L’ amour, seul, ne suffit pas. . . (bis repetita non placent) mais…

            Préambule

     Sur le web, je ne m’étale guère sur ma vie privée et dans la « vraie » vie, j’en parle de moins en moins, excepté à certaines personnes en qui j’ai confiance (elles sont de plus en plus rares) voire plus du tout à d’autres (y compris au sein de ma famille) qui font feu de tout bois de mes choix de vie en général, et en l’occurrence de mes transports sentimentaux.

Il est plus aisé de dénigrer, critiquer, culpabiliser… Certes, tout le monde ne se réjouit pas pour son prochain. C’est bien dommage car la vie serait meilleure pour tous ; surtout en ces temps de haine, l’amour devrait se répandre pour la combattre. C’est surtout parce que l’amour manque à tant de personne qu’il devient urgent d’aimer pour essayer de sauver ce monde.

 Peu m’importe que l’on me parle d’angélisme et du monde merveilleux des « Bisounours » ; je dirai que même le diable est empli de bons sentiments… (cherchez la nuance et pas que…).

   Je trouve vraiment dommage d’être obligé appliquer le « Pour vivre heureux, vivons caché » mais c’est parfois (un mal)nécessaire. Nonobstant, j’eusse tant aimé que « mes amours, mes emmerdes…» fussent partagés et acceptés par tous mes proches. Mais bon… Ainsi soient-ils.

        Alors pourquoi cet article ?

        Je ne sais pas ! ! !

    Mais quand le clavier me démange, je le gratte du bout des doigts et ça finit par faire un texte que je publie…ou pas !

   Je ne vais pas écrire un second article sur ce sujet car « tout ce qui est répété ne séduit plus » (d’où le titre) mais cela ne m’empêche pas de rajouter  2 ou 3 choses…

    En effet, le temps a – évidemment – passé depuis la rédaction du sus-cité (non, je ne radote pas : je suis bien conscient d’user et d’abuser de la formule « le temps a passé » dans mes articles. Disons que c’est le leitmotiv de mon blog ; comme un refrain qui nous rappelle que Vivre, c’est maintenant !).

    Bon, entre nous (on est bien entre nous ?), je vais vous faire une confidence : l’amour aussi a passé…je dirai même plus : trépassé ! Enfin, c’est ce que je croyais…car il est bel et bien revenu au beau fixe – en fait, il n’est jamais vraiment parti ! Il s’était juste absenté pour mieux renaître ! Pour mieux exploser de mille feux de joie après avoir implosé ! En effet, mon ex (maintenant, ex-ex)et moi n’arrivions pas à nous quitter donc nous sommes à nouveau ensemble depuis quelque temps pour le meilleur, rien que le meilleur ! Étonnant, non ?!

Comme j’aime à citer qu’« Il n’y a que les imbéciles qui ne changent pas d’avis », je viens d’en faire la démonstration : je n’en suis donc pas un ! (du moins en ce qui concerne ce sujet). Et ce, d’autant plus, malgré le fait que je sois le premier à dire que « recoller les morceaux après une cassure, ça ne peut plus fonctionner », je dois reconnaître que j’ai eu tort. Comme on dit, il faut avoir conscience de ce qu’on a perdu pour mieux comprendre la valeur…des choses et des êtres !

   Le pire est derrière nous. Nous avons refait le chemin à l’envers : la conclusion avant l’introduction (n’y voyez aucune allusion quant au développement), la désunion avant l’union, le divorce avant le mariage…

   À la fin de cet article, je déclamais mon bonheur d’avoir rencontré mon complément d’objet direct mais c’était sans compter sur l’adversité et ses aléas. Je ne vais pas exposer en public évidemment (chacun fait comme il veut et je respecte son choix)ce qui a conduit au désaccord dudit complément et provoqué la séparation mais je vais essayer d’expliciter ici mon point de vue généraliste (pas une thèse, non-plus !)sur cet événement clé que nous vivons tous au moins une fois voire plusieurs fois dans notre vie : la rupture !

Il y a la rupture que l’on subit ; celle que l’on fait subir et bien sûr, celle qu’on a décidé d’un accord commun (mais là, il y a guère à épiloguer  !).

Il y a aussi la rupture parce qu’il y a une histoire d’amour parallèle ou pas…

      La déchirure…

  Tout d’abord, j’ai toujours été interpellé par le fait que 2 personnes qui se sont aimées, comprises, admirées ; qui ont des goûts et des intérêts communs ; qui ont émis l’idée de faire leur chemin de vie ensemble en développant des projets…arrivent in fine à se trouver des différences, des incompatibilités, là où elles voyaient de la similitude, de la complémentarité ; à provoquer du dégoût, là où il y avait de la séduction ; à s’invectiver de tous « les noms d’oiseaux », à se déchirer, à se détester jusqu’à se haïr ! C’est assez fréquent d’en arriver là ! Loin d’être l’exception qui confirme la règle…

Bien sûr, les mots dépassent souvent la pensée ; bien sûr, l’ego, la fierté, la dignité, de part et d’autre, sont bafoués ; bien sûr, le quotidien, la société et son stress n’aident pas…

       Pourquoi l’amour s’est-il transformé en haine ?

   Y’-t-il une accumulation de reproches, de griefs non-dits ? Des signes précurseurs, des indices ? La rupture est-elle provoquée ?

Des motifs ? L’argent (radinerie, différences sociales…) ; le physique (oui, la maternité, les régimes, la sédentarité, l’âge…changent le corps) ; le sexe (frigidité, nymphomanie…, pannes sexuelles, priapisme ( !)…) ; la religion (différences, puritanisme, conversion ou pas, athéisme…) ; les conflits d’ordre moral et éthique ?

Tant de prétextes, d’excuses…

  L’amour, au début de la rencontre, est comme une gomme qui efface, qui invibilise les potentiels défauts, les contradictions, les mauvaises habitudes, les travers voire les vices de l’Autre… Puis, au fur et à mesure, cet « effacement », telle l’encre invisible, laisse ré-apparaître, à la lumière du quotidien, tout ce qui était « caché ». Évidemment, plus ou moins aveuglé(e) de cet amour naissant, nous voyons pourtant des « choses » qui vont clocher dans la relation mais « le cœur a ses raisons que la raison ignore »… Nous passons outre ; nous sommes confiants, optimistes…enjoués voire euphoriques, en apesanteur… La vie est belle ! Jusqu’au jour où la vie n’est plus miel mais fiel…

     Avant la catastrophe…

  Peut-être y a-t-il des solutions pour éviter les conflits provoquant la rupture ? Le dialogue ? Certes mais la susceptibilité, l’énervement, la provocation le freine et l’anéantisse !

Il existe une autre voie : se séparer avant que la crise inéluctable arrive, avant de rompre. Je vous invite à lire cet article.

Bon d’accord, c’est sur un site qui prône le libertinage et autres réjouissances de ce genre ; je ne suis pas adepte de ce genre de « philosophie » mais l’article est intéressant car il ouvre des perspectives nouvelles. En effet, ne serait-il pas plus sain, plus simple, plus juste, plus humain, plus respectueux de se quitter en bons termes, sachant que la vie continue, que le printemps succède toujours à l’hiver ?

   Mais pour cela, il faut comprendre, accepter, que rien n’est jamais acquis, ni définitif dans la vie. Tout peut changer ; tout change.

      Et après ?

   À notre époque où tout va vite – trop vite – il est bon de se poser, se pauser ; prendre le temps de savoir qui l’on est ; ce que l’on attend de la vie. Pour soi, pour autrui, pour le couple.

Quand on a la réponse, on avance : soit la rupture est consommée, soit l’aventure continue.

Il me semble que l’homme hétéro en général soit moins enclin à l’engagement ; qu’il faille que la femme le pousse dans ses retranchements. Pour les couples homo, je ne sais pas mais je suppose que la problématique de la rupture soit la même en dehors, peut-être, de certaines spécificités qui m’échappent.

Les couples, de nos jours, se font et se défont au moindre problème alors que l’amour, c’est regarder ensemble dans la même direction et aussi et surtout faire face aux aléas de la vie ensemble.Il ne suffit pas juste de s’aimer béatement pour se comprendre, pour accepter nos différences, pour faire face à l’adversité. La vie est une lutte permanente alors à 2, on devrait être plus fort, non ?

     L’amour a besoin d’être entretenu : le feu ne dure que s’il est attisé.

  Donc, « aimons-nous les uns les autres », ça marche pour tout le monde en dehors de toute référence biblique…et peu importe votre orientation sexuelle, bien sûr !

   J’aime beaucoup cette formule d’Alain : « Le pessimiste est d’humeur ; l’optimisme est de volonté » ; ceci dit, j’ai la volonté du pessimiste qui est optimiste d’humeur !

    Au plaisir de vous lire !

            Chriss   😉

                                                     Le 07/10/2014 – © chridriss

LETTRE AMOUR À L’ÊTRE AMER… (4 et fin)

  Tout ça, mon Cher Philippe, pour te dire que ta mère est devenue une autre femme : elle est battante, volontaire, enjouée mais elle a besoin de toi ; que tu reprennes ton rôle de grand frère par rapport à Paul. Elle se bat en permanence pour l’éducation de ton p’tit frère ; lui, qui ne fait plus rien à l’école, qui traîne avec ses potes… Il profite de l’absence de l’autorité naturelle paternelle pour se lâcher mais là, c’est trop ! Même s’il apprécie d’avoir enfin un portable et internet à la maison, il a très mal vécu tous ces changements. Ta mère craint le pire ! 

  Peut-être te demandes-tu ce que je suis pour ta mère ? Eh, bien, je peux te dire que la distance notoire qu’il y avait entre elle et moi s’est amenuisée ; cependant, je ne la vois qu’en terme d’amitié. Comment pourrait-il en être autrement ? Je ne sais pas si tu es informé que je vais me marier ; oui, tu as bien lu ! Tu es d’ailleurs invité ! Cela fait 3 ans que j’ai enfin trouvé la perle rare : une femme qui comprend que l’écriture, c’est ma vie !

  Une dernière chose (disons un conseil d’ami) : c’est trop stupide de s’apercevoir que l’on n’a pas dit « je t’aime » à ceux qui nous sont chers alors qu’ils viennent d’entamer l’ultime voyage…

  J’espère, mon Cher Philippe, que cette missive ne restera pas silencieuse et que ton cœur saura pardonner l’amertume de mes mots. « Toute vérité n’est pas bonne à dire. » mais la mienne n’est pas mauvaise à lire. Je sais que tu pourras comprendre mon propos, même si ce n’est pas dans l’immédiat. Enfin, je te le souhaite.

 Je croyais écrire un poème et les maux de ta mère ont dépassé mes vers…

      Amicalmement, je t’embrasse.

              C.

… … … …

Homère !

Qu’es-tu sans ton Odyssée ?

Ah, mers !

Qu’êtes-vous sans vos naufragés ?

Souvenirs amers

Où les âmes errent…

Sans…

FIN !

Chriss  😉

                            © chridriss – Tous droits réservés. Avril 2014.

LETTRE AMOUR À L’ÊTRE AMER… (3)

    Il est vrai – critiqueras-tu – que je suis mal placé pour te faire la morale et te donner des leçons de vie mais sache que ce n’est pas le sens de ma démarche ; que je ne veux que ton bien et que voir ta mère peinée – une double peine – me désole. Tu ne peux continuer ainsi à lui faire subir tes humeurs d’égoïste aigri tel un enfant gâté que tu n’as pourtant pas été. Peut-être me trompé-je ? Prouve-moi donc que mon interprétation est erronée !

   Rien n’est jamais acquis ; rien n’est jamais définitif. Ma vie n’a pas été « Un long fleuve tranquille » comme tu peux t’en douter mais il est bien loin le jeune homme paumé que je fus. Toi aussi, tu peux changer : tu es loin d’être un imbécile !

   Je te fréquente depuis suffisamment longtemps pour ne pas douter de toi. Je te fais confiance ; ne le devrais-je point ?

   Entre ton père et moi, il y a dorénavant comme un vide, un trou noir où les étoiles de l’amitié se sont éteintes. Je ne le comprends plus – l’ai-je un jour compris ? Je le croyais bienveillant parce qu’il m’avait sauvé la vie ; il n’en était a priori rien. Il avait sauté dans la Seine par instinct, sans réfléchir. Mais pourquoi, diable, avait-il insisté à continuer à me voir après cet épisode malheureux ? Il n’avait pas d’amis alors…je tombais à pic, si j’ose dire !

  Il a toujours été un mystère pour moi. Jamais de signe d’affection ni pour ta mère, ni pour ses enfants. Je n’ai jamais su la réelle nature de ce qui nous liait ; excepté que je sois encore de ce monde. Il ne se racontait pas. Plus taciturne que lui, ça n’existe pas ! Plus casanier, tu meurs !

  Et subitement, il a changé. Tellement changé ! J’avais bien remarqué qu’il était moins disponible pour moi, que l’on se voyait de moins en moins mais de là à imaginer qu’il ait une maîtresse…

  Que s’est-il passé pour qu’il s’amourache d’une jeunette délurée ? Quelle mouche l’a piqué ? Encore un mystère ! Était-il lui-même l’ombre de son ombre, cachant sa vraie nature, durant toutes ces années ?

  D’après ta mère, ce fatidique 2 mai, il a pris son café, comme d’habitude sans mot dire ; puis, tout d’un coup, il s’est levé de table, a pris sa sacoche et lui a déclaré tout de go, comme en récitant une mauvaise tirade apprise par cœur :

– J’ai rencontré quelqu’un. Je l’aime et elle m’aime. Toi et moi, c’est du passé. J’ai contacté un avocat pour le divorce ; tu peux tout garder. Adieu !

  Ta mère complètement abasourdie, anéantie n’a pas eu le temps dire quoi que ce soit qu’il avait déjà franchi la porte d’entrée. Elle crût que le ciel lui était tombé sur la tête. Mais elle ne pleura même pas à sa grande surprise.

  D’ordinaire, si discrète, si dévouée à la limite de la soumission, presque un cliché du sexe que l’on dit faible, passé les premiers tourments de sa nouvelle situation familiale, elle se dit que la vie pouvait être AUTRE. Ce ne fut pas facile. Il fallait tout réorganisé. Mais ses ailes larvées ne demandaient qu’à s’ouvrir…

  Deux mois après cet événement tragique, elle a pris le parti d’en rire. Une force qui lui était inconnue dictait à son esprit que sa vie ne serait plus jamais comme avant : elle devrait vivre pour travailler jusqu’à ce qu’elle travaille pour vivre ; cela passait donc par des études pour être un jour totalement LIBRE.

  On peut dire que cette rupture fût une révélation. Une révolution !

A suivre…

Chriss  😉

                            © chridriss – Tous droits réservés. Avril 2014.

LETTRE AMOUR À L’ÊTRE AMER… (2)

    Sais-tu qu’elle fait du sport ; qu’elle a changé de coiffure, de tenues vestimentaires ; qu’elle va au cinéma seule ; qu’elle s’est même engagée dans une association féministe ? ! Non, tu ne sais pas car tu as mis ta famille à l’écart de ta vie ! Tu n’as plus de contact avec elle depuis que ton père a quitté le foyer car tu fais porter à ta mère le poids de la culpabilité : tu crois vraiment que c’est de sa faute que ton père est parti ? Comprends-tu qu’elle n’a pas eu la liberté d’aimer sans souffrir ? Qu’elle n’a jamais connu d’autres hommes que ton père ? Qu’elle n’a même pas osé rêver d’une autre vie ?

   Tu es vraiment ingrat et…macho ! C’est si facile de fuir, de faire fi de toute empathie, de ne pas chercher à comprendre ! Ta mère souffre de ton silence. Tes sœurs la soutiennent mais elles sont géographiquement loin d’elle. Pourquoi les as-tu également oubliées ? Je comprends que tu te protèges ; que tu veuilles avoir une vie tranquille avec ta copine mais est-ce une raison pour jouer à l’orphelin ?

   C’est parce que je te considère comme un fils que je te dis tout ça. C’est parce que je me sentirais toujours redevable vis-à-vis de ton imbécile de père que je t’écris ce que j’ai sur le cœur. J’espère que tu me pardonneras cette liberté d’expression dont j’abuse peut-être…et qui use mon clavier tant j’écris nuit et jour en ce moment ! Certes, pour l’écrivain que je suis, ce n’est pas étonnant !

   Si je t’écris ce jour, c’est aussi parce que je ne veux plus supporter ce secret qui me lie à ton père.

   Ce service dont je t’ai parlé à demi mot. C’est une période de ma vie où j’étais…


Amer…

…comme la bière,
Que je buvais…
Pourtant si douce…

Amer…

…comme les fiers
Délice des vanités…
Que je fumais…

 

Amer…

…comme les vers

De mes poèmes…

Que je pissais…

   Oui, à cette époque, j’étais amer face aux injustices de la vie – plutôt de ma misérable vie – et cela me conduisait à me détruire à petit feu. Je sombrais dans la dépression… Un soir de blues où j’avais trompé ma bière avec du « rhum arrangé » ; où j’avais le cerveau qui flottait dans le fumet d’une « herbe de Provence », je voulus enjamber le Pont des Arts, moi, l’artiste maudit… Ton père, qui revenait de son travail, se porta à mon secours et me ramena chez moi. Nous avions le même âge : 24 ans ; il venait assurément de me sauver la vie car la Seine n’aurait pas fait de cadeau à un type défoncé, de surcroît ne sachant pas nager ! Tu comprends pourquoi, toutes ces années, je ne lui disais mot quant à votre façon de vivre. Je ne peux dire « philosophie de vie » car non seulement, pour moi, il n’y avait pas plus de philosophie, que de vie chez vous durant toutes ces années familialement austères.

   Ah, quand je repense à tout ça…

A suivre…

Chriss 😉

                                      © chridriss – Tous droits réservés. Avril 2014.

LETTRE AMOUR À L’ÊTRE AMER… (1)

Avant-propos:

J’ai écrit cette nouvelle afin de participer à un concours  autour du thème « Amer »; suite à un problème informatique du récipiendaire (format ?), celle-ci n’a pas été retenue… Je la livre in fine sur mon blog puisqu’il n’y a plus d’exclusivité. Dois-je préciser que ce texte n’est que pure fiction ?

Bonne lecture !

Chriss 😉

                                                  ——————————————————————————

« Qui n’a pas d’enfant

n’a pas de lumière

dans les yeux. »

Proverbe Persan.

Ah, Mères !

Qu’êtes-vous sans vos tourments ?

Oh, Mères !

Qu’êtes-vous sans vos enfants ?

… … … …

                   Mon cher Philippe,

      Ainsi commence l’épique poème que m’inspira ta mère, après avoir déjeuné avec elle dimanche dernier : elle était à la fois si désemparée…et si enchantée de me voir ! Quel paradoxe !

  Elle, qui était confinée comme un meuble à la maison, voilà qu’elle se meut en tout sens, à courir ici et là ! Elle, qui ne connaît dorénavrant rien d’autre que cette amertume des jours trop longs et des nuits trop courtes ; elle, qui se lève chaque matin dès potron-minet et ne se couche qu’après minuit bien sonné – non sans avoir mis en ordre les affaires du benjamin de la fratrie. Ah…cette foutue adolescence !

 Quelle idée de t’avoir donné un p’tit frère dont tu es de 17 ans l’aîné ? Serais-ce ce fameux « accident » que prétextent de nombreux hommes pour fuir leur couple ? Ou bien l’enfant qui sauverait, dudit couple, d’une rupture pourtant inéluctable ? Ou, a contrario, est-ce tout simplement un non-choix, parce que le corps, l’esprit et l’amour de ta mère pour les enfants le réclamaient ? Qu’en penses-tu ?

 Ta mère, Chantal, chante différemment depuis que ton père a largué les amarres familiales pour voguer sur la mer des amours juvéniles…abandonnant, au passage – papa pas sage – ses quatre enfants. Certes, trois sont déjà adultes mais n’a-t-on pas toujours besoin de son papa ?

  Sais-tu que je n’ai jamais connu mon père biologique ? Il s’est volatilisé quand il a su que ma mère était enceinte. Ensuite, j’ai eu un père adoptif avec qui je ne me suis jamais entendu. Il est décédé il y a 10 ans. Nous n’avons quasiment rien partagé ensemble. Même à mon âge, j’ai toujours un manque et cette peur de l’abandon. Penses-y !

  Toi, tu n’as plus revu ton père depuis ce lendemain du 1er mai 2013 où il est parti au travail – littéralement un grand Pont – et n’est jamais rentré… Je sais qu’il a essayé de te contacter depuis et que tu as toujours refusé de lui parler. On ne peut être fâché indéfiniment. Quand bien même, tu seras toujours le fils de ton père !

  À 31 ans, tu es un bon p’tit fonctionnaire ; tu as un p’tit studio sympa, une petite copine… Ne vois-tu donc la Vie qu’en minuscule ? L’ambition est-elle héréditaire, le fruit de l’éducation ou est-ce une construction sociale ? Tes sœurs, alors très jeunes, ont compris ; elles, en voyant l’existence glauque de ta mère qu’elles choisiraient leur destinée, et ce, grâce à de longues études. Toi, l’aîné, je sais bien que tu n’as guère eu le choix… Tu devais suivre les pas de ton père…

                                                                                                    -+-

  Ton père ? ! La crise de la cinquantaine proche, que lui prétextaient les trop rares amies de ta maman, ne l’excuse en rien.

– Une fois passée l’effervescence de la nouveauté, il reviendra vers toi tout penaud. Le pardon, Chanchan ! Le pardon ! Tu verras, vous deux, ça sera même mieux qu’avant !

 disaient-elles, croyant lui remonter le moral.

  Ton père est bel et bien un salaud ! Un pauvre type ! Ce n’est pas un Homme majuscule… Je suis désolé de te le dire aussi franchement. J’étais pourtant son ami – il m’avait rendu un inestimable service – et j’admettais sa manière de voir la vie, ô combien si différente de la mienne, mais je n’accepte pas sa lâcheté. Comment a-t-il pu commettre cet acte odieux ? Comment !? 

  Certes, il n’était pas manipulateur, même pas violent, ni en mots, ni en gestes ; il n’y a jamais eu d’orage, même pas de tempêtes chez vous. N’est-ce pas ? Un quotidien sans surprise : lisse comme le lino usé de la cuisine que ta mère a tant frotté ; une routine confite dans le vin cuit, le digestif rituel quasi sacré du dimanche midi. Pour les préparer à la fadeur de la semaine suivante ?

  Sais-tu pourquoi, quand je venais déjeuner chez vous, je m’abstenais de tout commentaire sur la façon de vivre de ta famille ?

                    Comment dire… Ce service… Toujours ce service… 

   Tes parents se sont connus alors que ta mère n’avait que 16 ans ; lui avait tout juste la majorité. Elle ne savait rien de la vie et n’imaginait pas que la vie – sa vie – pouvait être faite de choix. Plus question d’aller au bac, il fallut plutôt passer par la Mairie car c’est toi qu’elle attendait… Puis, tes sœurs et ton frère. « Je devais juste les élever. C’était comme ça ! » m’a-t-elle confié. La fatalité !

  Nonobstant, après 9 mois sans Lui, Chantal a enfin pris conscience de son sinistre statut jusqu’alors de mère au foyer désignée volontaire, vierge de toute activité professionnelle, sans diplôme et formation. Elle avait joué toute sa vie ce rôle de ménagère, de nounou et bien sûr, elle respectait le devoir conjugal… Quel devoir ! ? La femme n’a-t-elle donc pas de droits ?

  Une femme parfaite aux yeux de ton père ! Elle était son nombre d’or mais aussi son ombre ; elle avait marché à côté de sa propre vie sans même sans apercevoir. Elle ne connaissait guère plus que les murs de votre appartement où ses voyages ne la menaient que de la cuisine à la chambre. La télévision était sa seule distraction car Monsieur ne voulait pas d’internet ni à la maison, ni ailleurs : le comble de la modernité chez vous résidait dans son vieux Nokia. Est-ce ce néant informatique qui t’a aussi freiné dans tes études ?

  Tes sœurs et toi n’avaient pas leur mot à dire – pas que votre père était un tyran – vous étiez juste disciplinés et si dociles. Tellement dociles que l’impertinence et la rébellion vous étaient totalement étrangères. N’as-tu jamais eu envie de dire à ton père qu’il aurait dû vous laisser un minimum de liberté ? À l’age de Paul, tu ne quittais la maison que pour aller au collège ; pas de visite d’amis – encore moins d’amies ; pas de cinéma, de Mac Do ; pas de scooter… Tu trouves cela normal et sain ?

  Et ta mère ? Elle restait cloîtrée à la maison à laver ; repasser ; faire la cuisine, le ménage…laver, repasser, faire la cuisine, le ménage… Tu penses vraiment que c’est ça la vie ?!

  Maintenant, ta mère travaille – femme de ménage dans un hôtel bon marché – et vient de commencer des études par correspondance : un Diplôme d’Accès aux Études Universitaires, une équivalence au BAC ; elle veut devenir… Non, je ne te le dis pas… C’est à toi de t’en enquérir !  

  Elle a enfin pris conscience, heureusement, qu’être femme, c’est aussi et surtout ne pas être dépendante et tributaire de son mari ; c’est décider par soi-même ! À 47 ans, il est enfin temps pour elle de vivre !

A suivre…

Chriss 😉

                                      © chridriss – Tous droits réservés. Avril 2014.

Tweet again… 5

« Penser n’est pas faire… »

Le 28/12/2013.

 

« L’amour, ce mal nécessaire… Trop de souffrance reçue et donnée; pas vraiment un libre échange… »

Le 26/12/2013.

« Nous sommes tous Français de Couche ! Et la Souche…c’est un mythe ! »

Le 23/12/2013.

« Le « c’est comme ça » est le leitmotiv absolu des résigné-e-s, peureux-ses, aigri-e-s, conformistes, soumis-e-s… »

Le 09/12/2013.

Chriss  😉

Récap. 2013 :

Tweet again… 1

Tweet again… 2

Tweet again… 4

Tweet again… 5

                         © chridriss – Décembre 2013.

Rencontre du 3e site (part.2)

         Bref, je souhaite juste partager ici un morceau de vie, une expérience. À noter que j’étais inscrit sur des sites gratuits (et forums à profusion), qui permettaient surtout de construire un réseau social, de développer un cercle amical voire plus. Le seul payant était un « vrai » site de rencontres bien connu.

    C’est donc à plusieurs reprises que j’ai rencontré l’amour sur le web – du moins, ça y ressemblait très fortement. Mon goût pour l’échange – pas l’échangisme – et l’écriture aidant, j’ai, par le passé, écumé le web, surfant de profil en profil, à « l’affût » de la perle rare. Postant à tout va… Commentant qui, une photo, qui une citation, qui, un article pertinent… J’y ai eu des hypothétiques « coups de cœur » et aussi des découvertes de personnes formidables (femmes et hommes), positives… Vivantes ! J’y ai côtoyé aussi quelques hystériques ; quelques psychotiques et autres bipolaires en mal de vivre ; quelques « cas sociaux » ; quelques « ensorceleuses » aux charmes trop visibles…

     Mais bon, je cherchais des ami(e)s (dans le sens français du terme) et surtout le complément d’objet directe de ma vie !

   Tout d’abord, je n’ai pas compris pourquoi – contrairement à mon approche innocente voire naïve– d’innombrables internautes trichent sur leur âge, leurs goûts, leurs centres d’intérêt, etc.

   Pourquoi se cacher, pourquoi se mettre un masque qui fausse l’éventuelle relation (quel qu’en soit l’issue) ? L’authenticité a toujours été mon maître mot. Web ou pas. En fait, le virtuel semble, pour de nombreuses personnes, être un lieu anonyme (à tort) où l’on peut dire et faire n’importe quoi alors pourquoi se priveraient-elles ? Je n’avais pas compris qu’il était dangereux de mettre autant de cœur à l’ouvrage : je n’avais pas la bonne distance…

   À l’époque, il me fallait sortir de mon quotidien, de ma solitude choisie mais devenue pesante. J’avais d’abord privilégié marcher (passer du temps) avec mon fils (le voir grandir) plutôt que courir après La Femme de mes rêves. Sa mère et moi étions séparés depuis un paquet d’années. Je vivais seul depuis trop longtemps…

    Un site de sorties organisées par ses membres me permit de…sortir ! Du coup, profitant que mon fils était plus présent chez sa mère, je me dispersais de resto en cinéma ; d’expos en balades ; de musées en jardins ; d’apéros géants en…RDV manqués !

   Je rencontrais d’innombrables personnes, hommes et femmes, quasiment tous célibataires, qui cherchaient à se divertir, à se cultiver. Le plus étonnant, c’est qu’il fallait rester dans le créneau des sorties ; le site ne permettait pas un « rapprochement » trop visible entre 2 personnes. Quelle hypocrisie ! Chacun était pourtant là aussi pour provoquer Cupidon. Bref, je fis une overdose de rencontres sans suite – sauf pour se retrouver lors d’autres sorties  ! Peut-être, m’y prenais-je mal ? Je n’ai jamais été un grand dragueur…et j’ai mis du temps à accepter que j’avais « un certain charme » (rires).

   Par conséquent, je bifurquais sur des sites plus adéquats à ma recherche. Je savais pourtant que l’on a peu de chance de trouver quand on cherche et la chance de trouver vient quand on ne s’attend à rien ; soit, mais je redoublais quand même d’efforts !

  J’avais un profil bien détaillé, très explicite, avec photos récentes sans retouche, une présentation écrite soignée, bien orthographiée, au contenu très détaillé, très personnalisé ; ce qui s’avère préjudiciable : vous êtes déjà dans la confidence alors qu’il vaudrait mieux se découvrir progressivement. Vous êtes déjà « à poil » alors que vos interlocuteurs (trices) sont encore pour la plupart encore bien habillé(e)s, bien protégé(e)s, bien sécurisé(e).

                   Ton profil n’est pas ton ami. Pas toujours.

    Grande fût ma surprise de recevoir surtout des demandes de contacts de la part de femmes, principalement des pays de l’Est et d’Afrique, qui visiblement cherchaient autres choses que de la poésie, que de l’Amour non tarifé. Elles cherchaient d’abord à fuir leur pays, leur quotidien…et à trouver le pigeon de l’eldorado. Ou alors, c’était des « arnacoeurs » : un classique du net ! Je n’ai pas donné suite favorable à ses « amoureuses » potentielles ; parfois, quelques échanges. Trop intéressées, trop vénales… Prétextant Dieu en gage d’honnêteté…

    Je ne comprenais pas non-plus pourquoi, alors que, par exemple, j’avais mis un mot gentil et poli, sur la page d’une personne, au demeurant intelligente et charmante, je n’avais aucun retour. C’était sans savoir qu’étant hyper sollicitées, elles n’avaient le temps que de survoler leur page, parsemées de commentaires plus désobligeants les uns que les autres…

  Plus tard, des amies me relataient les propos sexistes et racistes dont elles ont été victimes. J’ai toujours été sidéré de constater comment « les gens » se lâchent sur la toile… Sexisme, racisme...

  C’est alors que j’eus l’idée – d’autres l’ont fait avant moi – de créer un profil de femme et me faire passer pour une femme. En 5 minutes, j’avais réuni : une photo d’une jeune femme blanche, blonde (je ne suis pas un expert), aux atours généreux mais discrètement mis en valeur, avenante sans provocation ; une description openmind mais réfléchie… Libre et indépendante. Belle et intelligente, quoi !

   Pas de vulgarité, pas d’incitations quelconques au sexe…

   Je fus submergé de commentaires ne dépassant pas 3 ou 4 mots ; genre « tes bonne » (avec la faute). Quel déluge ! Une avalanche de messages, de demande de contacts… Au bout de 3 jours, je supprimais le compte de ce profil. Les féministes et autres sympathisants ont encore du travail pour longtemps ! Triste constat.

         Bref…

     Des femmes cherchaient le « Prince charmant »…et je ne charmais personne ! Je remarquais que les bads boys et autres torses sans visage attiraient plus l’attention que moi. Ils n’avaient pourtant, a priori, aucune conversation…et semblaient plutôt là, uniquement dans le but de satisfaire leurs désirs sexuels – leurs besoins bestialement primitifs devrais-je plutôt dire (les mêmes qui me harcelaient sur mon faux profil de femme). Cela était évident et ils avaient du succès !

    Non pas que ces femmes cherchaient de même (certaines, oui, évidemment mais ce n’était pas le site adéquat) ; non, ces femmes-là étaient aveuglées par la plastique, par le fantasme du bellâtre ; sous le charme de l’Avoir, du paraître, plutôt que le réalisme de l’Être. Elles déchantaient.

     N’étant pas le bel éphèbe, il me fallait me contenter de développer l’intellect, l’humour…

    In fine, je parvins au fil du temps, malgré tout, à sympathiser avec la gent féminine ; je me trouvais « entouré » de femmes qui voyaient en moi, l’Ami, le confident, l’« âme-jumelle »…mais pas l’ombre de l’amant, du compagnon, du mari ! J’avais de beaux échanges sociétaux, littéraires, humains, poétiques…mais je restais seul devant mon clavier ! Quand je les rencontrais en live, nous nous connaissions si bien que l’amitié réelle était palpable ; d’ailleurs, à ce jour, certaines sont encore mes amies.

    Quid de l’Amour  ? Pas d’anecdotes croustillantes ! Cela restera du domaine privé car il en va du respect vis-à-vis de ces rencontres virtuelles transformées en histoire d’amour… De bons moments mais aussi des souffrances..

     Bon, pour ne pas vous frustrer (rires), quelques mots (en accord avec ma dulcinée : lu et approuvé) sur le fait que je suis à nouveau en couple…

     Il y a un peu plus d’un an, je réapprenais la vie de célibataire (imposée par une rupture douloureuse suite à relation foudroyante)…quand une personne fit irruption dans ma vie de manière improbable !

    Je ne voulais pas faire une nouvelle rencontre à tout prix et surtout ne pas être dans la situation d’être avec l’une pour oublier l’autre ou pour combler une solitude nouvelle à la fois savoureuse mais angoissante. Il fallait du temps…

    Et je ne voulais plus du web…

    Cependant, sur les conseils d’une amie, je m’inscrivis sur un site inconnu du grand public. Elle me dit qu’il était temps que je m’éclate : libre et disponible ; je ne devais plus me prendre la tête avec l’Amour et plutôt m’amuser… C’était bien une femme libérée et pas un homme qui me disait radicalement : « sexe, it’s on ! » Je te salue au passage mon amie ! Tu as changé ma vie.

     Dans les paramètres de recherche, j’indiquais donc « aventure  classée sans suite » pour aller dans le sens de mon amie et pourquoi pas essayer d’être ce que je ne suis pas… Le sexe pour le sexe, sans les sentiments, ne m’a jamais inspiré. Au bout de 2 jours, j’eus un contact -en ayant auparavant, rectifié mon profil sur « rencontre sérieuse ». Une aventure avec suites…comme je l’espérais au fond de moi.

    Cette personne, tout juste inscrite (comme moi) et aussi sans grande conviction, avait simplement donné suite à un message que je lui avais envoyé (je l’avais mise dans mes favoris). Parmi ses innombrables messages, elle tomba sur le mien – le hasard n’existant point – et se dit pourquoi pas ?

    Il y avait si peu de probabilité de se rencontrer (comme dans toutes les histoires d’amour du web).

    Cela fera 1 an dans quelques jours !

    Bien sûr, comme dans tous les couples ( ?), nous avons goûté le bonheur d’être 1+1=1 mais nous avons aussi essuyé des tempêtes, des orages… Nous avons passé le pire ; maintenant, c’est le meilleur du meilleur ! Avec le temps qui passe si vite, nous savons aussi que l’un sans l’autre, c’est compliqué…cela donne une Histoire qui prospère dans une construction permanente de l’Amour au quotidien (CQFD).

      Conclusion ? Le net, c’est aussi la Vraie Vie mais dans une autre réalité. Parfois, ça fonctionne…

      Je souhaite à toutes celles et ceux qui cherchent l’Amour de le trouver.

     À bientôt !

         Chriss 😉

                                                                                                             Le 24/07/2013 – © chridriss