Un poème qui n’a de cesse de m’inspirer…

 

 » Il meurt lentement

celui qui ne voyage pas,

celui qui ne lit pas,

celui qui n’écoute pas de musique,

celui qui ne sait pas trouver

grâce à ses yeux.

Il meurt lentement

celui qui détruit son amour-propre,

celui qui ne se laisse jamais aider.

Il meurt lentement

celui qui devient esclave de l’habitude

refaisant tous les jours les mêmes chemins,

celui qui ne change jamais de repère,

Ne se risque jamais à changer la couleur

de ses vêtements

Ou qui ne parle jamais à un inconnu

Il meurt lentement

celui qui évite la passion

et son tourbillon d’émotions

celles qui redonnent la lumière dans les yeux

et réparent les coeurs blessés

Il meurt lentement

celui qui ne change pas de cap

lorsqu’il est malheureux

au travail ou en amour,

celui qui ne prend pas de risques

pour réaliser ses rêves,

celui qui, pas une seule fois dans sa vie,

n’a fui les conseils sensés.

Vis maintenant!

Risque-toi aujourd’hui!

Agis tout de suite!

Ne te laisse pas mourir lentement!

Ne te prive pas d’être heureux !  »

 

Pablo NERUDA

François Cavanna

C’est un auteur que j’ai découvert dans ma jeunesse et qui m’a montré que la vie n’est pas un chemin tout tracé dans les normes et les conventions. Merci à toi, François ! Repose en paix !

A lire entre autres: « Les ritals »; « La belle fille sur un tas d’ordures »; « Coups de sang »; « Dieu, Mozart, Le Pen et les autres… »

 

François Cavanna : « Lettre ouverte aux culs-bénits »
« Lettre aux culs-bénis » ( publiée il y a 20 ans !)
« Lecteur, avant tout, je te dois un aveu. Le titre de ce livre est un attrape-couillon. Cette « lettre ouverte » ne s’adresse pas aux culs-bénits. […]

Les culs-bénits sont imperméables, inoxydables, inexpugnables, murés une fois pour toutes dans ce qu’il est convenu d’appeler leur « foi ». Arguments ou sarcasmes, rien ne les atteint, ils ont rencontré Dieu, il l’ont touché du doigt. Amen. Jetons-les aux lions, ils aiment ça.

Ce n’est donc pas à eux, brebis bêlantes ou sombres fanatiques, que je m’adresse ici, mais bien à vous, mes chers mécréants, si dénigrés, si méprisés en cette merdeuse fin de siècle où le groin de l’imbécillité triomphante envahit tout, où la curaille universelle, quelle que soit sa couleur, quels que soient les salamalecs de son rituel, revient en force partout dans le monde. […]

Ô vous, les mécréants, les athées, les impies, les libres penseurs, vous les sceptiques sereins qu’écœure l’épaisse ragougnasse de toutes les prêtrailles, vous qui n’avez besoin ni de petit Jésus, ni de père Noël, ni d’Allah au blanc turban, ni de Yahvé au noir sourcil, ni de dalaï-lama si touchant dans son torchon jaune, ni de grotte de Lourdes, ni de messe en rock, vous qui ricanez de l’astrologie crapuleuse comme des sectes « fraternellement » esclavagistes, vous qui savez que le progrès peut exister, qu’il est dans l’usage de notre raison et nulle part ailleurs, vous, mes frères en incroyance fertile, ne soyez pas aussi discrets, aussi timides, aussi résignés!

Ne soyez pas là, bras ballants, navrés mais sans ressort, à contempler la hideuse résurrection des monstres du vieux marécage qu’on avait bien cru en train de crever de leur belle mort.

Vous qui savez que la question de l’existence d’un dieu et celle de notre raison d’être ici-bas ne sont que les reflets de notre peur de mourir, du refus de notre insignifiance, et ne peuvent susciter que des réponses illusoires, tour à tour consolatrices et terrifiantes,

Vous qui n’admettez pas que des gourous tiarés ou enturbannés imposent leurs conceptions délirantes et, dès qu’ils le peuvent, leur intransigeance tyrannique à des foules fanatisées ou résignées,

Vous qui voyez la laïcité et donc la démocratie reculer d’année en année, victimes tout autant de l’indifférence des foules que du dynamisme conquérant des culs-bénits, […]

À l’heure où fleurit l’obscurantisme né de l’insuffisance ou de la timidité de l’école publique, empêtrée dans une conception trop timorée de la laïcité,

Sachons au moins nous reconnaître entre nous, ne nous laissons pas submerger, écrivons, « causons dans le poste », éduquons nos gosses, saisissons toutes les occasions de sauver de la bêtise et du conformisme ceux qui peuvent être sauvés! […]

Simplement, en cette veille d’un siècle que les ressasseurs de mots d’auteur pour salons et vernissages se plaisent à prédire « mystique », je m’adresse à vous, incroyants, et surtout à vous, enfants d’incroyants élevés à l’écart de ces mômeries et qui ne soupçonnez pas ce que peuvent être le frisson religieux, la tentation de la réponse automatique à tout, le délicieux abandon du doute inconfortable pour la certitude assénée, et, par-dessus tout, le rassurant conformisme.

Dieu est à la mode. Raison de plus pour le laisser aux abrutis qui la suivent. […]

Un climat d’intolérance, de fanatisme, de dictature théocratique s’installe et fait tache d’huile. L’intégrisme musulman a donné le « la », mais d’autres extrémismes religieux piaffent et brûlent de suivre son exemple. Demain, catholiques, orthodoxes et autres variétés chrétiennes instaureront la terreur pieuse partout où ils dominent. Les Juifs en feront autant en Israël.

Il suffit pour cela que des groupes ultra-nationalistes, et donc s’appuyant sur les ultra-croyants, accèdent au pouvoir. Ce qui n’est nullement improbable, étant donné l’état de déliquescence accélérée des démocraties. Le vingt et unième siècle sera un siècle de persécutions et de bûchers. […] »

François Cavanna

« La Puissance discrète du hasard » de Denis Gozdanovitch.

        La chance et le hasard en soi n’existent pas mais il faut admettre qu’il existe des énergies au-delà du cartésianisme. Notre société occidentale est trop repliée sur le système « de la cause à effet » hyper rationnel. De la logique pure qui nous conduit à la psychorigidité, à l’égocentrisme, à l’égoïsme. Nous ne savons plus voir l’essentiel. Nous ne savons plus contempler le monde qui nous entoure : apprécier sa beauté et être ouvert à l’Autre.

Il est nécessaire d’ouvrir une autre voie  par un état d’esprit qui nous permet de donner un sens nouveau à notre vécu, à nos rencontres, à notre vie. Rien ne se fait par hasard car il faut le provoquer, pour saisir la chance. Mais pour cela, il faut être réceptif en donnant de l’importance à l’intuition, au lâcher-prise, au désir absolu lié au plaisir (être plus dans une volonté libre, détachée, plaisante plutôt que dans une volonté crispée, tendue, frustrante) ; c’est en se déconditionnant pour mieux retrouver en soi le sens de l’immédiat donc de l’opportunité. Croyons que tout est possible, que tout peut nous arriver mais pour cela, soyons vigilant : la chance passe vite, sachons la reconnaître !

Savoir s’abandonner pour atteindre cette disposition mentale qui nous rend heureux, qui nous rapproche de ce que d’aucuns appellent Dieu, énergies positives, Tao… Simplement être conscient d’exister (s’écouter, s’accepter), profiter de chaque instant, goûter la joie du partage, être dans l’empathie et la compassion.

Le principal obstacle est la peur : oser aller là où on ne vous attend pas ; dépasser les limites que vous vous imposez. Autre frein : la culpabilité de ne pas mériter ce qui n’est pas obtenu avec effort (culture judéo-chrétienne). Apprendre à être passif (ne rien faire), patient (aimer attendre). Jouir de l’instant présent.

Cela n’est pas inné pour tous ; pour nombre d’entre nous, cela demande de la préparation, de l’entraînement mental. Il faut vouloir être apte au bonheur ! Attention tout de même à ne pas sombrer dans un idéalisme du merveilleux, dans l’angélisme béat.

 Bon dimanche !

  Chriss 😉

                                                                           Le 16/06/2013 – © chridriss

Portrait :

   Né en 1946 à Paris, l’écrivain Denis Gozdanovitch a été champion de France de tennis junior et de squash. Il préféra rester amateur alors qu’il est promu à une belle carrière. Diplômé de l’IDHEC, joueur d’échecs, il joue aussi avec les mots afin de nous aider à observer le quotidien sous l’angle de la poésie, toutes les poésies. Érudit et sportif, parisien et provincial, l’auteur nous transporte avec cet ouvrage, entre humour et sérieux, dans un voyage vers nous-même.

Bibliographie :

« Petit Traité de désinvolture » (José Corti, 2002)

« Rêveurs et nageurs » (Points, 2005 et 2007)

« Brefs aperçus sur l’éternel féminin » (Robert Laffont, 2006)

« De l’art de prendre la balle au bond » (Jean-Claude Lattès, 2007)

« La faculté des choses » (Le Castor Astral 2008)

« Le Petit Grozda, les merveilles oubliées du Littré » (Points, 2008)

« L’Art difficile de ne presque rien faire » (Gallimard, “Folio”, 2010)

« Minuscules extases » (Robert Laffont, 2009)

« La secrète mélancolie des marionnettes » (L’Olivier, 2011)

« L’Exactitude des songes » (Du Rouergue, 2012)

« La Puissance discrète du hasard » (Denoël, 2013).

« The top five regrets of the dying » de Bronnie Ware.

      Bronnie Ware adore écrire de la poésie mais pour gagner sa vie, elle a choisi un travail qui va bien au delà d’un simple travail… En effet, c’est son coeur qui parle quand elle masse les pieds; change les draps, prépare le thé…aux personnes en fin de vie qu’elle accompagne jusqu’à leur dernier souffle. 

       Des Blue Mountains d’Australie où elle vit, elle a eu l’idée d’écrire les confidences d’avant leur « grand voyage ». Elle en a retiré que ce sont toujours les mêmes 5 grands regrets qui revenaient dans les conversations. 

  1. Avoir le courage de vivre sa vie et pas celle que les autres attendent de soi : ne pas vivre au travers d’autrui.

  2. Ne pas centrer sa vie sur le travail. Prendre le temps de se recréer, d’avoir des activités en dehors du travail.

  3. Avoir le courage d’exprimer ses sentiments. Dire notre amour à ceux qui nous sont chers.

  4. Rester en contact avec ses amis. Pour ne pas mourir seul(e).

  5. S’autoriser à être plus heureux. Ne pas oublier le bonheur.

Bonne lecture !

   Chriss 😉

Le 11/06/2013 – © chridriss

 

 

« The top five regrets of the dying » de Bronnie Ware.

Hay House, Londres. 246 p.

http://www.hayhouse.co.uk

(non traduit en français).

« Éloge de la faiblesse » d’Alexandre Jollien.

     Je viens de terminer la lecture du 1er ouvrage du philosophe suisse, Alexandre Jollien : « Éloge de la faiblesse ». Quelle leçon de vie ! Je ne suis guère surpris de ce que j’ai lu après l’avoir vu et entendu à la Tv depuis qu’il est médiatisé. Son parcours m’interpelle avec émerveillement  : c’est le genre de personne qui vous réconcilie avec l’espère humaine. J’ai donc acheté une bonne partie de ses livres !

     Je vais faire court -ça m’arrive rarement !

   Alors jeune adulte, j’avais suivi une formation pour devenir animateur, spécialisé dans « les loisirs pour personnes handicapées ». Parmi les intervenants, il y avait un formateur hors du commun tant il avait dépassé son handicap (infirme moteur cérébral) : il était moniteur de voile ! En le voyant, ça paraissait impossible.

    « Deviens ce que tu es ! » dit en avant-propos Alexandre Jollien ; celui qui a appris le « métier d’homme » grâce aux faibles, aux marginaux, aux hors et a-normaux, aux cancres… C’est avec eux et grâce à leur amitié, grâce à l’amour de ses parents qu’il a trouvé la force de « rester debout ».

    Je pense que ces 2 personnes ont appliqué la méthode : « Puisque c’est impossible, fais-le ! ».

    Je vous encourage à lire cet « Éloge de la faiblesse ». Il est puissant !

       Chriss 😉 

                                                                                    Le 15/05/2013 – © chridriss

Voir: http://www.alexandre-jollien.ch/

« Maktub » de Paulo Coelho

      Certes, je suis un inconditionnel des œuvres  littéraires brésiliennes (de Jorge Amado, Clarice Lispector…) mais j’ai toujours eu un peu de mal à accepter la  renommée de Paulo Coelho. J’avais lu « L’Alchimiste » comme tout le monde et j’étais resté sur ma faim: bien écrit mais bon, encore une histoire pour devenir meilleur, grandir… Toujours le même (dis)cours de philo… New-age !

      Dernièrement, j’ai lu « Brida », toujours un peu le même sujet  mais j’ai été agréablement surpris par l’originalité. Et puis, je viens de terminer « Maktub ». Là, l’auteur profite de sa popularité pour commettre un recueil de notes « véritable trésor de sagesse » comme le dit la 4ème de couverture… Soit, mais je doute que ce livre eut été édité s’il s’ agissait d’ un auteur parfaitement inconnu !

       Bref, je vous le conseille si vous êtes friand de zenitude, de spiritualité…bien que le titre en référence à l’Orient ne soit qu’un titre !

          Bonne lecture ! 

                 Chriss 😉

PS: vous trouverez quelques extraits du livre dans la catégorie « Corps et âme » à la rubrique « Zenitude et bien-être ».

PPS: en passant, je vous recommande le livre d’Antoine FILISSIADIS :  « Va au bout de tes rêves ! »  C’ est étonnant ! Entre autres, vous apprendrez qu’ il ne sert à rien de vivre dans le passé car celui-ci n’ a pas d’ avenir… J’ ai adoré !

Le plaisir d’ apprendre…

 » Apprendre sans plaisir rend sec, prendre du plaisir sans rien apprendre rend stupide. » *

   Voilà bien une pensée de Richard David PRECHT (philosophe et biologiste contemporain) qui me sied à ravir !

   En effet, à quoi cela sert-il d’apprendre sans y trouver un réel plaisir ? A quoi bon se « remplir  le cerveau » comme tous ces énarques, tous ces érudits et prétendus intellectuels si l’apprentissage ne consiste qu’ à saturer et embrouillardiser sa mémoire ? Il vaut mieux jouir de l’apprentissage pour mieux l’ingérer, le digérer et  le partager.

   Quant au plaisir, n’ est-il pas vain de « s’éclater » aux frais de bas instincts animaux; l’Homme n’est-il pas un animal doué d’intelligence ? J’en doute parfois…

   » Soyez curieux de tout, réalisez vos bonnes idées, et remplissez vos journées de vie et non votre vie de journées. «  *

                Chriss 😉 

 

* extrait de son ouvrage: « Qui suis-je et si je suis, combien ? Voyage en philosophie »  Ed. Belfond (traduit de l’ allemand par Pierre DESHUSSES.