Exibit B : Exhibition Bananière à Boycotter !

      J’ai peu commenté sur les réseaux sociaux au sujet de cette expo — puisque je n’ai guère de légitimité à le faire — et je n’avais pas l’intention d’en faire un article (tout a déjà été dit, le pire comme le meilleur). Cependant, je vais pianoter, quand même, quelques mots car « Qui ne dit mot consent » et comme je ne consens pas et que je ne sais pas me taire, je me dois d’être clair et transparent :

  Je condamne cette pseudo « performance artistique » de Brett Bailey (que je n’ai pas vu – on n’est pas obligé d’avoir un cancer pour en parler !)et j’ai soutenu et je soutiendrai encore, à titre personnel, isolé, sans militantisme (?)mais publiquement, les manifestant-e-s contre celle-ci. Je préfère la plupart du temps agir dans l’ombre, modestement. C’est ma manière de contester, protester, revendiquer… Chacun sa méthode. Je laisse la lumière à ceux qui savent s’exposer. N’allez donc pas penser que j’arrive après la bataille !


     Pourquoi être contre Exibit B ?

  • Parce que sous couvert d’Art, on ne peut pas tout accepter, sans condition, ni avertissement.

  • Parce que la présentation de l’expo est financée avec de l’argent public et qu’il est du devoir de chaque citoyen de demander des comptes sur ce que l’Art, ainsi dispensé, propose aux contribuables.

  • Parce que ce spectacle montre des personnes noires :

    – en cage, tels des animaux. La symbolique peut (se) prêter à de nombreuses interprétations odieusement malsaines…

    – statiques donc passives (les noir-e-s n’ont pas le droit d’être actifs sauf si c’est – encore des clichés – dans le sport, la musique, la danse).

    – muettes par défaut donc sans le pouvoir, ni le droit de s’exprimer.

    – crûment nues pour certaines donc affaiblies par un certain voyeurisme.

    Tout cela participant à la stigmatisation d’une population et rappelant les « tristement » célèbres « zoo humains » d’un autre temps.

  • Parce que c’est un blanc, paternaliste, avec ses privilèges re-niés, qui a conçu et propose cette expo sans montrer, ni démontrer le rôle des blancs esclavagistes et l’impact de la colonisation.

  • Parce que la parole intrinsèque des concerné-e-s soit les non-blanc-he-s, dans et en dehors du spectacle, est confisquées, censurées, bafouées, dénigrées.

  • Parce que la censure va toujours à l’encontre des victimes ; qui, elles-eux, n’ont pas droit à la sacro-sainte liberté d’expression, cette dernière défendue elle-même par les censeurs. Paradoxe ! Les pro-Exibit B s’autorisent tous les droits alors que les manifestant-e-s directement concerné-e-s n’ont pas le droit de s’exprimer à bon escient ! Ils ont même eu droit à une protection policière ! (Cette dernière n’hésitant pas à faire usage de violences à l’encontre des manifestants pacifiques).

  • Parce que l’expo va rapporter de l’argent à son créateur et ne servira pas la cause de ce qu’il prétend dénoncer.

  • Parce que les responsables de la programmation (et leurs soutiens)démontrent le contraire de ce qu’ils proclament haut et fort dans les médias : ils ne sont pas antiracistes ! Bien au contraire, ils font le jeu du racisme !


            Exibit B : Blessante à Bannir !


   Cette expo a déclenché une polémique qui ne donnera pas, malheureusement, plus de visibilité aux concerné-e-s ; pire, elle les a confiné dans l’irresponsabilité, la marginalisation, l’opprobre…décrétées par les censeurs : elle les a stigmatisé encore plus. Alors qu’ils auraient dû et devaient être écoutés, entendus, considérés parce que leurs revendications étaient et sont légitimes et qu’elles-ils ont été — je me permets de reprendre leur slogan — « Droit-e-s, Dignes et Déterminé-e-s ! »

  Certes, l’expo est finie mais la lutte des détracteurs de celle-ci continue ; je vous invite donc à visiter les liens suivants, pour une reconnaissance de leurs biens fondés et pour comprendre RÉELLEMENT le racisme :

La pétition

Le Blog

La page Facebook

Antiracisme et privilège blanc

Les décolonisés

Une autre histoire

Quartiers libres

  Quelques citations à partager :

« Les nations européennes se vautrent dans l’opulence la plus ostentatoire. Cette opulence européenne est littéralement scandaleuse car elle a été bâtie sur le dos des esclaves, elle s’est nourrie du sang des esclaves, elle vient en droite ligne du sol et du sous-sol de ce monde sous-développé. Le bien-être et le progrès de l’Europe ont été bâtis avec la sueur et les cadavres des Nègres, des Arabes, des Indiens et des Jaunes. Cela nous décidons de ne plus l’oublier. » Frantz Fanon

« Si vous n’êtes pas vigilants, les médias arriveront à vous faire détester les gens opprimés et aimer ceux qui les oppriment. » Malcolm X

« Aussi longtemps que les lions n’auront pas leur historien, les récits de chasse tourneront toujours à la gloire du chasseur. » Proverbe africain

« Le racisme, c’est une vieille tradition française. La France a une tradition coloniale, colonialiste, esclavagiste, d’inégalités sociales, d’inégalité raciale très enracinée. Le poison de la colonisation et des guerres coloniales n’est pas encore disparu du corps social français. » Pierre Joxe, ancien Ministre de l’Intérieur et de la Défense in « Un parcours de conviction, Pierre JOXE ». France 3 (diffusion le 02/12/2014).

   Je terminerai cet article en vous proposant d’aller voir Mary Prince (prolongation jusqu’au 31/12/2014), qui est, cette fois, un spectacle essentiel, pour la compréhension de l’esclavage, du racisme institutionnalisé (article à suivre bientôt).

     Chriss   😉

                        © chridriss – le 14/12/2014.

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Nabillesquement…ou pas ?

         Vous allez, sans doute, trouver étrange – même ma compagne dit que c’est suspect – que je rédige un article sur cette égérie de la Télé-réalité ; vu que c’est le genre d’émissions que je ne regarde jamais (sauf pour savoir à quoi ça ressemble et me donner le droit de critiquer !).

En effet, je vomis cette télé-poubelle qui abrutit les consciences en décervelant (formule volontairement pléonastique)les téléspectatrices (et téléspectateurs, bien sûr !). Ont-elles-ils un cerveau, digne de s’appeler ainsi ? Je m’interroge…

   Alors pourquoi prendre la peine de m’offusquer en public du fait divers (presque d’hiver) concernant Nabilla ?

   Bien que n’étant pas fan de Nabilla (ni de son physique ; vous savez bien que je préfère le naturel), j’ai, cependant, envie de prendre sa défense : je suis pour que justice soit faite (notamment dans le respect de la présomption d’innocence)mais pas n’importe comment, ni à la hâte comme c’est le cas ! Je suis sidéré que la procédure ait été si rapide, si rapidement bouclée. À peine interpellée, elle est déjà en détention ! Alors que de nombreuses affaires traînent des années, Nabilla est déjà condamnée avant même d’avoir été jugée. Pourquoi un tel empressement ? D’ailleurs, jugée surtout par les merdias qui l’ont encensé ! Et même par beaucoup d’aficionados de la Télé-réalité…ceux-là même qui l’ont tant adulé ! (là encore, le cerveau…).

        Quelle est donc cette in-justice ?

   Pourquoi ?

Parce que c’est une femme ? Une femme qui ose s’afficher ? Une femme « d’origine algérienne et italienne » ? N’y aurait-il pas une once de sexisme et de racisme derrière tout ça ?

   Pourquoi un tel acharnement sur les réseaux sociaux, sur le web ?

Parce qu’on veut lui faire payer sa notoriété ?

Parce que l’on veut en faire un exemple comme dans cette pétition odieuse (pour une fois que je parle d’une pétition que je refuse de signer et que je n’enjoins personne à le faire) : ici.

   Certes, Nabilla s’est contredit, change de défense… Mais son compagnon poignardé est crû sur parole alors que sous l’emprise de la cocaïne (pas elle), il a pu se poignarder lui-même (oui, c’est possible !) ; alors qu’il serait lui aussi capable (coupable ?)de violences et qu’elle se serait juste défendu… Il est notoire qu’une femme battue s’accuse de tous les torts afin de ne pas nuire à l’homme qu’elle aime…

Une autre vérité semble émerger : ici.

   J’ai le sentiment que, malgré tout ce qui l’accuse a priori, Nabilla, ne doit pas être considérée comme la « coupable idéale »…

Eux seuls savent ce qui s’est réellement passé… Personne d’autre ! Plus que l’argent, c’est bien la spéculation (dans tous les domaines) qui gangrène la société.

   Cette histoire me permet de rebondir sur celle d’une femme qui vient d’être injustement – à mon humble avis – condamnée à 10 ans de prison ferme. Voici donc les faits et la pétition, qui, cette-fois, je vous encourage à signer : ici.

        N’oublions jamais les violences faites aux femmes !

   Bien sûr, je peux me tromper et être moi-même piégé dans cette histoire Nabillesque. Nonobstant, il me semble qu’il vaut mieux dans toute circonstance s’abstenir de juger hâtivement voire de juger tout simplement autrui. Qui sommes-nous pour juger ?

     À suivre…

      Chriss 😉

                               © chridriss – le 12/11/2014.

Kaar Kaas Sonn: des rêves …et une grève de la faim !

       Afin de sensibiliser et de faire réagir l’opinion public en France, et au Tchad – parce que là-bas, on ne peut que se taire à cause des représailles – l’homme et l’artiste Kaar Kaas Sonn a décidé le 4 juin 2013 de faire une grève de la faim en lien avec, dit-il « les arrestations arbitraires d’hommes politiques et de journalistes tchadiens, pour protester contre le flou de la justice tchadienne (…) ; pour attirer l’attention de l’opinion internationale sur ce qui se passe au Tchad (…) et obtenir la libération de ces personnes détenues sans respects des règles de droit » suite à la tentative de coup d’État de mai dernier. Comment ne pas être inquiet du sort de ces personnes puisque même les réseaux sociaux sont restés silencieux ?

      Jusqu’à ce que cet homme (de) droit, qui ne courbe pas l’échine devant l’injustice, profite au mieux de sa notoriété pour lancer un cri du cœur au détriment de son propre corps – qui accusait déjà le choc au 6e jour de grève. C’est pourquoi, il annonça une parenthèse nécessaire mais le combat continue si rien ne bouge ! Il fût invité, lundi 10 juin 2013, au journal des auditeurs sur Africa n°1.

                  Les mots donnent de la vie aux maux.

                  L’acte donne du sens aux mots.

      Au décès précoce de son père se sont ajoutées les affres de la guerre civile durant l’enfance. Est-ce d’avoir frôlé la mort qui a forgé la conscience politique humaniste et non-violente de l’homme ?

     Dénoncer, revendiquer, dire sa vérité sur le Tchad est un leitmotiv que l’on retrouve aussi dans ses chansons telle « Berceuse pour un tyran ». Même si lui prétend être « désengagé car il n’adhère à aucune doctrine » ; c’est ce que l’on nomme un artiste engagé…avec lui-même !

600885_573507106034695_1817627467_n À Laval , le 4 juin 2013. ©Bernard Girault  

             

           PORTRAIT

      Kaar Kaas Sonn – « l’enfant qui connaît » en langue nangjere, sa langue natale – de son vrai nom Noël Flavien Kobdigué, est né au Tchad en 1973. Auteur, compositeur, interprète et également romancier, l’artiste s’exprime en langue française, langue de sa femme (marié en 2003), de sa ville (Laval), de son autre pays. C’est un artiste majuscule, de part sa taille, bien sûr (1m96) mais surtout par ses mots, étant dit-il « le fils putatif du poète moustachu, aède sétois aujourd’hui disparu » dans un de ses titres « Fils de Brassens ». Tout comme son maître, il s’accompagne à la guitare pour mieux poser ses mots caustiques, incisifs, provocateurs…mais dans différents styles musicaux : Lapiro de M’Banga (chanteur camerounais), Lucky Dube, Bashung ne sont jamais très loin non-plus…

      C’est, d’abord à 11 ans, un dictionnaire qui lui donna l’amour du verbe ; fort de cela, il « alphabétise » les enfants de son quartier. Son goût pour les belles lettres ne faiblit pas et, quelques années plus tard, il découvre le Rap et commence à écrire des textes. Licence de droit obtenu en 1995, il entre à l’École nationale d’administration au Tchad; puis, devient enseignant et consultant. Il travaillera également à la Présidence de la République tchadienne et au Ministère tchadien des Affaires étrangères.

     En 1999, sélectionné pour l’émission « Questions pour un champion », il vient en France pour la 1ère fois et est finaliste. La Suisse l’accueille pendant 2 ans où il suivra des études d’économie.

     Devenu français en 2004, il enseigne le droit, l’économie et le marketing à Laval où il vit – entre albums et concerts – avec sa femme.

Discographie :

– Ballade d’un récalcitrant (1999)
– Chic choc chèque (2001)

TACATACATACATACATA– 2006

– Qui Endort Dine – Believe – 2009

– Crépuscule de l’idéal – 2012

Bibliographie :

« Présomption d’inconscience » (2000) (poèmes)

« Larmes sèches (nouvelle).

– « Au Sahel, les cochons n’ont pas chaud » (éd. Kuljaama, 2007, rééd. La Sève, 2010).

« Avec nos mains de chèvre »(éd. La Sève, 2010)

– « Le Prix des agneaux » (éd. Sao, 2011). Prix Nimrod du roman 2011.

Vous pouvez le suivre ici :

https://www.facebook.com/kks.kaarkaassonn

http://www.myspace.com/kaarkaassonn

http://www.deezer.com/fr/artist/1179132

Son groupe « La Bande d’ Aouzou » :

– Jean-Jacques Robertine : Basse
– Thomas Conoir : Guitare
– Fabien Fouchard : Batterie
– Yoan Chrétien : Percussions
et lui-même :Guitare/Chant

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À Paris, au Trocadéro, Place des Droits de l’Homme, le 08 juin 2013 où de nombreux soutiens lui ont rendu visite.  ©Abdelkerim Yacoub Koundougoumi

Bon courage !

  Chriss 😉 

 

Le 11/06/2013 – © chridriss