E-cœurements…

La fin de cette année tourmentée approche doucement mais sûrement…
Ce mois de septembre est pour moi synonyme de grands changements !
Cependant, ce jour, si je prends in fine la plume, muette ces derniers temps,
C’est pour vous faire part, en vers, de mon incommensurable attristement.

En effet, je suis ému, choqué et épuisé de constater, avec vifs effarements,
Que la sphère internale et même quelques amis d’ordinaire bienveillants
Se laissent aller à colporter, sans retenue, sur les réseaux socialisants
Tout ce que le cerveau dit humain a de plus morbide, de plus infamant.

Est-il si compliqué de prendre le recul nécessaire et de la raison, le temps,
Avec le bon sens -indispensable- pour analyser le médiatique emballement ?
Les œillères de la conscience empêchent-elles de repérer ce qui nous ment,
Manipule, désinforme ; anesthésie l’esprit, le cœur et l’âme à notre détriment.

Que ce soit des invectives, des insultes ou de banals mots désobligeants,
Envers des personnes qui pensent, rêvent et agissent a priori différemment.
Que ce soit de vils propos racistes, si honteux, si haineux, si méprisants,
À l’encontre de l’Autre, venu d’ailleurs, ô combien gênant car différent.

Avez-vous donc déjà oublié d’où viennent, parfois, vos ascendants ;
Ceux-là même, migrants d’Espagne, d’Italie, de…, tout aussi fuyants ?
À leur mémoire, à leur histoire, vous êtes odieusement offensants ;
Quand bien même, vous prétendez avoir de loyaux et bons sentiments.

Est-ce si pénible d’accepter que des peuples vivent, que vous, autrement ?
Que la Culture, la spiritualité et l’intelligence ne sont pas exclusifs au blanc ?
Êtes-vous à ce point si bons, si généreux, si fidèles Chrétiens fervents ?
Faisant alors fi de l’amour du prochain, en étant si traîtres et intolérants ?

Loin de moi l’idée de vous juger en ajoutant de la culpabilité à vos tourments ;
Ni de moraliser gratuitement vos égarements, ni de critiquer sans fondement,
J’aimerai juste vous amener à un réel, positif et salutaire questionnement…
La fin de cette année tourmentée approche doucement mais sûrement…

© chridriss – le 16/09/2015.

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Tristesse et désolation…

        Je ne pensais pas que mon premier article de 2015 ferait suite à un fait tragique et pas seulement tragique… Point besoin de le nommer.

  Évidemment, je condamne toutes les atrocités de TOUS les fanatismes, qu’ils soient (prétendus) religieux ou pas. L’horreur ne doit rien justifier. Ni le meurtre. Ni les récupérations.

  Je ne voulais pas écrire sur ce sujet. Non pas parce que je n’aime pas la liberté d’expression ; bien au contraire mais parce que l’expression de ma liberté, c’est aussi – parfois – de me taire… Oui, me taire par solidarité avec celles et ceux qui n’ont pas droit à la parole, ici et ailleurs.

  Néanmoins, après avoir lu, vu et entendu tout et son contraire en une somme incommensurable de « bêtises » plus ou moins abjectes sur le net et ailleurs, j’ai écrit un très long article…

  In fine, entre me taire ou publier un pavé, j’ai choisi une juste mesure : dire à demi mots; chuchoter  au creux de votre oreille.

         Pourquoi ?

Parce que d’un journal à une imprimerie, l’encre a beaucoup trop coulé…

Parce que la distance et la réflexion sont nécessaires…

Parce que je ne peux ni ne veux me voiler la face derrière l’émotion ; celle-ci peut rendre aveugle et sourd…

Parce que je n’ai pas une indignation sélective. Quid des millions de morts passés sous silence hors de France ?

Parce que Charlie n’était plus Charlie depuis bien longtemps…

Parce que je suis fatigué de tous les maux de la société…

   Je souhaite juste que les personnes victimes de ces crimes ô dieu-x, puissent reposer en paix, au-delà des hommages convenus et des polémiques habituelles et stériles.

     Que la paix et l’amour guident nos pas !

      Chriss 😉

                                  © chridriss – Le 11/01/2015.

 

Citations :

« Celui qui tue un homme, tue toute l’humanité » Le Coran, Sourate 5, Verset 32.

« On finit par créer un danger, en criant chaque matin qu’il existe. » Émile Zola.

« […] Un climat d’intolérance, de fanatisme, de dictature théocratique s’installe et fait tache d’huile. L’intégrisme musulman a donné le «  la », mais d’autres extrémismes religieux piaffent et brûlent de suivre son exemple. Demain, catholiques, orthodoxes et autres variétés chrétiennes instaureront la terreur pieuse partout où ils dominent. Les Juifs en feront autant en Israël. Il suffit pour cela que des groupes ultra-nationalistes, et donc s’appuyant sur les ultra-croyants, accèdent au pouvoir. Ce qui n’est nullement improbable, étant donné l’état de déliquescence accélérée des démocraties. Le vingt et unième siècle sera un siècle de persécutions et de bûchers. […]  François Cavanna, écrivain, un des fondateurs de « Charlie Hebdo » ; mai 1994.

 

« NAUSÉE. La liste des affreux qui vont défiler demain à Paris s’allonge toutes les heures : dictateurs, criminels de guerre, exploiteurs, oppresseurs, tueurs de journalistes, de syndicalistes et de militants pour les droits démocratiques, affameurs et saigneurs des peuples du Sud, de l’UE et d’ailleurs… Personne ne va manquer à l’appel.
Un genre de Forum Antisocial Mondial.
L’ampleur de la récupération politique est sans précédent, et crée un vrai malaise chez celles et ceux qui auraient aimer défiler pour témoigner de leur authentique tristesse et de leur sincère colère après ce qui s’est passé mercredi.
Nous avons tous et toutes nos forces et nos faiblesses, nos doutes et nos certitudes, nos émotions et leur lot de paradoxes et de contradictions. Celles et ceux qui veulent défiler demain à Paris ne sont pas des alliés objectifs des affreux. Celles et ceux qui ne veulent pas y aller ne sont pas des alliés objectifs des terroristes.
J’invite toutefois chacun-e d’entre nous à se dire qu’on peut avoir le coeur chaud et la tête froide, et à se demander contre qui cette coalition des affreux, qui s’en fichent éperdument des libertés individuelles, des droits démocratiques et de la justice, est dirigée.
À se demander également quelles peuvent être les « valeurs » au nom desquelles ils vont se retrouver à Paris.
À se demander, enfin, comment ils utiliseront, à l’avenir, cette apparente communion, ce « nous » dont ils se revendiqueront pour justifier le pire.
Et à en tirer toutes les conséquences, pour demain, mais aussi et surtout pour après-demain. » Julien Salingue

 

À lire :

https://bouamamas.wordpress.com/2015/01/11/lattentat-contre-charlie-hebdo-loccultation-politique-et-mediatique-des-causes-des-consequences-et-des-enjeux/

http://blogs.mediapart.fr/blog/patricjean/100115/refusons-cette-manifestation-hypocrite

A l’année prochaine ! Merci et à bientôt ! ;)

              Bonjour, bonsoir,

    Comme je le disais l’an dernier dans cet article, je n’ai que rarement le cœur à la fête en fin d’année. Mais bon, rassurez-vous, tout va très bien !  😉

           Bref, pour une fois, je vais faire court !

    Je voudrai remercier tou-te-s celles et ceux qui me suivent, me likent, me commentent çà et là sur les réseaux sociaux, toutes les personnes avec qui j’échange des mots, tissant ainsi des liens qui ne sont pas que virtuels.

    Pour celles et ceux qui ont un blog, un site, une page Facebook…, je vous ai listé :  , parce que c’est logique pour moi de « faire de la pub » pour les personnes (et les talents) que j’apprécie.

       Bonne fin d’année à vous toute-s et bonnes fêtes si ça vous en-chante ! 😉

         À bientôt !

        Longue et belle route à vous tou-te-s en 2015 !
                   Chriss 😉

 
© chridriss – Le 24/12/2014.

Faits d’hiver…

      En cette fin d’année 2014, deux faits divers en France, viennent perturber cette période de festivités obligatoires. Un homme est entré dans un commissariat, près de Tours, et a blessé 3 policiers dont 2 grièvement. Un autre homme a fauché 11 personnes avec sa voiture à Dijon. Le point commun entre ces 2 personnes : elles ont ou auraient crié : « Allah Akbar » (« Dieu est grand », en arabe) !

    Et alors ?!

   Alors, les médias (et le gouvernement), au lieu de mettre en avant (ce qui n’est pas une bonne chose non-plus) le fait que ce sont 2 personnes souffrant de troubles psychiques voire psychiatriques, ont comme d’habitude, relevé et monté en épingle la référence à l’Islam. La stigmatisation continue…l’Islamophobie est en pleine croissance ! (faut bien trouver de la croissance quelque part !).

   Dans la société française, un discours récurrent consiste à faire un amalgame entre musulman et islamiste (« musulman intégriste »). À chaque fois qu’un (prétendu) islamiste commet un délit ou pourrait commettre un délit, c’est toute la communauté musulmane que l’on montre du doigt. Là encore, la construction sociale met en action la mécanique raciste.

   Si l’on ne martelait pas à longueur de journée dans les merdias, relayée par le « bon peuple », cette stigmatisation honteuse, les Musulmans pourraient vivre en paix et ne gêneraient personne. Combien de fois faudra-t-il dire que l’Islam donc la religion musulmane n’a rien à voir avec l’Islamisme ? !

   « L’homme du commissariat » a un frère qui aurait des accointances avec l’Islam dit radical ; depuis quand un individu devrait être suspecté de quoi que ce soit parce que son frère l’est ? On voudrait peut-être nous faire croire qu’il y a une sorte d’hérédité, de filiation génétique… ? Quid de leurs parents ? Cet homme, Français, est né au Burundi ; s’il avait été Breton ou Auvergnat, l’affaire aurait pris une tournure bien différente…

   Un homme est mort par balle alors qu’il n’avait qu’un couteau : les policiers ne savent donc pas se défendre sans arme à feu ? Ne sont-ils pas formés ? Ne devraient-ils pas être des spécialistes de self défense ? C’est sûr qu’il est plus facile d’appuyer sur une gâchette… Légitime défense toute relative. Continuez donc à railler les policiers américains avec votre anti-racisme primaire ! Les policiers français glissent doucement vers les mêmes pratiques… Vous y penserez quand ce sera votre enfant qui se fera tuer… Vous le voulez le « tout sécuritaire », vous l’aurez ! Allez donc soigner vos peurs (phobies) et sentiments de peur…c’est d’abord de vous-même que vous devriez avoir peur !

  Quant au chauffard de Dijon, interpellé par la police, comme toute personne fragile psychologiquement, n’est pas non-plus, un terroriste. Certes, ces personnes ont pu être manipulées, conditionnées…mais ne pensez-vous pas qu’une personne dont les facultés mentales sont altérées, est plus réceptive à tout ce qu’il entend en boucle à la radio, à la TV ? Qu’elle est plus perméable à la violence intrinsèquement sociétale ?

  Bien sûr que je condamne toute agression – il ne s’agit d’excuser personne – et que je compatis avec les victimes mais il ne faut pas se méprendre ni sur les mobiles des agresseurs, ni sur leur origine « étrangères », ni sur leur religion supposée.

  Que chacun avant de juger – qui sommes-nous d’abord pour juger – s’interroge objectivement, sur les tenants et les aboutissants de tous ces faits divers ; sur la place des médias dans la société ; sur le respect qu’il doit à tout être humain ; qu’il se pose les bonnes questions au lieu de prendre pour argent comptant les réponses toutes faites que l’on nous sert à volonté…

    Chriss  😉

                                           © chridriss – le 22/12/2014.

Mary Prince : un spectacle essentiel !

 

          Bonjour !

     En ce mercredi soir -hier, plutôt doux de décembre, je suis allé à la Manufacture des Abbesses (petit théâtre parisien comme il en existe tant).

  Non-pas pour me dérider les zygomatiques devant un stand-up humoristique, ni pour un divertissement visuel, musical ou je ne sais quel amusement pour oublier cette période trouble et austère qu’est cette fin d’année 2014 mais plutôt pour apprendre, me cultiver, réfléchir au sens de la vie…

    Rassurez-vous, rien d’intello, ni prise de tête ; c’est à la portée de tous !

  En fait, je suis allé voir « Mary Prince » où il s’agit d’écouter le récit de sa vie d’esclave, interprétée magistralement par Souria ADELE (d’après l’autobiographie The History of Mary prince, A West Indian Slave Narrative).



« Née en 1788 aux Bermudes d’une esclave de maison, Mary Prince subit la première des nombreuses expériences déchirantes de sa vie lorsqu’elle fut séparée de ses parents et frères et sœurs à l’âge de 12 ans. Soumise aux abus corporels et sexuels par les maîtres qui ont suivi, elle est achetée et vendue plusieurs fois avant d’être finalement libérée.

Première femme noire à briser les chaînes de l’esclavage dans les colonies britanniques et à publier le témoignage de sa vie, Mary Prince se remémore de manière vibrante sa vie dans les Antilles britanniques, sa révolte contre les humiliations physiques et psychologiques, jusqu’à son ultime évasion en 1828 en Angleterre. Son récit direct, souvent poétique, de l’incommensurable calvaire, la séparation d’avec son mari et la lutte pour la liberté ont embrasé l’opinion publique à une époque où les débats houleux sur l’abolition étaient courants aux États-Unis et en Angleterre. » 

© La Manufacture des Abbesses



    Cette prestation de Souria Adele ne met pas le cœur en joie ! Au contraire, elle nous met la larme à l’œil ; elle nous transmet une émotion qui fait déborder notre cœur. Et ce n’est pas simplement des bons sentiments et de l’empathie…

  Ce spectacle sobre, sans décor, sans autre personnage, nous interpelle sur cette sombre période de l’Histoire humaine : l’esclavagisme et la colonisation. Il nous pousse à nous questionner sur notre vécu en lien avec notre comportement vis-à-vis de « l’autre », de « l’étranger ».

  Contrairement à l’expo « ExibitB », là, il n’y a pas de voyeurisme ; uniquement une communion entre l’interprète – Souria ADELE est l’incarnation bluffante de Mary Prince, pudique et tout en retenues– et le public attentif et silencieux ; là, la parole existe et elle est d’abord celle d’une noire, et donc des noir-e-s et des traumatismes de leur Histoire, perpétrés par des blancs.

   Mary Prince a été à l’origine de l’abolition de l’esclavage dans les colonies anglaises. D’autres – tels M.L. King, Malcom X, T. Sankara… – ont œuvré pour donner une juste et digne place aux noir-e-s dans la société : ils en sont morts !

  Hors, plus de 150 ans après l’abolition de l’esclavage, 13 ans après la loi Taubira (reconnaissance de l’esclavage en tant que crime contre l’humanité), la traite des êtres humains est encore d’actualité car l’asservissement est constant partout dans le monde.

  Découlant en grande partie de cette époque colonialiste, le racisme passé et présent est d’abord une construction sociale qu’il faut admettre en tant que telle pour le comprendre afin de mieux le combattre.

  Les souffrances « modernes » des non-blan-he-s sont principalement le fait du paternalisme, de la condescendance, de l’arrogance, de la suffisance…des blanc-he-s, intrinsèquement ancrées dans les esprits depuis des lustres. Il est plus que temps de changer ! Alors quand, nous, blanc-he-s, croisons une personne non-blanche dans la rue, dans les magasins, dans les institutions… Respectons-la et laissons-la enfin vivre en paix  !

    Chriss  😉

                       © chridriss – le 18/12/2014.

PS: le spectacle s’est terminé ce samedi mais vous pouvez assister aux matinées exceptionnelles à la Manufacture des Abbesses le lundi 26 janvier et le mardi 3 février 2015 à 14H30. A l’issue de celui-ci, un échange sera mené par un historien du CIRESC.

Quelques dates en provinces possibles (à suivre) et le Festival d’Avignon en projet !

Renseignements pratiques :

La Manufacture des Abbesses  7 rue Véron  75018 Paris (Métro Abbesses)  Réservation : 01 42 33 42 03

Représentations : les mercredis, jeudis, vendredis et samedis 19 h jusqu’au 31/12/2014.

 

Le spectacle

Page Facebook du spectacle 

La presse en parle…

Le site de Souria ADELE

Sa page Facebook

Exibit B : Exhibition Bananière à Boycotter !

      J’ai peu commenté sur les réseaux sociaux au sujet de cette expo — puisque je n’ai guère de légitimité à le faire — et je n’avais pas l’intention d’en faire un article (tout a déjà été dit, le pire comme le meilleur). Cependant, je vais pianoter, quand même, quelques mots car « Qui ne dit mot consent » et comme je ne consens pas et que je ne sais pas me taire, je me dois d’être clair et transparent :

  Je condamne cette pseudo « performance artistique » de Brett Bailey (que je n’ai pas vu – on n’est pas obligé d’avoir un cancer pour en parler !)et j’ai soutenu et je soutiendrai encore, à titre personnel, isolé, sans militantisme (?)mais publiquement, les manifestant-e-s contre celle-ci. Je préfère la plupart du temps agir dans l’ombre, modestement. C’est ma manière de contester, protester, revendiquer… Chacun sa méthode. Je laisse la lumière à ceux qui savent s’exposer. N’allez donc pas penser que j’arrive après la bataille !


     Pourquoi être contre Exibit B ?

  • Parce que sous couvert d’Art, on ne peut pas tout accepter, sans condition, ni avertissement.

  • Parce que la présentation de l’expo est financée avec de l’argent public et qu’il est du devoir de chaque citoyen de demander des comptes sur ce que l’Art, ainsi dispensé, propose aux contribuables.

  • Parce que ce spectacle montre des personnes noires :

    – en cage, tels des animaux. La symbolique peut (se) prêter à de nombreuses interprétations odieusement malsaines…

    – statiques donc passives (les noir-e-s n’ont pas le droit d’être actifs sauf si c’est – encore des clichés – dans le sport, la musique, la danse).

    – muettes par défaut donc sans le pouvoir, ni le droit de s’exprimer.

    – crûment nues pour certaines donc affaiblies par un certain voyeurisme.

    Tout cela participant à la stigmatisation d’une population et rappelant les « tristement » célèbres « zoo humains » d’un autre temps.

  • Parce que c’est un blanc, paternaliste, avec ses privilèges re-niés, qui a conçu et propose cette expo sans montrer, ni démontrer le rôle des blancs esclavagistes et l’impact de la colonisation.

  • Parce que la parole intrinsèque des concerné-e-s soit les non-blanc-he-s, dans et en dehors du spectacle, est confisquées, censurées, bafouées, dénigrées.

  • Parce que la censure va toujours à l’encontre des victimes ; qui, elles-eux, n’ont pas droit à la sacro-sainte liberté d’expression, cette dernière défendue elle-même par les censeurs. Paradoxe ! Les pro-Exibit B s’autorisent tous les droits alors que les manifestant-e-s directement concerné-e-s n’ont pas le droit de s’exprimer à bon escient ! Ils ont même eu droit à une protection policière ! (Cette dernière n’hésitant pas à faire usage de violences à l’encontre des manifestants pacifiques).

  • Parce que l’expo va rapporter de l’argent à son créateur et ne servira pas la cause de ce qu’il prétend dénoncer.

  • Parce que les responsables de la programmation (et leurs soutiens)démontrent le contraire de ce qu’ils proclament haut et fort dans les médias : ils ne sont pas antiracistes ! Bien au contraire, ils font le jeu du racisme !


            Exibit B : Blessante à Bannir !


   Cette expo a déclenché une polémique qui ne donnera pas, malheureusement, plus de visibilité aux concerné-e-s ; pire, elle les a confiné dans l’irresponsabilité, la marginalisation, l’opprobre…décrétées par les censeurs : elle les a stigmatisé encore plus. Alors qu’ils auraient dû et devaient être écoutés, entendus, considérés parce que leurs revendications étaient et sont légitimes et qu’elles-ils ont été — je me permets de reprendre leur slogan — « Droit-e-s, Dignes et Déterminé-e-s ! »

  Certes, l’expo est finie mais la lutte des détracteurs de celle-ci continue ; je vous invite donc à visiter les liens suivants, pour une reconnaissance de leurs biens fondés et pour comprendre RÉELLEMENT le racisme :

La pétition

Le Blog

La page Facebook

Antiracisme et privilège blanc

Les décolonisés

Une autre histoire

Quartiers libres

  Quelques citations à partager :

« Les nations européennes se vautrent dans l’opulence la plus ostentatoire. Cette opulence européenne est littéralement scandaleuse car elle a été bâtie sur le dos des esclaves, elle s’est nourrie du sang des esclaves, elle vient en droite ligne du sol et du sous-sol de ce monde sous-développé. Le bien-être et le progrès de l’Europe ont été bâtis avec la sueur et les cadavres des Nègres, des Arabes, des Indiens et des Jaunes. Cela nous décidons de ne plus l’oublier. » Frantz Fanon

« Si vous n’êtes pas vigilants, les médias arriveront à vous faire détester les gens opprimés et aimer ceux qui les oppriment. » Malcolm X

« Aussi longtemps que les lions n’auront pas leur historien, les récits de chasse tourneront toujours à la gloire du chasseur. » Proverbe africain

« Le racisme, c’est une vieille tradition française. La France a une tradition coloniale, colonialiste, esclavagiste, d’inégalités sociales, d’inégalité raciale très enracinée. Le poison de la colonisation et des guerres coloniales n’est pas encore disparu du corps social français. » Pierre Joxe, ancien Ministre de l’Intérieur et de la Défense in « Un parcours de conviction, Pierre JOXE ». France 3 (diffusion le 02/12/2014).

   Je terminerai cet article en vous proposant d’aller voir Mary Prince (prolongation jusqu’au 31/12/2014), qui est, cette fois, un spectacle essentiel, pour la compréhension de l’esclavage, du racisme institutionnalisé (article à suivre bientôt).

     Chriss   😉

                        © chridriss – le 14/12/2014.

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« Privilèges blancs…de souche »

Il y a quelques jours, j’ai relu cet article et celui-ci, un an et demi après les avoir écrit. Que s’est-il passé depuis ? Ai-je mûri (dans) mes réflexions ? Ai-je changé d’avis et renoncé ? (oui, je me remets en question régulièrement).
Faisons le point ! (enfin, moi, je le fais ; vous, c’est vous qui voyez ! 😉 )

   Tout d’abord, je suis étonné et sensible au fait que mes mots n’ont eu qu’une portée relative ; en effet, j’ai été apparemment beaucoup lu et mes textes ont été maintes fois partagés sur les réseaux sociaux mais il s’avère qu’il y a bien peu de réactions en retour sur mon blog. Je ne parle pas du style mais du contenu bien sûr, même si des compliments sur mes supposées aptitudes à l’écrit font plaisir. En fait, c’est le ratio visibilité/commentaires qui m’interpelle. Quid de l’interactivité ? Et pas que sur ces sujets spécifiques… J’ai sûrement tort de penser que les personnes qui aiment (me)lire, aiment aussi (m’)écrire ; ce n’est apparemment pas le cas. Ainsi soit-il ; je respecte votre silence. Comme j’ai pu déjà le faire savoir ici ou ailleurs, ce n’est pas tant une question de chiffres ou de statistiques qui m’importe mais une question d’échange, de dialogues, de débats. Et là, je reste sur ma faim !

   Bref, passons… Le plus important est d’avoir fait passer un message…

   Ceci étant, je n’expose pas ma pensée uniquement que par l’écrit ; je parle aussi ! Concernant ces sujets, force est de constater que dans mon entourage proche ou pas, rien n’évolue ou presque : j’ai le sentiment de parler – à quelques exceptions près – à des murs ou à des tombes (au choix !). Je fais figure de mutant, d’extraterrestre, de marginal…(barrez les mentions inutiles) face à mon laïus surprenant ( ?)voire choquant de blanc*

…parmi les blancs :
    Me comprennent-ils vraiment ? Se sentent-ils interpellés ? Préfèrent-ils en connaissance de cause garder leurs privilèges « au chaud » au lieu de (se)les avouer et se remettre en question ?
Mes propos seraient-ils sujets à de l’indifférence, à du mépris ? Suis-je perçu comme un traite ?

         Tant de questions…et si peu de réponses…

   Il est pourtant évident que dans la société, il existe une dominance et qu’elle est blanche ! Et ce, à l’échelle de la planète ! Il est évident que cela est lié à la colonisation (et pas que). Il est évident que le racisme – construction sociale – doit être combattu ! (Non, être raciste n’est pas une opinion !)

   Mais c’est tellement confortable de ne pas subir de contrôle au faciès, de ne pas subir le racisme au quotidien, de ne pas avoir de remarques et de gestes désobligeants quant à sa coiffure, de ne pas être stigmatisé, considéré comme le « méchant », l’indigent, l’usurpateur, le menteur, le voleur…parce que « d’origine étrangère » !

…et parmi les non-blanc-he-s :
    Bien que ne parlant pas à la place des concerné-e-s (les non-blanc-he-s)mais allant dans leur sens, je soutiens indéfectiblement celles et ceux qui m’ont ouvert les yeux, qui m’ont instruit ; qui m’ont fait prendre conscience de ce que je défends aussi, dorénavant. Le paradoxe – s’il en est – est que mon discours est (parfois)aussi mal perçu par celles/ceux-ci ! En effet, les personnes qui m’ont « initié » restent sur la réserve quant à mes dires et mes actions en tant qu’« alliés » (ce que je conçois et accepte : la trahison est toujours une éventualité ; puisque je quitte ma position de dominant pour « défendre » leurs causes : celles des opprimé-e-s).

   Par ailleurs, parmi les nombreux racisé-e-s que je fréquente, au quotidien (travail, etc), je me heurte ponctuellement à de l’incompréhension, à de l’étonnement, de leur part : ces personnes rejettent mon propos alors que je ne suis que passeur d’idées (je ne relaye que les paroles des concerné-e-s conscient-e-s), n’admettant pas par là-même, l’existence du « privilège blanc », dénoncé d’abord et surtout par d’autres non-blanc-he-s. Il est à noter que ce n’est pas le fait que ce soit un blanc qui leur parle ; il ferait de même si je ne l’étais pas. Ces derniers se sont tellement conformés à la norme sociale de l’oppresseur, c’est-à-dire intégrés, assimilés, qu’ils ne voient pas où est le problème.

   Noir-e-s ou blanc-he-s, me disent parfois de prendre de la distance, du recul vis-à-vis de ces sujets ; que ce n’est pas mon problème… Peut-être d’aucun-e-s pensent que je suis manipulé, endoctriné…c’est bien mal me connaître ! D’autres me demandent qui je suis – et pour qui je me prends – pour défendre des causes avec autant de véhémences : « tu n’es pas M.L. King ou Gandhi ! ». Évidemment que je n’ai aucune prétention de cet ordre, que ce n’est pas comparable mais je défends un point de vue comme tant d’autres afin que la société change, que le monde bouge positivement, pour redonner de la vie à la vie ! « Les gouttes d’eau font les grandes rivières ».

   Je ne suis qu’un être humain « sans dent », un sans grade de la « France d’en bas », une personne lambda…mais aussi un parent responsable, un type qui se soucie du présent et de l’avenir…et aussi un électeur libre !

   À bientôt !

      Chriss  😉

 

* « blanc » n’est pas en référence à une couleur de peau biologique mais relatif à un point de vue social.

 

© chridriss – le 25/11/2014.