Rencontre du 3e site (part.2)

         Bref, je souhaite juste partager ici un morceau de vie, une expérience. À noter que j’étais inscrit sur des sites gratuits (et forums à profusion), qui permettaient surtout de construire un réseau social, de développer un cercle amical voire plus. Le seul payant était un « vrai » site de rencontres bien connu.

    C’est donc à plusieurs reprises que j’ai rencontré l’amour sur le web – du moins, ça y ressemblait très fortement. Mon goût pour l’échange – pas l’échangisme – et l’écriture aidant, j’ai, par le passé, écumé le web, surfant de profil en profil, à « l’affût » de la perle rare. Postant à tout va… Commentant qui, une photo, qui une citation, qui, un article pertinent… J’y ai eu des hypothétiques « coups de cœur » et aussi des découvertes de personnes formidables (femmes et hommes), positives… Vivantes ! J’y ai côtoyé aussi quelques hystériques ; quelques psychotiques et autres bipolaires en mal de vivre ; quelques « cas sociaux » ; quelques « ensorceleuses » aux charmes trop visibles…

     Mais bon, je cherchais des ami(e)s (dans le sens français du terme) et surtout le complément d’objet directe de ma vie !

   Tout d’abord, je n’ai pas compris pourquoi – contrairement à mon approche innocente voire naïve– d’innombrables internautes trichent sur leur âge, leurs goûts, leurs centres d’intérêt, etc.

   Pourquoi se cacher, pourquoi se mettre un masque qui fausse l’éventuelle relation (quel qu’en soit l’issue) ? L’authenticité a toujours été mon maître mot. Web ou pas. En fait, le virtuel semble, pour de nombreuses personnes, être un lieu anonyme (à tort) où l’on peut dire et faire n’importe quoi alors pourquoi se priveraient-elles ? Je n’avais pas compris qu’il était dangereux de mettre autant de cœur à l’ouvrage : je n’avais pas la bonne distance…

   À l’époque, il me fallait sortir de mon quotidien, de ma solitude choisie mais devenue pesante. J’avais d’abord privilégié marcher (passer du temps) avec mon fils (le voir grandir) plutôt que courir après La Femme de mes rêves. Sa mère et moi étions séparés depuis un paquet d’années. Je vivais seul depuis trop longtemps…

    Un site de sorties organisées par ses membres me permit de…sortir ! Du coup, profitant que mon fils était plus présent chez sa mère, je me dispersais de resto en cinéma ; d’expos en balades ; de musées en jardins ; d’apéros géants en…RDV manqués !

   Je rencontrais d’innombrables personnes, hommes et femmes, quasiment tous célibataires, qui cherchaient à se divertir, à se cultiver. Le plus étonnant, c’est qu’il fallait rester dans le créneau des sorties ; le site ne permettait pas un « rapprochement » trop visible entre 2 personnes. Quelle hypocrisie ! Chacun était pourtant là aussi pour provoquer Cupidon. Bref, je fis une overdose de rencontres sans suite – sauf pour se retrouver lors d’autres sorties  ! Peut-être, m’y prenais-je mal ? Je n’ai jamais été un grand dragueur…et j’ai mis du temps à accepter que j’avais « un certain charme » (rires).

   Par conséquent, je bifurquais sur des sites plus adéquats à ma recherche. Je savais pourtant que l’on a peu de chance de trouver quand on cherche et la chance de trouver vient quand on ne s’attend à rien ; soit, mais je redoublais quand même d’efforts !

  J’avais un profil bien détaillé, très explicite, avec photos récentes sans retouche, une présentation écrite soignée, bien orthographiée, au contenu très détaillé, très personnalisé ; ce qui s’avère préjudiciable : vous êtes déjà dans la confidence alors qu’il vaudrait mieux se découvrir progressivement. Vous êtes déjà « à poil » alors que vos interlocuteurs (trices) sont encore pour la plupart encore bien habillé(e)s, bien protégé(e)s, bien sécurisé(e).

                   Ton profil n’est pas ton ami. Pas toujours.

    Grande fût ma surprise de recevoir surtout des demandes de contacts de la part de femmes, principalement des pays de l’Est et d’Afrique, qui visiblement cherchaient autres choses que de la poésie, que de l’Amour non tarifé. Elles cherchaient d’abord à fuir leur pays, leur quotidien…et à trouver le pigeon de l’eldorado. Ou alors, c’était des « arnacoeurs » : un classique du net ! Je n’ai pas donné suite favorable à ses « amoureuses » potentielles ; parfois, quelques échanges. Trop intéressées, trop vénales… Prétextant Dieu en gage d’honnêteté…

    Je ne comprenais pas non-plus pourquoi, alors que, par exemple, j’avais mis un mot gentil et poli, sur la page d’une personne, au demeurant intelligente et charmante, je n’avais aucun retour. C’était sans savoir qu’étant hyper sollicitées, elles n’avaient le temps que de survoler leur page, parsemées de commentaires plus désobligeants les uns que les autres…

  Plus tard, des amies me relataient les propos sexistes et racistes dont elles ont été victimes. J’ai toujours été sidéré de constater comment « les gens » se lâchent sur la toile… Sexisme, racisme...

  C’est alors que j’eus l’idée – d’autres l’ont fait avant moi – de créer un profil de femme et me faire passer pour une femme. En 5 minutes, j’avais réuni : une photo d’une jeune femme blanche, blonde (je ne suis pas un expert), aux atours généreux mais discrètement mis en valeur, avenante sans provocation ; une description openmind mais réfléchie… Libre et indépendante. Belle et intelligente, quoi !

   Pas de vulgarité, pas d’incitations quelconques au sexe…

   Je fus submergé de commentaires ne dépassant pas 3 ou 4 mots ; genre « tes bonne » (avec la faute). Quel déluge ! Une avalanche de messages, de demande de contacts… Au bout de 3 jours, je supprimais le compte de ce profil. Les féministes et autres sympathisants ont encore du travail pour longtemps ! Triste constat.

         Bref…

     Des femmes cherchaient le « Prince charmant »…et je ne charmais personne ! Je remarquais que les bads boys et autres torses sans visage attiraient plus l’attention que moi. Ils n’avaient pourtant, a priori, aucune conversation…et semblaient plutôt là, uniquement dans le but de satisfaire leurs désirs sexuels – leurs besoins bestialement primitifs devrais-je plutôt dire (les mêmes qui me harcelaient sur mon faux profil de femme). Cela était évident et ils avaient du succès !

    Non pas que ces femmes cherchaient de même (certaines, oui, évidemment mais ce n’était pas le site adéquat) ; non, ces femmes-là étaient aveuglées par la plastique, par le fantasme du bellâtre ; sous le charme de l’Avoir, du paraître, plutôt que le réalisme de l’Être. Elles déchantaient.

     N’étant pas le bel éphèbe, il me fallait me contenter de développer l’intellect, l’humour…

    In fine, je parvins au fil du temps, malgré tout, à sympathiser avec la gent féminine ; je me trouvais « entouré » de femmes qui voyaient en moi, l’Ami, le confident, l’« âme-jumelle »…mais pas l’ombre de l’amant, du compagnon, du mari ! J’avais de beaux échanges sociétaux, littéraires, humains, poétiques…mais je restais seul devant mon clavier ! Quand je les rencontrais en live, nous nous connaissions si bien que l’amitié réelle était palpable ; d’ailleurs, à ce jour, certaines sont encore mes amies.

    Quid de l’Amour  ? Pas d’anecdotes croustillantes ! Cela restera du domaine privé car il en va du respect vis-à-vis de ces rencontres virtuelles transformées en histoire d’amour… De bons moments mais aussi des souffrances..

     Bon, pour ne pas vous frustrer (rires), quelques mots (en accord avec ma dulcinée : lu et approuvé) sur le fait que je suis à nouveau en couple…

     Il y a un peu plus d’un an, je réapprenais la vie de célibataire (imposée par une rupture douloureuse suite à relation foudroyante)…quand une personne fit irruption dans ma vie de manière improbable !

    Je ne voulais pas faire une nouvelle rencontre à tout prix et surtout ne pas être dans la situation d’être avec l’une pour oublier l’autre ou pour combler une solitude nouvelle à la fois savoureuse mais angoissante. Il fallait du temps…

    Et je ne voulais plus du web…

    Cependant, sur les conseils d’une amie, je m’inscrivis sur un site inconnu du grand public. Elle me dit qu’il était temps que je m’éclate : libre et disponible ; je ne devais plus me prendre la tête avec l’Amour et plutôt m’amuser… C’était bien une femme libérée et pas un homme qui me disait radicalement : « sexe, it’s on ! » Je te salue au passage mon amie ! Tu as changé ma vie.

     Dans les paramètres de recherche, j’indiquais donc « aventure  classée sans suite » pour aller dans le sens de mon amie et pourquoi pas essayer d’être ce que je ne suis pas… Le sexe pour le sexe, sans les sentiments, ne m’a jamais inspiré. Au bout de 2 jours, j’eus un contact -en ayant auparavant, rectifié mon profil sur « rencontre sérieuse ». Une aventure avec suites…comme je l’espérais au fond de moi.

    Cette personne, tout juste inscrite (comme moi) et aussi sans grande conviction, avait simplement donné suite à un message que je lui avais envoyé (je l’avais mise dans mes favoris). Parmi ses innombrables messages, elle tomba sur le mien – le hasard n’existant point – et se dit pourquoi pas ?

    Il y avait si peu de probabilité de se rencontrer (comme dans toutes les histoires d’amour du web).

    Cela fera 1 an dans quelques jours !

    Bien sûr, comme dans tous les couples ( ?), nous avons goûté le bonheur d’être 1+1=1 mais nous avons aussi essuyé des tempêtes, des orages… Nous avons passé le pire ; maintenant, c’est le meilleur du meilleur ! Avec le temps qui passe si vite, nous savons aussi que l’un sans l’autre, c’est compliqué…cela donne une Histoire qui prospère dans une construction permanente de l’Amour au quotidien (CQFD).

      Conclusion ? Le net, c’est aussi la Vraie Vie mais dans une autre réalité. Parfois, ça fonctionne…

      Je souhaite à toutes celles et ceux qui cherchent l’Amour de le trouver.

     À bientôt !

         Chriss 😉

                                                                                                             Le 24/07/2013 – © chridriss

Rencontre du 3e site (part.1)

            Bonjour ami(e)s internautes,

     Il en aura fallu du temps afin que j’écrivisse ces « Rencontres du 3e site » ! Cela m’a permis de réviser, de compléter cet article : « L’amour seul ne suffit pas à pérenniser une relation »… En effet, il ne suffit pas de s’aimer pour que l’Histoire d’Amour perdure. Il va sans dire que mon expérience hétérosexuelle s’applique évidemment aux autres types de préférences et orientations sexuelles. Je suppose d’après ce que j’en sais que les problèmes, les conflits, les déboires sentimentaux sont similaires. Tout comme les bonheurs. Si je fais erreur, que l’on m’informe !

   L’amour – il est entendu – rend aveugle mais ce n’est pas le mariage qui permet de recouvrer la vue (contrairement à la réplique de Jean Dujardin dans le film « Mariages ! »). Non, c’est tout simplement le quotidien et sa découverte appliquée de l’Autre ; puis, la routine qui permet d’avoir pleine conscience de la qualité du partenaire, face aux aléas de la vie de couple.

   Bienvenue au consensus, aux compromissions, aux arrangements (petits au début)…auxquels s’ajoutent souvent la belle-famille, les faux amis, les conseilleurs bien intentionnés qui, au téléphone, qui, sur Facebook et autres, qui, au travail ou ailleurs, distillent leur poison sous la forme de phrases assassines, sous couvert du « j’dis ça, j’dis rien ! ». « Vivons heureux, vivons cachés » Sartre a-t-il raison ?

    Les premiers temps d’une nouvelle relation, tout est tellement rose (pourquoi dit-on « rose » d’ailleurs ?), tellement idyllique, tellement idéalisé ; l’être cher(e), l’heureux(se) élu(e) est piédestalisé(e). Le pieds, quoi ! Un + Un = Un ! Tout est à l’unisson ; tout est partagé, unifié. Jusqu’au jour, où Un + Un = zéro ! Enfin, surtout l’Autre = zéro ! N’y voyez pas un pessimisme morbide de ma part : en région parisienne, 2 couples sur 3 finissent par divorcer. Et puis, on ne parle pas des trains qui arrivent à l’heure mais de ceux qui arrivent en retard, de ceux qui déraillent. Isn’t it ?!

    Une fois que la période où l’on se regarde dans le blanc des yeux est passée (amour et eau fraîche), il faut penser à regarder ensemble dans la même direction ; le problème, c’est que l’on a peut-être pas penser à se mettre d’accord sur la direction ! Quant au choix de la destination…

     Le temps passe – les enfants aussi – et on se retrouve retraité, dépressif, traînant un boulet sans s’être aperçu que le boulet, ce n’est pas forcément l’Autre ! Le temps béni des cerises chers à nos aïeux n’est plus : le noyau est resté en travers de la gorge et la queue…je vous fais un dessin ?

    Soit c’est pour la vie – le meilleur et le pire – ou bien, on change de train, de direction, de destination. Parfois peu, 2 ou 3 grandes histoires ; parfois beaucoup : il est des femmes et des hommes qui tombent en amour plusieurs fois par jour ! Un job à temps plein !

    La plupart d’entre nous avons été – ou serons – amoureux plusieurs fois dans notre vie mais entre 2 histoires, qu’avons-nous fait ? On profite de la liberté des virées entre potes, des sorties en boites entre copines (ou le contraire)… Le lit est immense : il y a même de la place pour un plateau télé ! Oui mais…

    Durant les périodes de « célibat » donc, a priori, de grandes solitudes douloureuses pour beaucoup de gens – ce qui a été mais n’est plus pour moi synonyme de tristesse ou d’ennui – comme vous, j’ai usé du Net afin de voir si le hasard – bien qu’il n’existât point – pouvait me conduire vers cette satanée ( !?) âme-sœur. Enfin, tout au moins, je voulais trouver une alternative à mon home sweet home quotidien, égocentré devant mon clavier en m’ouvrant à la rencontre – voir plus si affinités – d’autrui. D’abord rencontre virtuelle puis réelle si possible ! Pas si simple !

     Bien sûr, il y a d’autres lieux pour « faire du relationnel » : la rue, le travail, les amis des amis ou de la famille, la salle de sport…mais c’est devenu très compliqué de communiquer en toute simplicité. La preuve, il faut aller à l’Université pour apprendre la Communication ! Certes, à connotation commerciale la plupart du temps mais bon, quand même…apprendre à apprendre à communiquer, c’est un comble ! Il fut une époque ou l’on n’apprenait pas à se parler, on se parlait, tout simplement ! Cette époque du non-dit, du secret si préjudiciable par ailleurs.

   Ma liberté de parole me permet de dire aussi – pardonnez mon grossier mauvais jeu de mots – qu’à notre époque, il faille aussi apprendre autant voire plus à « comment niquer » plutôt qu’à communiquer ! Oui, tout s’apprend et surtout grâce à internet. Je précise que ma démarche n’a jamais été dans le but de « faire du sexe ». Chacun son truc ; ce n’est pas le mien. Loin de moi l’idée de battre des records et d’établir des performances : je privilégie toujours, dans tous les domaines de la vie, la qualité à la quantité. Cependant, paradoxalement, j’admets que la recherche de l’Amour frisait une sorte de boulimie frénétique voire une addiction à la découverte de l’Autre. Cela confère à un aspect quasi pervers. Je n’en disconviens pas ! À ma décharge – sans jeu de mot – j’étais célibataire depuis plusieurs années et je me consacrais entièrement à l’éducation de mon fils jusqu’au jour, où, ne sortant que trop peu de chez moi en dehors d’aller au travail, je me suis dit qu’il était temps de « refaire ma vie » (que je n’aime pas cette expression !).

              À suivre…

               Chriss 😉

                                                                                                                        Le 03/07/2013 – © chridriss