CASS’HEURTS…

    Vendredi matin (7 décembre), j’ai emmené mon loulou à la maternelle : on traverse tranquillement la « Résidence des Poètes » – enfin, la cité H.L.M. où nous habitons – et nous voilà dans la rue où se trouve l’entrée des petits de son école publique élémentaire. C’est comme ça quasi tous les jours. Pouvoir accompagner son enfant à l’école, ce n’est jamais une contrainte même si c’est parfois compliqué (horaires de travail, distance…), ça doit être simplement un bon moment de vie partagé.

    Mais cette fois-ci, ce n’était pas un jour comme les autres…

    En effet, en sortant de la maternelle, alors que je m’apprêtais à faire le chemin inverse afin de récupérer ma voiture, garée en bas de mon immeuble, pour aller au travail, quelle ne fut pas ma surprise de tomber nez à nez avec une bande d’une trentaine de jeunes, tout de noir vêtu, encagoulés pour la plupart ! Ils poussaient des bacs à ordures, notamment ceux de la maison de retraite sise juste de l’autre côté de la rue, et commençaient à envoyer tout ce qui leur tombaient sous la main en direction du lycée technique en face !

    Je ne pus m’empêcher de penser « Quelle bande de cons ! C’est complètement stupide le vandalisme, d’autant plus que le lycée a été entièrement rénové, il y a peu ». J’ai même failli les interpeller pour leur demander à quoi cela leur servait de faire ça. Au moment où j’allais m’adresser à l’un d’eux, j’entendis un « Caillassez ! caillassez ! » ; je pris conscience, en une fraction de seconde, que j’étais seul face à une foule déchaînée alors je continuais ma route, abasourdi par cette violence. Courageux mais pas téméraire. Ou juste prudent.

   J’appris dans la matinée par le groupe Facebook de l’école que la route fut barrée toute la journée. L’entrée de la maternelle fut détournée par l’entrée principale de l’école. Un long détour.

   Heureusement, mon loulou n’a rien vu. Je ne suis pas rentré dans les détails pour lui expliquer le pourquoi du nouvel itinéraire. Quel exemple ces ados donnent-ils aux tout petits ! ? Quelle éducation ont-ils eu ? Mon grand, 17 ans, lycéen, est tellement loin de cette jeunesse… Il ne pense qu’à obtenir son BAC et faire son sport.

 

 

Vu sur mon quartier de mon balcon – © chridriss

    Après le we tourmenté que l’on sait, ce lundi matin, j’emmène mon loulou à la maternelle. Arrivé à l’angle de la rue Maison de retraite/Lycée technique/Maternelle, je constate que des poubelles ont été brûlées. Le personnel de nettoiement de la voirie est plus qu’à pied d’œuvre. L’accès à la maternelle se fait à nouveau par l’entrée principale à l’autre bout de la rue, où 5-6 voitures de police s’agglutinent. Quelle démesure ! Les incendiaires sont déjà loin ou bien cachés…

     Mon fils, lui, s’amusent de voir une balayeuse et des voitures de Police ; ne manque qu’un véhicule de pompier pour que l’excitation soit à son comble ! Tout ça n’est sûrement qu’un jeu pour lui…

    Je ne travaille pas ce jour. Dans la matinée, à l’instant où j’écris cet article, des jeunes jouent au chat et à la souris avec la police dans mon quartier.

    Je m’interroge : pourquoi cassent-ils ?

    Bien sûr, ce ne sont pas des gilets jaunes excédés au point de craquer à force de ne pas être entendus par nos gouvernants, encore moins des « ultras » droite et gauche confondus, ni même des pillards (il n’y a rien à voler). Sont-ils eux-mêmes des lycéens ? Alors ?! Est-ce juste pour se faire remarquer, se défouler ? Est-ce un signe des temps comme un miroir de la société ? Est-ce… juste tout bêtement de la connerie ?

    Je n’ai pas de réponse. En revanche, je sais que je n’aimerais pas être parent de ces enfants-là. Je prône la non-violence et je serais vraiment très mal si mes enfants s’adonnaient à ce type de comportement.

    Évidemment, on pourrait comprendre « les casseurs » voire les excuser par le fait que la réelle violence est celle exercée par les très riches sur les pauvres, par les excès et le non-sens du capitalisme et du libéralisme, par la domination et le racisme d’état des blancs sur les racisés, comme une réponse à l’oppression d’une certaine police sur ces derniers et sur les manifestants (jeunes, ouvriers, retraités, etc.), comme une réponse à l’iniquité, à l’autoritarisme étatique… On peut mélanger tout cela car il s’agit bien d’une lutte des classes commune à tous les défavorisés, à tous les exclus, à tous ceux qui sont en bas de l’échelle sociale, au bas de la pyramide.

    Mais cela légitime-t-il pour autant la violence des casseurs ? Pourquoi tant de haine ?

  La violence pour la violence ne fait qu’envenimer une situation déjà délétère. L’escalade sans fin dictée par la loi du Talion comme elle existe dans le conflit israélo-palestinien en est l’exemple le plus parlant. Oui mais… On fait quoi quand le peuple n’est pas entendu, quand la rue crie famine, quand le citoyen demande justice ?

    Manifester gentiment en chantant sur les boulevards n’apporte aucune réponse aux frustrations, aux demandes du peuple.

    Empêcher la libre circulation des individus, provoquer la faillite des commerçants de proximité, perturber les cours au lycée…ne peut qu’engendrer le mécontentement et nuire au mouvement justifié « des gilets jaunes ».

    En revanche, permettre les transports gratuits (péage, train…) satisfait tout le monde.

   Il est temps de parler de démocratie participative, de considérer que la politique ne doit plus être un métier…

   Je ne cautionne aucune violence mais je dois admettre qu’à un moment donné, la radicalité semble être la seule solution pour un changement.

    À part la révolution des œillets au Portugal, je n’ai pas connaissance qu’un mouvement pacifiste ait réussi à changer de paradigme sociétal. Ne parlez pas de Gandhi, de M.L. King ou de N. Mandela ! Certes, ils ont impulsé un autre possible mais quid 10 ans, 20 ans, 30 ans après ? L’Inde n’a jamais été aussi violente ; les noirs en Afrique ou ailleurs sont toujours dominés…

   Bref, il est bientôt l’heure que je me casse à l’école pour le retour à la maison de mon loulou…

    Chriss FV

 

                                            Le 10/12/2018 –  © chridriss

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EN JAUNE ET CONTRE TOUT ! SANS MOI !?

 

     Hello ! 

   On connait tous les bérets verts, les bérets bleus… Et l’écharpe rouge du journaliste, la chemise blanche du philosophe (enfin, ce qu’ils prétendent être). Mais ça n’est pas le sujet.

   Il n’y a pas si longtemps, on a eu les bonnets rouges, et maintenant, les gilets jaunes…avec 50 nuances de jaune ! Bah, oui, ça va du jaune vif au jaune pâle… Et puis, on trouve aussi des fans de Caliméro (version Bisounours grincheux), des cocus (soyez pas aigris, de toute façon, madame ne reviendra pas), des adeptes du Pastis (la cirrhose, euh, pardon, l’apéro, c’est sacré), des supporters de foot (p…de cartons jaunes !), des lanceurs d’œufs (je ne vous explique pas pourquoi, hein), des …   

  Et ceux, qui me dérangent le plus, trop nombreux, avec la peste veste brune sous le gilet… Quant aux casseurs, en cagoule noire, ont-ils déjà construit, créé quelques choses pour l’intérêt commun ?

   Bref, c’est quoi le dress-code pour la suite ? Un slip sur la tête ? Ah ben, non, il y aurait divergences entre culotte, string, caleçon, boxer… 😂 J’imagine l’embarras des médias et des politiques avec cet accoutrement…

   Vivement la prochaine fashion week ! 😂


   Sérieusement, que l’on m’explique ces paradoxes :

  • Des personnes dépensent de l’argent qu’elles n’ont pas pour consommer du carburant qu’elles dénoncent (à juste titre) trop cher !
  • Des personnes bloquent l’accès des magasins où il n’y aura bientôt plus rien quand elles auront besoin de faire leurs courses !
  • Des personnes mettent en péril des entreprises, qui sont peut-être, directement ou pas, leur propre employeur !

   L’art de se tirer une balle dans le pied !

   C’est à peu près du niveau de ceux qui brûlent les voitures de leurs voisins, voire de leur famille, dans les cités.

   Les moutons se dévorent entre eux au lieu de s’unir contre le loup (c’est une image, je n’ai rien contre l’animal).

   De quel droit, des personnes empêchent la libre circulation de personnes qui n’ont le choix que d’aller travailler (sous peine de licenciement), que de conduire leur(s) enfant(s) à l’école, d’aller à un rdv médical… ? Il ne faut pas se tromper de cible ! Ce ne sont pas ces personnes, ni les étrangers ou prétendus tels, ni les migrants qui sont responsables de vos (nos) problèmes, ce sont les politiciens de tout bord, actuels et passés (et futurs) avec leur politique libérale.

   Continuez à bloquer le pays, le gouvernement ne réagira pas car c’est déjà – et ce sera toujours – vous et moi les perdants.

   Au lieu de se faire la guéguerre entre citoyens, il serait plus judicieux de faire la paix pour exercer une politique du citoyen pour le citoyen et ne plus en faire un métier aux revenus indécents.

   Au lieu de se faire la guéguerre entre citoyens, il serait plus judicieux de faire la paix pour demander ensemble une réelle répartition des richesses, une vraie lutte contre l’exil fiscal, une politique où l’éducation, la santé ne seraient plus une marchandise.

   Attention car dans « guéguerre », il y a guerre !  Jaune est le souffre…

   Sinon, voici un texte, posté sur Facebook publiquement, qui résume mon point de vue (je ne suis ni communiste, ni syndicaliste, je précise au cas où ; juste un père de famille, fonctionnaire hospitalier à quelques années de la retraite) :

Capture JT Giacomo FB

    Faites gaffe les gens, ne choppez pas une hépatite, on ne distinguera plus votre gilet jaune, on vous prendra pour des poussins…

    Bonne journée.

      Chriss FV

 

                                            Le 20/11/2018, © chridriss                                               

Ô Brésil, mon Brésil…

Hello !

   Si vous cherchez un peu dans mes différents blogs (surtout celui-là), vous verrez et comprendrez pourquoi le Brésil a laissé une empreinte indélébile dans ma vie. Je ne vais pas vous conter de nouveau l’histoire ici mais je crois que cette capture d’écran de mon texte, postée dernièrement sur Facebook et Twitter, la résume assez bien.

Capture FB -- Twitter Brésil

Néanmoins, je vous fais un p’tit topo vite fait…

  Ma rencontre avec ce pays gigantesque – géographiquement et humainement – remonte à peu près à une douzaine d’années. L’amour m’y avait conduit… Ai-je été aveuglé ? Ai-je perdu tout sens critique ? NON ! Tout ce que j’y ai vécu, vu, entendu, partagé a élevé mon âme et mon esprit. J’y ai même réalisé des rêves d’enfance… Ainsi soit-il (n’y voyez point de religion dans cet locution).

   Une seconde, une minute…peut changer une vie alors deux mois…

   Pourquoi ce pays a influencé ma destinée ? Parce que j’y ai rencontré des gens avec une vision de la vie si différente de celle des Français à œillères : une manière de bouffer la vie tout en gourmandise et enthousiasme, un art de relativiser les problèmes, un sens de la fête… Vous pourrez objecter que mes pérégrinations africaines m’ont apporté cela ; oui mais non.  C’est indescriptible. Il faut vivre ce que j’ai ressenti pour le comprendre : tout le monde n’a pas la chance de connaitre des moments de grâce au cours de son existence… J’ai eu ce privilège.

Cependant, le Brésil n’est pas le pays des Bisounours…

  Tout n’était déjà pas idyllique à cette époque : en effet, la violence, le racisme, la pauvreté…étaient déjà (historiquement) très présents. Je ne l’ai pas directement constaté car il faut dire que je ne connais physiquement ni Rio de Janeiro, ni São Paulo (là où les extrêmes sont le plus visibles). Loin du tumulte des grandes villes, j’étais dans l’état de Paraíba (plus précisément à João Pessoa) et un peu dans le Pernambouc.

   Et puis, en tant que blanc, évoluant là-bas en touriste, certes dans un milieu racisé mais relativement aisé, vous connaissez la suite… Cela étant, je n’ai pas eu l’occasion de fréquenter les propriétaires de fazenda, ni les lieux branchés, ni les peoples… Non, je côtoyais de « vrais gens » du peuple.

   Loin des clichés idéalisés, le métissage, fort répandu, ne résout aucun problème. Le football, sport national, n’est pas pratiqué à chaque coin de rue. Quant aux personnes transsexuelles, je n’en ai vu aucune…

   Bref, je pourrais écrire des pages mais à quoi bon ? Je n’ai pas à convaincre, à justifier quoi que ce soit ; je relate juste brièvement une expérience de vie personnelle. Il ne faut surtout pas généraliser mon point de vue : le Brésil n’est pas la France mais 16 fois sa superficie ; on devrait dire les brésils, avec moult particularités entre les états !

J’étais loin de penser que l’extrême droite allant prendre le pouvoir…  

   Un p’tit peu d’histoire…

   De 1964 à 1985 se succèdent une alternance de régimes militaires et dictatoriaux (contrairement à l’Argentine et au Chili, le Brésil n’a jamais jugé son passé). En 1985, Tancredo Neves, est élu – enfin – le premier président civil mais meurt avant même de prendre ses fonctions ! Étonnant, non ! ?

   En 1989, les premières élections véritablement démocratiques propulsent au pouvoir Fernando Collor de Mello. Il démissionnera après des allégations de corruption ! Déjà !

   Son remplaçant, ex-vice-président, Fernando Henrique, va assurer l’intérim et sera élu à deux reprises. Il quittera la présidence en 2002 ; il aura permis de lancer le pays vers une dynamique sociale malgré un chômage en hausse et une détérioration des services publics. Son gouvernement, en coalition avec la droite, n’offrira pas au Brésil ce que son successeur Luiz Inácio Lula da Silva, à partir de 2003, permettra : une ouverture vers le Monde et l’émergence d’une classe moyenne grâce à l’augmentation du niveau de vie. Après 2 mandats, sa « disciple » Dilma Rousseff  prendra la tête du pays. Destituée, elle sera remplacée par Michel Temer.

   La violence s’est amplifiée – elle est toujours sous-jacente – la misère s’est accentuée, le déclin de la gauche est consumé, sous prétexte de (prétendues ?) corruptions… Décidemment, c’est un phénomène récurrent ! Les classes moyennes, qui ont bien profité de la gauche de Lula, ont perdu leur pouvoir d’achat, les citoyen.ne.s en marge (noir.e.s, pauvres, autochtones, etc.), survivent toujours, les riches veulent être encore plus riches : tout est propice au changement. Quel changement !!!

          Comment ce pays a pu mettre au pouvoir l’extrême droite ?

   Jair Bolsonaro représente avant tout l’image de l’homme brésilien : machiste et sexiste, le patriarcat dans toute sa splendeur. Dans une société, où les femmes (et les LGBT) commencent, à raison, à se rebeller, il incarne le conservatisme (la majorité de la population est pour la peine de mort et contre l’avortement).

   Évidemment, il a su se saisir d’une opportunité contextuelle (crise économique, morale et sécuritaire), appuyé par le pouvoir colossal des Évangélistes et des lobbies divers (agroalimentaires, entre autres) ; le tout épaulé par une pratique ultra maitrisée des réseaux sociaux (le Brésil est hyper connecté: il s’est servi de WhatsApp pour diffuser des mensonges, intox…).

    La propagande, l’endoctrinement, le sectarisme ont encore de beaux jours…

   Et, à l’instar de l’Italie et autres, il me semble que les citoyens ont la mémoire courte, la réflexion biaisée, le nombril plus important que le cœur…

   Mais bon, la faim justifie les moyens…

Capture citation brésilienne pour blog

  Quand j’entends certains de ses partisans dirent : on s’en fout qu’il soit raciste, homophobe, machiste, sexiste… ce qui compte c’est qu’il va nous débarrasser de la corruption (de la gauche), je ne suis pas étonné in fine qu’il soit élu.

   Parallèlement, je ne peux m’empêcher de penser aux électeurs de Macron (les retraités, par exemple) … Heureusement, la France n’est pas droitisée à ce point. Enfin, pas encore.

   Le FN et consort sont des amateurs quand on voit ces exemples parmi tant d’autres de l’inhumanité de ce type…

 

        Quelques conséquences…

 

Force et courage à vous.

      Saudade

         Chriss FV

1 « Pendant que les figures politiques traditionnelles jouaient des coudes pour se frayer une place à la télévision ou dans la rue, Bolsonaro a mis au point au fil des années tout un appareil, aussi perfectionné que discret, d’attaque et de propagande sur les réseaux. Il a adopté en particulier une stratégie pyramidale de diffusion, avec quelque 300 000 groupes WhatsApp animés par des militants régionaux et municipaux, mais aussi étrangers […] Les milieux d’affaires ont financé, à hauteur de quelque 12 millions de reais [2,8 millions d’euros], une grande campagne d’envois sur WhatsApp de centaines de millions de messages anti-PT [une pratique illégale car considérée comme du financement électoral déguisé]. Bolsonaro a transformé les électeurs en propagandistes : les victimes sont devenues des bourreaux ».

Souces : https://www.courrierinternational.com/article/seul-le-bresil-pouvait-accoucher-dun-bolsonaro utm_medium=Social&utm_source=Facebook&Echobox=1541177705&fbclid=IwAR2CeRU5pBJmSdOfH8VNmTzEPCqL-K2SwXucKREtM7Qims9v8ZNei5-afu0

 

Le 03/11/2018 – © chridriss

Johnny Hallyday n’est plus…

      Depuis ses débuts tonitruants jusqu’à sa disparition, Johnny Hallyday a su conquérir un large public divers et varié. Rares sont les personnes totalement indifférentes à son succès : sans être fan (je n’en suis pas un), vous et moi avons, en tête, plusieurs de ses nombreux tubes. En outre, il suffit d’allumer le feu la TV, de lire la presse, de faire un tour sur les réseaux sociaux pour constater qu’il a été, est, et restera à la fois objet de culte…mais aussi sujet à polémiques. Il n’est pas le seul artiste à déchaîner les passions me direz-vous mais là, depuis sa mort, c’est énorme ! (avec la voix de Lucchini). Ce billet n’a aucune prétention : juste manifester mon étonnement agacé quant à l’ampleur politico-médiatique et émotionnelle que sa vie et surtout son décès suscite.

 

    Oui, j’insiste « divers et varié » car je sais bien qu’il est habituel de sous-entendre qu’il s’agit principalement de personnes qualifiées de beauf, de réac… Des fans pathétiques. Des gens de la France d’en bas. Or, il n’en est rien (même s’il y en a) : au fil du temps, Johnny a laissé une empreinte indélébile dans les cœurs, les âmes et les esprits de TOUS les Français (et pas qu’eux !). Un être humain, un artiste fédérateur. Ce n’est pas parce que certaines personnes n’étaient pas présentes à l’hommage qu’elles n’en étaient pas moins affectées (vous voyez à qui je pense en écrivant cela).

    Certes, il a été le premier chanteur français1 à faire connaitre le Rock’n Roll et le reprendre dans la langue de Molière… Nonobstant, il a tout emprunté à Elvis (et consorts), qui, lui-même, s’est approprié la culture noire américaine. Mais s’il en fallait un, en France, qui partage cette musique, c’est lui !

    Certes, sa voix et ses interprétations étaient sans faille ; son charisme et son charme étaient séduisants. Peu d’autres artistes brillent tout autant. Mais s’il en fallait un, en France, qui surpasse tout le monde dans la constance, dans la longévité, c’est lui !

    Certes, il a semé des mots d’amours, des accords de guitare bien sentis, des mélodies entraînantes. Évidemment, ses paroliers (heureusement que Goldman et d’autres plus récemment sont arrivés…) sont loin derrière les proses de Brel, Brassens…et ses musiques sont parfois de la variété bodybuildée. Mais s’il en fallait un, en France, qui a su transcender ses auteurs, c’est lui !

    Certes, sa carrière fut longue et intense ; il a traversé le temps avec brio dans une continuité musicale (le Rock’n Roll) tout en sachant rebondir en adoptant les codes de chaque époque (les tendances capillaires et vestimentaires, notamment, sont un must !). Mais s’il en fallait un, en France, que la chance (d’aucuns penseront Dieu) a préservé d’un crash d’avion, d’une overdose… (combien sont partis trop tôt, trop jeunes ?!), c’est lui !

Il est arrivé chanteur abandonné ; il a vécu Rock’n Roll ; il est parti adulé.

     Du plus loin que je m’en souvienne, j’ai toujours pensé que la mort de Johnny Hallyday serait un événement considérable. Cependant, j’étais loin d’en imaginer l’ampleur. Que l’on soit fan ou pas, il faut reconnaître que cette ferveur populaire sur les Champs-Élysées et devant l’église de la Madeleine était impressionnante. Étant motard, descendre la célèbre avenue, aussi nombreux, cela devait être mémorable.

Mais…

    La foule dense a bravé le froid pour assister de près ou de loin – surtout de loin – aux obsèques de « l’idole des jeunes ». Bah, c’était un choix. Pas une obligation. Certains fans ont même passé la nuit devant La Madeleine et ont eu droit à une distribution de couverture. Que dire de tous les sans-abris dont c’est le lot quotidien ? Ne méritent-ils donc pas le même intérêt ? Absurdité.

   Le gouvernement interdit des manifestations, des rassemblements à cause de l’état d’urgence. Près d’un million de personnes se sont rassemblées et là, plus de problème de terrorisme ! Absurdité.

    La laïcité est un cheval de bataille de nos dirigeants. Le jour anniversaire de la loi de 1905 (la loi de séparation des Églises et de l’État fête ses 112 ans), la France entière regarde une cérémonie religieuse catholique à la télé. Et s’il avait été musulman ou athée ? Absurdité.

     On lui fait des honneurs nationaux. Oups ! Pardon, hommages populaires ! Nationaux, c’est pour Jean D’Ormesson (vieille droite réactionnaire) ! Absurdité.

   La chasse est ouverte contre les exilés fiscaux. Johnny en était un. Pourquoi ses détracteurs se sont acharnés sur cet exil le jour même de son décès ? Absurdité.

 

« La monstrueuse mobilisation politico-médiatique autour des décès du chanteur et de l’écrivain confine à l’écœurement. Plus d’un « commentateur » a cru y voir le rassemblement national autour de deux symboles d’une France en recherche de valeurs. Vraiment ? Course à l’audimat et au clic, opportunisme politique, démagogie populiste : on a surtout vu le visage hideux d’une société de la com’ où tout se mélange et où tout se vaut, et où la mort est devenue une marchandise, commerciale et politique, sur laquelle se jettent les rapaces de tous ordres. »

Julien Salingue in NPA.

 

    À travers le personnage de Johnny, c’est surtout le souvenir fantasmé d’une France des années 60 que les gens aimaient. Et dont il faut faire le deuil pour passer à autre chose.

    Il ne me semble pas avoir vu les autres « vieilles canailles ». J’aurai bien aimé entendre un discours d’Eddy Mitchell dans l’église commençant par « Mes biens chers frères, mes biens chères sœurs… » et Dutronc de conclure par « l’opportuniste »…à l’attention des politiques.

   Jean-Philippe Smet est mort et c’est d’abord un drame pour ses amis et sa famille. Qu’il repose en paix.

          Chriss FV

1 – d’origine belge. Mais la France a l’habitude de s’approprier et de franciser l’origine étrangère quand ça l’arrange ; et la dénigrer quand ça, la dérange…

 

                                           Le 20/12/207 – © chridriss

Blackface : un blanc parle aux blanc.he.s…(et pas que…).

   Avertissement. Je tiens à préciser que j’ai rédigé cet article plutôt à l’attention des blanc.he.s. car, d’une part, je n’ai aucune légitimité à parler pour et à la place des noir.e.s (ou tout autre personnes dont la couleur de peau diffère de la mienne – ce qui ne les exclut pour autant, bien au contraire) et d’autre part, parce que je me heurte trop souvent, face à mes homonymes leucodermes, au refus d’entendre, de comprendre, d’admettre ce que je tente de leur expliquer quant au racisme institutionnalisé, au privilège blanc1…. Mon propos découle de mes recherches sur les problématiques raciales en lien direct avec les concerné.e.s.

Je ne cherche que la vérité, la justice. Et remettre, par là-même, quelques pendules à l’heure…

Par ailleurs, je rappelle, pour mes connaissances (ou pas), que le fait d’avoir des enfants métis, des ami.e.s  noir.e.s,…ne me (nous) préserve pas d’être raciste (le racisme n’est pas une opinion mais un délit).

 

   En général, j’écris sur l’actualité un certain temps après les faits car réagir à chaud et donc dans la précipitation ne (me) permet pas d’avoir assez de recul pour bien analyser une situation (et ça m’évite – en principe – d’écrire des conneries). Cette fois, je vais faire exception à ma règle. Facile, c’est un sujet que je suis depuis quelques années : j’attendais juste le moment opportun pour en parler. Qu’est-ce donc ? La Blackface ! En effet, je profite que le joueur de foot Antoine Griezmann ait posté une photo sur Twitter, déguisé en basketteur des années 1980, pour rendre hommage (selon lui) aux Harlem Globetrotters. Si cela n’était que ça, c’eut été réussi ! Mais il s’est entièrement maquillé en noir avec perruque afro et le voilà dans la posture typique de cet acte raciste. Oui, c’est un acte raciste.

 

 

Capture Antoine G Blackface Tweeter

Capture Antoine G Blackface Tweeter

   

    Voilà, j’ai dit le mot qui fâchent la majorité de mes congénères blanc.he.s ! Pourquoi ? Parce que, selon eux/elles, ce n’est qu’un déguisement, une distraction (c’est pour rire) ; d’autant plus qu’il n’avait pas, a priori, de mauvaises intentions. C’est donc insignifiant, anecdotique. Pas de quoi polémiquer ! Cependant, c’est bien mal connaitre l’origine de la Blackface…

    En effet, cette pratique fait référence à l’esclavage des noir.e.s2. Au XIXe siècle, aux Etats-Unis, des blancs se grimaient ainsi lors de spectacles soi-disant comiques afin de caricaturer de manière discriminante, méchante, ridicule, les personnes noires (en les faisant passer pour ignorants, paresseux, voleurs et menteurs) devant un parterre exclusif de blanc.he.s hilares. Bien que le terme soit importé des USA, la pratique existe aussi et encore actuellement en Europe (France, Belgique, Pays-Bas…) à titre individuel mais aussi dans une dimension collective lors de fêtes traditionnelles.

 

Capture affiche Nuit des Noirs Dunkerque 2018

Capture affiche Nuit des Noirs Dunkerque 2018

 

   Indépendamment de l’aspect historique, il est utile de préciser qu’il n’est pas juste question de se déguiser. Cet acte est raciste car son auteur.e se maquille/se peint le corps en noir (en y ajoutant presque toujours des stéréotypes : postiche crépu, dessin de lèvres charnues…) ; or, la couleur de peau n’est pas un déguisement, on ne peut la changer. Comprenez bien qu’un.e noir.e qui se grimerait (j’écris au conditionnel car personne ou presque ne le fait) n’aurait pas du tout la même symbolique : a contrario, cela ne serait pas lié à l’oppression des blancs (violence, discrimination à l’embauche, au logement…).

   Peut-être aussi que les noir.e.s existent par eux.elles-même sans avoir besoin de se déguiser ?

    La Blackface fait partie d’un ensemble de pratiques et de discours négrophobes, que ce soit à titre personnel ou institutionnel. Elle porte atteinte à l’individualité et à la collectivité noires, en déshumanisant, infantilisant ces personnes. On peut aussi faire un parallèle avec les sketchs de Michel Leeb. Peut-être est-il temps de combattre l’ignorance (c’est l’excuse, le prétexte qui revient dans les conversations) par l’éducation (scolaire) ?

    Vous objecterez que des noir.e.s ne voient pas non-plus où est le problème : certes mais je ne répondrai pas à leur place. Je sais juste que les concerné.e.s n’ont pas toujours conscience d’être victime.

   Si je me permets de réagir sur ce sujet, c’est parce que les blanc.he.s, en majorité, ne sont toujours pas prêt.e.s à entendre les revendications des noir.e.s (et autres racisé.e.s). De plus, je ne veux pas / plus être caution et partie prenante d’un système et d’une pensée raciste. Néanmoins, ne cherchez pas à me mettre dans la case des antiracistes, des gauchistes…, bien que mes idées puissent s’apparenter parfois à leur discours, je n’entre dans aucune case ! Je n’ai pas de parti pris et ne cherche à plaire à personne.

       Chriss FV

1 – Mes articles en lien avec ce thème :  ici, ici et .

2 – Dans la bouche de la plupart des blancs, dire « noir » semble leur faire peur comme si ça mettait une distance. Ils disent donc « black » car ils pensent que c’est créer une proximité et que c’est cool. Ils pensent que « noir », c’est un gros mot. Ils se trompent bien sûr. À noter également, que « noir » ne prend pas de majuscule à l’instar de blanc.

    

Le 20/12/2017 – © chridriss

A l’année prochaine ! Merci et à bientôt ! ;)

              Bonjour, bonsoir,

    Comme je le disais l’an dernier dans cet article, je n’ai que rarement le cœur à la fête en fin d’année. Mais bon, rassurez-vous, tout va très bien !  😉

           Bref, pour une fois, je vais faire court !

    Je voudrai remercier tou-te-s celles et ceux qui me suivent, me likent, me commentent çà et là sur les réseaux sociaux, toutes les personnes avec qui j’échange des mots, tissant ainsi des liens qui ne sont pas que virtuels.

    Pour celles et ceux qui ont un blog, un site, une page Facebook…, je vous ai listé :  , parce que c’est logique pour moi de « faire de la pub » pour les personnes (et les talents) que j’apprécie.

       Bonne fin d’année à vous toute-s et bonnes fêtes si ça vous en-chante ! 😉

         À bientôt !

        Longue et belle route à vous tou-te-s en 2015 !
                   Chriss 😉

 
© chridriss – Le 24/12/2014.

Kaar Kaas Sonn: des rêves …et une grève de la faim !

       Afin de sensibiliser et de faire réagir l’opinion public en France, et au Tchad – parce que là-bas, on ne peut que se taire à cause des représailles – l’homme et l’artiste Kaar Kaas Sonn a décidé le 4 juin 2013 de faire une grève de la faim en lien avec, dit-il « les arrestations arbitraires d’hommes politiques et de journalistes tchadiens, pour protester contre le flou de la justice tchadienne (…) ; pour attirer l’attention de l’opinion internationale sur ce qui se passe au Tchad (…) et obtenir la libération de ces personnes détenues sans respects des règles de droit » suite à la tentative de coup d’État de mai dernier. Comment ne pas être inquiet du sort de ces personnes puisque même les réseaux sociaux sont restés silencieux ?

      Jusqu’à ce que cet homme (de) droit, qui ne courbe pas l’échine devant l’injustice, profite au mieux de sa notoriété pour lancer un cri du cœur au détriment de son propre corps – qui accusait déjà le choc au 6e jour de grève. C’est pourquoi, il annonça une parenthèse nécessaire mais le combat continue si rien ne bouge ! Il fût invité, lundi 10 juin 2013, au journal des auditeurs sur Africa n°1.

                  Les mots donnent de la vie aux maux.

                  L’acte donne du sens aux mots.

      Au décès précoce de son père se sont ajoutées les affres de la guerre civile durant l’enfance. Est-ce d’avoir frôlé la mort qui a forgé la conscience politique humaniste et non-violente de l’homme ?

     Dénoncer, revendiquer, dire sa vérité sur le Tchad est un leitmotiv que l’on retrouve aussi dans ses chansons telle « Berceuse pour un tyran ». Même si lui prétend être « désengagé car il n’adhère à aucune doctrine » ; c’est ce que l’on nomme un artiste engagé…avec lui-même !

600885_573507106034695_1817627467_n À Laval , le 4 juin 2013. ©Bernard Girault  

             

           PORTRAIT

      Kaar Kaas Sonn – « l’enfant qui connaît » en langue nangjere, sa langue natale – de son vrai nom Noël Flavien Kobdigué, est né au Tchad en 1973. Auteur, compositeur, interprète et également romancier, l’artiste s’exprime en langue française, langue de sa femme (marié en 2003), de sa ville (Laval), de son autre pays. C’est un artiste majuscule, de part sa taille, bien sûr (1m96) mais surtout par ses mots, étant dit-il « le fils putatif du poète moustachu, aède sétois aujourd’hui disparu » dans un de ses titres « Fils de Brassens ». Tout comme son maître, il s’accompagne à la guitare pour mieux poser ses mots caustiques, incisifs, provocateurs…mais dans différents styles musicaux : Lapiro de M’Banga (chanteur camerounais), Lucky Dube, Bashung ne sont jamais très loin non-plus…

      C’est, d’abord à 11 ans, un dictionnaire qui lui donna l’amour du verbe ; fort de cela, il « alphabétise » les enfants de son quartier. Son goût pour les belles lettres ne faiblit pas et, quelques années plus tard, il découvre le Rap et commence à écrire des textes. Licence de droit obtenu en 1995, il entre à l’École nationale d’administration au Tchad; puis, devient enseignant et consultant. Il travaillera également à la Présidence de la République tchadienne et au Ministère tchadien des Affaires étrangères.

     En 1999, sélectionné pour l’émission « Questions pour un champion », il vient en France pour la 1ère fois et est finaliste. La Suisse l’accueille pendant 2 ans où il suivra des études d’économie.

     Devenu français en 2004, il enseigne le droit, l’économie et le marketing à Laval où il vit – entre albums et concerts – avec sa femme.

Discographie :

– Ballade d’un récalcitrant (1999)
– Chic choc chèque (2001)

TACATACATACATACATA– 2006

– Qui Endort Dine – Believe – 2009

– Crépuscule de l’idéal – 2012

Bibliographie :

« Présomption d’inconscience » (2000) (poèmes)

« Larmes sèches (nouvelle).

– « Au Sahel, les cochons n’ont pas chaud » (éd. Kuljaama, 2007, rééd. La Sève, 2010).

« Avec nos mains de chèvre »(éd. La Sève, 2010)

– « Le Prix des agneaux » (éd. Sao, 2011). Prix Nimrod du roman 2011.

Vous pouvez le suivre ici :

https://www.facebook.com/kks.kaarkaassonn

http://www.myspace.com/kaarkaassonn

http://www.deezer.com/fr/artist/1179132

Son groupe « La Bande d’ Aouzou » :

– Jean-Jacques Robertine : Basse
– Thomas Conoir : Guitare
– Fabien Fouchard : Batterie
– Yoan Chrétien : Percussions
et lui-même :Guitare/Chant

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À Paris, au Trocadéro, Place des Droits de l’Homme, le 08 juin 2013 où de nombreux soutiens lui ont rendu visite.  ©Abdelkerim Yacoub Koundougoumi

Bon courage !

  Chriss 😉 

 

Le 11/06/2013 – © chridriss