élémentaire. C’est comme ça quasi tous les jours. Pouvoir accompagner son enfant à l’école, ce n’est jamais une contrainte même si c’est parfois compliqué (horaires de travail, distance…), ça doit être simplement un bon moment de vie partagé.

    Mais cette fois-ci, ce n’était pas un jour comme les autres…

    En effet, en sortant de la maternelle, alors que je m’apprêtais à faire le chemin inverse afin de récupérer ma voiture, garée en bas de mon immeuble, pour aller au travail, quelle ne fut pas ma surprise de tomber nez à nez avec une bande d’une trentaine de jeunes, tout de noir vêtu, encagoulés pour la plupart ! Ils poussaient des bacs à ordures, notamment ceux de la maison de retraite sise juste de l’autre côté de la rue, et commençaient à envoyer tout ce qui leur tombaient sous la main en direction du lycée technique en face !

    Je ne pus m’empêcher de penser « Quelle bande de cons ! C’est complètement stupide le vandalisme, d’autant plus que le lycée a été entièrement rénové, il y a peu ». J’ai même failli les interpeller pour leur demander à quoi cela leur servait de faire ça. Au moment où j’allais m’adresser à l’un d’eux, j’entendis un « Caillassez ! caillassez ! » ; je pris conscience, en une fraction de seconde, que j’étais seul face à une foule déchaînée alors je continuais ma route, abasourdi par cette violence. Courageux mais pas téméraire. Ou juste prudent.

   J’appris dans la matinée par le groupe Facebook de l’école que la route fut barrée toute la journée. L’entrée de la maternelle fut détournée par l’entrée principale de l’école. Un long détour.

   Heureusement, mon loulou n’a rien vu. Je ne suis pas rentré dans les détails pour lui expliquer le pourquoi du nouvel itinéraire. Quel exemple ces ados donnent-ils aux tout petits ! ? Quelle éducation ont-ils eu ? Mon grand, 17 ans, lycéen, est tellement loin de cette jeunesse… Il ne pense qu’à obtenir son BAC et faire son sport.

 

 

Vu sur mon quartier de mon balcon – © chridriss

    Après le we tourmenté que l’on sait, ce lundi matin, j’emmène mon loulou à la maternelle. Arrivé à l’angle de la rue Maison de retraite/Lycée technique/Maternelle, je constate que des poubelles ont été brûlées. Le personnel de nettoiement de la voirie est plus qu’à pied d’œuvre. L’accès à la maternelle se fait à nouveau par l’entrée principale à l’autre bout de la rue, où 5-6 voitures de police s’agglutinent. Quelle démesure ! Les incendiaires sont déjà loin ou bien cachés…

     Mon fils, lui, s’amusent de voir une balayeuse et des voitures de Police ; ne manque qu’un véhicule de pompier pour que l’excitation soit à son comble ! Tout ça n’est sûrement qu’un jeu pour lui…

    Je ne travaille pas ce jour. Dans la matinée, à l’instant où j’écris cet article, des jeunes jouent au chat et à la souris avec la police dans mon quartier.

    Je m’interroge : pourquoi cassent-ils ?

    Bien sûr, ce ne sont pas des gilets jaunes excédés au point de craquer à force de ne pas être entendus par nos gouvernants, encore moins des « ultras » droite et gauche confondus, ni même des pillards (il n’y a rien à voler). Sont-ils eux-mêmes des lycéens ? Alors ?! Est-ce juste pour se faire remarquer, se défouler ? Est-ce un signe des temps comme un miroir de la société ? Est-ce… juste tout bêtement de la connerie ?

    Je n’ai pas de réponse. En revanche, je sais que je n’aimerais pas être parent de ces enfants-là. Je prône la non-violence et je serais vraiment très mal si mes enfants s’adonnaient à ce type de comportement.

    Évidemment, on pourrait comprendre « les casseurs » voire les excuser par le fait que la réelle violence est celle exercée par les très riches sur les pauvres, par les excès et le non-sens du capitalisme et du libéralisme, par la domination et le racisme d’état des blancs sur les racisés, comme une réponse à l’oppression d’une certaine police sur ces derniers et sur les manifestants (jeunes, ouvriers, retraités, etc.), comme une réponse à l’iniquité, à l’autoritarisme étatique… On peut mélanger tout cela car il s’agit bien d’une lutte des classes commune à tous les défavorisés, à tous les exclus, à tous ceux qui sont en bas de l’échelle sociale, au bas de la pyramide.

    Mais cela légitime-t-il pour autant la violence des casseurs ? Pourquoi tant de haine ?

  La violence pour la violence ne fait qu’envenimer une situation déjà délétère. L’escalade sans fin dictée par la loi du Talion comme elle existe dans le conflit israélo-palestinien en est l’exemple le plus parlant. Oui mais… On fait quoi quand le peuple n’est pas entendu, quand la rue crie famine, quand le citoyen demande justice ?

    Manifester gentiment en chantant sur les boulevards n’apporte aucune réponse aux frustrations, aux demandes du peuple.

    Empêcher la libre circulation des individus, provoquer la faillite des commerçants de proximité, perturber les cours au lycée…ne peut qu’engendrer le mécontentement et nuire au mouvement justifié « des gilets jaunes ».

    En revanche, permettre les transports gratuits (péage, train…) satisfait tout le monde.

   Il est temps de parler de démocratie participative, de considérer que la politique ne doit plus être un métier…

   Je ne cautionne aucune violence mais je dois admettre qu’à un moment donné, la radicalité semble être la seule solution pour un changement.

    À part la révolution des œillets au Portugal, je n’ai pas connaissance qu’un mouvement pacifiste ait réussi à changer de paradigme sociétal. Ne parlez pas de Gandhi, de M.L. King ou de N. Mandela ! Certes, ils ont impulsé un autre possible mais quid 10 ans, 20 ans, 30 ans après ? L’Inde n’a jamais été aussi violente ; les noirs en Afrique ou ailleurs sont toujours dominés…

   Bref, il est bientôt l’heure que je me casse à l’école pour le retour à la maison de mon loulou…

    Chriss FV

 

                                            Le 10/12/2018 –  © chridriss